Il y a quelques temps, j'ai été invitée à donner une conférence à l’école de mes enfants sur mon voyage en Afghanistan en décembre 2003.
Comme j'attendais d’être présentée, je me suis cachée dans la salle de stockage d’un auditorium sous une burqa achetée dans ce pays ravagé par la guerre, en présumant que je serais sortie dans une ou deux minutes. L'introduction a cependant été beaucoup plus longue que je ne l'avais prévu, et au moment où je suis sortie pour saluer tous ces visages lumineux, je souffrais presque d’hyperventilation tant la burqa était oppressante. Je n'ai pas calculé la durée de mon confinement auto-imposé sous la burqa, mais j'ai dû porter cette tente suffocante avec un grillage devant les yeux pendant moins de 10 minutes. J'ai dit aux enfants que j'avais l'impression d'avoir été enterrée vivante.
J'ai leur ai également dit que lors de mon séjour en Afghanistan, j'avais demandé à chacune des nombreuses femmes que j'ai rencontrées si elle aimait porter la burqa. Aucune n’a répondu oui. En fait, elles ont toutes répondu qu'elles détestaient la burqa autant que les talibans.
Ce n'est pas étonnant. Le prix payé par ces femmes est élevé. Plusieurs d’entre elles avaient perdu la plupart de leurs dents et de leurs cheveux par manque de vitamine D, qui provient du soleil. Sous le régime des talibans - de septembre 1996 à novembre 2001 - aucune partie de leur peau, sauf les mains, ne pouvait être exposée à la lumière du soleil. Réfléchissez à l’horreur de cette situation. Les talibans exigeaient que les maisons où habitent des femmes noircissent leurs fenêtres de peur qu’un homme ne pollue sa délicate sensibilité en regardant le visage découvert d'une femme derrière la vitre.
Lundi, le président français Nicolas Sarkozy a déclaré au cours du premier discours présidentiel devant une session conjointe des deux chambres législatives du Parlement en 136 ans, que le burqa n'était pas « la bienvenue » en France.
« Nous ne pouvons pas accepter dans notre pays des femmes prisonnières derrière un grillage, coupées de toute vie sociale, privées de toute identité », a dit Sarkozy.
Il a raison. Les femmes en burqa ne ressemblent pas à des êtres humains. Peu de temps après mon arrivée en Afghanistan, je voyais les femmes en burqa bleue comme des apparitions fantomatiques dépourvues d'un visage, d'individualité et d'humanité.
Au début, quand mes interprètes tapaient sur mon épaule et proposaient de « prendre une photo de cette burqa là-bas », je les corrigeais doucement en disant « vous voulez dire, cette FEMME en burqa ? » Après quelques jours, toutefois, j’en parlais moi aussi comme de simples burqas.
En France - où il est déjà interdit de porter tout symbole religieux dans les écoles, y compris un foulard - une commission parlementaire se penche sur une éventuelle interdiction du port de vêtements recouvrant le visage pour des raisons prétendument religieuses. Comme l'a dit Sarkozy, la burqa « ce n'est pas un signe religieux, c'est un signe d'asservissement.» Le Muslim Canadian Congress est d'accord et a exhorté le gouvernement du Canada à interdire la burqa.
Aucune musulmane ne fait véritablement le choix de porter la burqa, a dit Sohail Raza, président du MCC dans un communiqué. « L'argument que les musulmanes portent la burqa par choix ne tient pas, vu la nature généralement oppressive de la communauté musulmane orthodoxe ».
Rejoint à son domicile de Calgary, Mahfooz Kanwar, professeur émérite de sociologie et de criminologie au Mount Royal College, a dit que de nombreux Canadiens bien intentionnés croient que le fait de respecter le « choix » des musulmanes de porter la burqa est une preuve de « tolérance ».
« Il n’y a pas de choix ici, et le permettre mènera à l’intolérance », a déclaré Kanwar.
« Certaines personnes disent que l'interdiction de la burqa est une pente glissante qui pourrait mener à l’interdiction de porter une écharpe devant la bouche à l’extérieur durant l’hiver», a déclaré Kanwar. Mais la véritable pente glissante est celle que l’on peut voir dans certains ghettos islamistes à Paris ou au Danemark. Les femmes non musulmanes qui ne couvrent pas leurs cheveux sont tellement harcelées qu’elles ont été obligées de commencer à le faire pour se prémunir contre les attaques verbales et physiques par des hommes musulmans semi-analphabètes. Ça, c'est la véritable pente glissante.
Kanwar, un musulman qui a écrit huit livres, dont un ouvrage sur la sociologie de l'islam, fait écho aux commentaires de Sarkozy. «La burqa n'est pas prescrite par l'islam ou le Coran et n'est donc pas un signe religieux protégé en vertu de la Charte des droits. Au Canada, l'égalité entre les sexes est l'une de nos valeurs fondamentales. En outre, les visages sont d'importants outils d'identification et ils ne devraient pas être couverts. Point final. » a ajouté Kanwar, également directeur du MCC.
Beaucoup de politiques français sont favorables à l’interdiction de la burqa, y compris des musulmans connus comme Fadela Amara, secrétaire d’État à la ville. Amara a qualifié la burqa de « cercueil qui tue les libertés fondamentales » et de signe de l’«instrumentalisation politique de l’islam. »
C’est curieux. Plusieurs femmes que j’ai rencontrées en Afghanistan ont utilisé le mot « cercueil » pour décrire leur burqa. Prenons les paroles de Massooda, une veuve de 36 ans qui en paraissait plutôt 60 à cause de sa vie rude. « Je ne porterai plus jamais la burqa », a-t-elle dit d'un ton rebelle. «Ils devront me mettre dans un cercueil avant que je me promène à nouveau avec ça. »
C'est son choix. Aucune personne libre et saine d’esprit ne ferait le « choix » de porter la burqa.

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