James Bisset est un ancien ambassadeur du Canada et il a dirigé le Service canadien de l'immigration de 1985 à 1990. Il signe une chronique dans le National Post où il décrit les failles du système d'octroi de l'asile ainsi que l'influence du puissant lobby de l'industrie des réfugiés appuyé par des ONG gavées de subventions gouvernementales. Il dénonce les fallacieuses accusations de racisme à l'encontre de toute tentative de réforme d'un système qui joue pourtant contre les intérêts nationaux du Canada. On est contents d'apprendre au passage que le Canada semble disposer de ressources infinies : chaque demandeur d'asile nous coûte 30 mille dollars par année !
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Pourquoi notre système de réfugiés demeure dysfonctionnel, par James Bisset
National Post, 26 août 2009 : La récente controverse autour de la décision du Canada d'exiger un visa des voyageurs en provenance de la République tchèque et du Mexique a révélé des lacunes dans notre système dysfonctionnel d'octroi de l'asile. Elle a également révélé une tendance plus profonde et inquiétante dans le fonctionnement du système démocratique de notre pays : depuis les 25 dernières années, la politique du Canada en matière de statut de réfugié a été poussée et monopolisée par des groupes d’intérêt.
Tous nos partis politiques savent que la politique actuelle joue contre l'intérêt national du Canada. Tous les partis savent que le système d'octroi de l'asile est dysfonctionnel. Tous savent qu’une réforme est essentielle. Mais aucun parti n’a démontré une volonté de s’attaquer au problème.
C’est à cause des failles dans notre politique sur les réfugiés que notre frontière sud est devenue de facto militarisée. Notre politique défaillante nuit aux relations bilatérales avec des pays amis, à notre commerce international et à notre industrie touristique. Elle remet en question notre capacité à protéger nos frontières et à fonctionner comme une nation souveraine.
En tant que nation, nous ne sommes plus en mesure de décider qui doit être admis dans notre pays ni de renvoyer ceux que l'on juge indésirables - y compris des individus condamnés pour terrorisme.
Nous sommes l'un des rares pays au monde à permettre à n'importe qui d’entrer, quel que soit le pays d’origine, sur la simple affirmation qu’ils sont persécutés. Par exemple, en 2002, les citoyens de 152 pays différents ont demandé l'asile au Canada - y compris des personnes en provenance des États-Unis, de la Suède, de la Suisse et d’autres pays démocratiques. Pourquoi continue-t-on de tolérer ce non-sens ?
C'est parce que tous nos partis politiques savent que les Canadiens connaissent très peu la politique sur les réfugiés. Cette politique est compliquée et ne constitue généralement pas un enjeu électoral majeur. Cela laisse donc le champ libre à un puissant lobby de défenseurs de l’industrie des réfugiés - comme le Conseil canadien pour les réfugiés, les avocats et les consultants en matière d'immigration - qui font des milliers de dollars à représenter les demandeurs d'asile. Ils sont soutenus par une multitude d'ONG qui reçoivent des millions de dollars du gouvernement pour assister les demandeurs d'asile. Ils ont tout intérêt à faire en sorte que le système reste lourd et dysfonctionnel.
Le Canadien moyen ne connaît pas la différence entre un faux demandeur d'asile et un authentique réfugié. Même les médias se réfèrent à tort aux gens qui présentent une demande d'asile au Canada comme à des « réfugiés » - même si la plupart d’entre eux ne souffrent d'aucune forme de persécution dans leur pays d'origine.
La détermination de l’authenticité de la qualité de réfugié relève d‘une Commission impartiale sur le statut de réfugié. Toutefois, pendant le processus d'adjudication (qui peut prendre des années), ceux qui arrivent reçoivent de généreuses prestations d’aide sociale, un logement, des soins médicaux gratuits et une représentation juridique gratuite.
Le nombre de ceux qui arrivent est important – bien au-delà de 700.000 depuis 1985 - et aucun de ces soi-disant réfugiés n’a été évalué pour des antécédents de criminalité, de sécurité ou de santé. Beaucoup d’entre eux sont transportés à bord d’avions par des trafiquants et arrivent sans papiers légitimes. Peu sont détenus. La plupart sont relâchés et poliment avisés de se présenter à leur audience devant la Commission. Il y a présentement plus de 60.000 demandeurs d'asile en attente d'une telle audience.
Les coûts sont élevés. Le ministère de l'Immigration estime qu'un demandeur d'asile coûte environ 30.000 $ par année aux contribuables canadiens, et la vaste majorité d’entre eux restent au Canada pendant des années.
Si leur demande est refusée, il est peu probable qu'ils seront renvoyés chez eux. Ils peuvent demander l'autorisation d'interjeter appel devant la Cour fédérale, et en cas de refus, ils peuvent se prévaloir d’un certain nombre de procédures supplémentaires et de délais. Le résultat est que la plupart des demandeurs d'asile déboutés finissent par s'établir au Canada.
Cette comédie dure depuis près d'un quart de siècle. Et pourtant, toute tentative de réforme du système, tel que le projet actuel du gouvernement conservateur, se bute à un concert de protestations de la part des suspects habituels énumérés ci-dessus. En règle générale, l'industrie des réfugiés est soutenue par les partis d'opposition, dont les porte-paroles opportunistes accusent cyniquement les promoteurs d’une réforme de racisme.
L'indignation provoquée par l'imposition d’un visa aux voyageurs provenant du Mexique et de la République tchèque a été excessive, mais elle eu le mérite de mettre la question de la réforme du statut de réfugié à l’avant-plan de la politique canadienne. Le Premier ministre a été forcé de reconnaître que le système a besoin d’être réparé.
La première étape d’une réforme devrait consister à annoncer une liste des pays qui sont considérés comme «sûrs» pour les présumés réfugiés et à déclarer que les personnes venant de ces pays ne sont pas admissibles à soumettre des demandes d'asile. Une telle mesure a été adoptée par la plupart des pays européens et a mis fin au flot du trafic d’êtres humains et audit phénomène du « asylum shopping ». Il est temps que le Canada fasse de même.
Source : James Bissett: Why our refugee system stays broken, National Post, 26 août 2009

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