Tarek Fatah est journaliste et auteur. Il est l'un des rares musulmans véritablement modérés que compte le Canada, ce qui lui vaut d'être dénigré et menacé de mort par ses coreligionnaires. Il dénonce ici avec éloquence l'indignation sélective des islamistes du Canada et des États-Unis - un phénomène qui n'a rien de nouveau, mais qui, dans le contexte de la crise en Iran, est particulièrement révélateur de l'endroit où se situe leur loyauté.
________________________
Tarek Fatah : North American Islamic groups remain disturbingly silent on crisis in Iran, National Post, 19 juin 2009. Adaptation française par Poste de veille.
Maintenant que le guide suprême de l'Iran, l'ayatollah Ali
Khamenei, a demandé aux simples Iraniens de mettre fin aux manifestations,
les dangers auxquels ils s’exposent face à l'appareil de sécurité de l’État et aux
milices islamistes Bassidjis ne peuvent être sous-estimés. Mais pendant que dans sa quête de démocratie et de liberté, le
courageux peuple iranien défie l’oppression de l’État, les organisations islamiques en Amérique du Nord se distinguent par leur silence.
CAIR (Council on
American-Islamic Relations), ISNA (Islamic Society of North America), MSA
(Muslim Society of America) et MPAC (Muslim Public Affairs Council) n'ont pas prononcé un seul mot en soutien au peuple iranien.
La seule exception a été le Muslim Canadian Congress (MCC), qui a publié une déclaration
dénonçant la fraude électorale et appelant à la démission du soi-disant guide
suprême, l'ayatollah Khamenei.
Pourquoi CAIR garde-t-il le silence sur les manifestations iraniennes pacifiques ?
Ce silence révélerait-il son penchant pour le régime iranien et son leadership dictatorial,
misogyne et homophobe présidé par Ahmadinejad ?
Après tout, selon le magazine Family Security
Matters (FSM), Nihad Awad, co-fondateur et directeur exécutif de CAIR, a
participé, pas plus tard qu'au mois de septembre, à un événement interreligieux auquel assistait le président iranien
Mahmoud Ahmadinejad.
Nos interrogations sur ce silence sont légitimes, car il n'y a pratiquement
aucun développement dans le monde musulman qui ne suscite une réaction d'organismes
comme CAIR, ISNA ou MAS.
À titre d’exemple, FSM rapporte que lorsque le gouvernement tunisien a
décidé de bannir le foulard islamique en 2006, CAIR s’est mobilisé pour
condamner cette politique. Dans un communiqué, CAIR « exhortait toutes les personnes de
conscience à communiquer avec le gouvernement tunisien » pour protester
contre cette mesure.
Les
enjeux sont sensiblement plus importants dans les rues de Téhéran cette semaine qu'ils ne
l'étaient en Tunisie il y a trois ans. Pourtant, CAIR n’a rien à dire, malgré qu’au
moins huit personnes aient déjà été tuées. Sans parler du fait que CAIR n'a
jamais condamné une seule fois les gouvernements de l'Arabie saoudite ou de l'Iran
qui harcèlent et arrêtent les femmes qui découvrent leur chevelure en public.
Jetez
un coup d’œil à la page d'accueil des sites d’ISNA, du CAIR et du MSA et essayez
de trouver une déclaration exprimant leur préoccupation pour le bien-être du peuple iranien,
sans parler de leur solidarité avec lui. Il n'y en a aucune.
Mahdi
Bray de la Muslim American Society (MAS) est un autre leader islamique aux
Etats-Unis qui a beaucoup à dire sur tout ce qui est islamiste, mais qui n'a
pas été capable de prononcer un seul mot de préoccupation pour
l'Iran. Bray n'a eu aucune difficulté à s'asseoir avec Ahmadinejad en septembre
2007 et à condamner les États-Unis pour « les injustices infligées aux
musulmans ici même en Amérique. »
Dans cette vidéo, Bray dit au président iranien : « Nous partageons
votre vision» et «l'injustice, où qu’elle ses trouve, est une menace pour la justice
partout dans le monde. Par conséquent, nous partageons votre vision de la
justice pour tous les peuples du monde. »
Qu'en
est-il de l'injustice en Iran ? Est-ce que Mahdi Bray suggère que le sort des
musulmans en Amérique est pire que celui des musulmans d'Iran ?
Ou bien ce silence est-il une indication que ces groupes voient les musulmans iraniens
comme des musulmans inférieurs dont les luttes ne méritent pas d’être soutenues
? Il semble qu’ISNA et CAIR ne se soucient aucunement des dizaines de milliers
de Darfouriens qui meurent et des millions d’Iraniens qui manifestent. Il
semble qu’à leurs yeux, les seuls musulmans véritablement dignes de leur appui sont
les islamistes fidèles à l'idéologie des Frères musulmans qui suivent les traces de djihadistes tels que Syed Qutb et Syed Maudoodi.
ISNA et CAIR devraient revendiquer pour les musulmans d’Iran les mêmes droits
que ceux dont ils jouissent aux États-Unis et au Canada. Ils devraient publier
une déclaration demandant la dissolution de l’institution dictatoriale du
soi-disant guide suprême. Comme musulmans canadiens et américains, ces
organisations devraient plaider haut et fort pour la démocratie, la
liberté individuelle, la séparation de la religion et de l'État, et pour la fin
de la théocratie en Iran.
Leur silence face aux assassinats en Iran est profondément troublant et nous amène à nous interroger sur leur véritable agenda. Après tout, le département américain de la Justice a déjà inscrit CAIR et ISNA sur la liste des « conspirateurs non inculpés » dans le procès pour terrorisme au Texas qui a abouti à une condamnation de tous les accusés sous tous les chefs d’accusation.

Peu de gens s'intéressent aux musulmans ordinaires qui ont quitté l’islam. KS nous offre un regard de l’intérieur sur son expérience
Hege Storhaug, chef du Service des droits humains, parle des étudiants de l’Université d’Oslo qui approuvent l’amputation, la décapitation et les crimes d’honneur
Malgré la propagande massive des organisations islamiques, de plus en plus de gens commencent à reconnaître l’islam pour ce qu’il est en réalité : une escroquerie - Amil Imani
Une analyse lucide de la terrible efficacité de l’Islam comme système clos, comme système s’auto-perpétuant
El-Behiri a vécu le 11 Septembre au milieu des Américains. Il décrit leur réaction exemplaire suite aux attentats. Dix ans après, il parle des leçons que le monde a tirées au sujet des arabes et des musulmans
Des intellectuels journalistes et militants musulmans du Canada disent que le multiculturalisme mène au suicide civilisationnel et doit être abandonné.
Dans le sillage du 11/9, Khodeir Taher, un pieux musulman aux vues libérales, se désole de voir ses coreligionnaires bénir les atrocités commises au nom de l'islam.
Abdallah Sharkh: Vous avez hérité de la terre arabe et de ses peuples et vous en avez fait un désert inculte, sans arts ni sculpture, sans musique ni chant, sans théâtre ni poésie ou divertissement, sans industrie ni agriculture.
Necla Kelek, sociologue allemande d'origine turque, invite les musulmans à reconnaître les problèmes de leur culture d'origine et à les résoudre en mettant à profit la liberté dont ils jouissent en Occident.

Les commentaires récents