Deux ministres proposent une loi dont ils espèrent qu'elle viendra à bout de la culture de l'honneur qui porte atteinte aux droits fondamentaux des filles.
The Local: Des ministres plaident pour le droit des filles à l'éducation sexuelle
Les ministres du Parti libéral Jan Björklund et Nyamko Sabuni ont proposé une nouvelle loi sur les écoles qui supprime le droit de demander l'exemption des cours d'éducation sexuelle et de natation.
« Tous les élèves, y compris les filles immigrées, ont droit à des cours
de natation et de prendre part aux cours d'éducation physique et sexuelle »,
affirment Björklund et Sabuni dans un
article d'opinion paru dans le Dagens Nyheter dimanche.
Le chef du Parti libéral et ministre de l'éducation, Jan
Björklund, et le ministre de l'intégration Nyamko Sabuni, écrivent que le droit
d’être exempté de ces cours sera supprimé dans une nouvelle proposition
législative qui sera diffusée pour examen au cours de l'été.
Les ministres soulignent que l'immigration est bénéfique à la Suède, tout en
faisant remarquer qu’en Suède, tous les enfants ont droit aux apprentissages
offerts par les écoles, « indépendamment que cela plaise ou déplaise aux
parents. »
Björklund et Sabuni font valoir que de trop nombreux élèves en Suède, surtout des
filles, voient leur scolarité « restreinte » par des familles ayant
une forte «culture de l'honneur. »
Ils font remarquer que dans beaucoup de ces familles, la liberté des femmes est
souvent perçue comme une menace pour la famille.
« La volonté des jeunes filles est souvent subordonnée à ce qui est
considéré comme le meilleur intérêt de la famille; l’«honneur » des
hommes, ou du clan, fondé sur le comportement sexuel de la jeune fille. »
Cette situation peut avoir pour conséquence que les filles se
voient refuser le droit de participer aux cours d’éducation physique et
sexuelle, et les ministres espèrent que la nouvelle loi y mettra un terme.
Björklund et Sabuni fondent leur argumentaire sur une enquête récente auprès
des élèves de Stockholm.
L’enquête, réalisée par des chercheurs de l'Université de Stockholm, indique
que 10% des élèves dans les écoles de la ville évitent régulièrement de
participer à ces classes ainsi qu’aux sorties scolaires.
L'enquête montre que plusieurs filles de ce groupe ont répondu
qu'elles ne pouvaient pas participer à ces activités car cela irait à l’encontre
de la religion ou de la culture de leur
famille.
Les ministres se référent à une autre étude menée par Anders Lange et le Forum
de l'histoire vivante qui indique que près de 25% des enseignants ont reçu des
demandes d’exemption des cours d’éducation physique ou de natation, et 14% pour
les cours d'éducation sexuelle.
Björklund et Sabuni font valoir que les chiffres indiquent
que le problème de «l’oppression de la culture de l’honneur » pourrait
être plus importante que ce qui ressortait auparavant.
« Poussée à son extrême, l'oppression de la culture de l’honneur menace
directement la vie de l'enfant. Même si elle n’atteint pas des proportions
aussi drastiques, cette culture porte presque toujours atteinte aux droits
fondamentaux de l’enfant. »
Le droit à l’exemption de certaines disciplines scolaires remonte à 1950 alors que
le programme scolaire suédois enseignait encore le christianisme. Les enfants catholiques
et juifs pouvaient être exemptés
du cours et assister à des cours équivalents organisés par leurs propres
groupes religieux.
Le droit de demander des exemptions sur la base de circonstances particulières
à la maison a été inscrit dans des lois scolaires adoptées en 1962 puis à
nouveau en 1985.
La nouvelle loi limitera cette possibilité aux seuls cas très exceptionnels,
mais permettra que des classes soient organisées de manière à éviter les « situations
délicates », permettant ainsi aux
garçons et aux filles d’être éduqués séparément.
Source: Ministers argue girls' right to sex ed, The Local, 31 mai 2009
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