PARIS (AFP), 8 juillet 2009 : La mission parlementaire d'information sur le port de la burqa ou du niqab s'est mise au travail mercredi en entendant deux spécialistes de l'islam qui ont invité à réfléchir à l'origine d'un phénomène récent plutôt marginal dans l'islam avant d'envisager une éventuelle sanction.
L'anthropolgue Dounia Bouzar a invité les parlementaires à réfléchir sur les raisons qui amènent des jeunes musulmans a "entendre" le discours radical proposé par les salafistes qui affirment incarner l'islam des origines. Convaincus de faire partie d'une élite, ils se coupent du monde extérieur jugé impur auquel ils ne veulent pas s'intégrer. Mme Bouzar parle d'un discours "sectaire" qui incite à "l'auto-exclusion", matérialisée par le voile intégral.
Quant au philosophe Abdennour Bidar, il a expliqué que le port du voile intégral répondait à un "souci d'orthodoxie" au sein d'un environnement jugé "impur". Il parle de "logique d'autodéfense radicale et protestataire". Face à cette situation, et même au nom du respect de la liberté individuelle, il "faut tenir compte du fait que la liberté de chacun s'exerce dans un espace partagé, (...) tenir compte de ce qui est recevable dans les conditions du vivre ensemble". Or le port du voile est "perçu comme une violence symbolique par la majorité des gens" parce que cela exprime un "refus radical du dialogue", ajoute-t-il.
"Au nom de la liberté de conscience, on ne peut pas nous demander d'accepter n'importe quel particularisme" a-t-il résumé, tout en disant ne pas savoir s'il fallait légiférer sur le voile intégral, "si c'est le bon moyen pour éviter (sa) prolifération".



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