Follow the money trail, comme disent les anglophones, et vous trouverez la filière menant aux pétrodollars saoudiens. L'Université Yale aurait bassement bradé le principe de la liberté d'expression pour se garder les faveurs d'un éventuel donateur - un richissime prince saoudien. Et c'est ainsi que les collabos minent les démocraties de l'intérieur...
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Yale s'incline-t-elle bassement devant les dollars saoudiens ?
IPT News, 27 août 2009 : L’un des aspects les plus troublants du scandale des caricatures danoises aux Presses de l'Université Yale est le rôle qu'a joué l'administration de l’Université.
Martin Kramer a écrit un article sur la manière forte qu'ont employé John Donatich, directeur des Presses de l'Université Yale, et d’autres personnes, pour s'assurer que ces caricatures ne paraîtraient pas dans un livre sur la controverse autour de ces caricatures : The Cartoons That Shook The World, écrit en 2006 par Jytte Klausen, professeure de science politique d'origine danoise à l'Université Brandeis.
Lorsque Klausen a été convoquée par Donatich pour être informée que les caricatures ne seraient pas publiées, elle n’était pas seule. Marcia Inhorn, directrice du Middle East Center de Yale, et Linda Lorimer, vice-présidente de Yale et secrétaire générale de la Yale Corporation, assistaient aussi à la rencontre.
Kramer cite Klausen comme indiquant que l'Université a effectivement forcé la main de l’éditeur en recueillant l'avis d’«experts» qui ont prévenu qu’une vague de violence pourrait éclater si les dessins étaient republiés. « Une fois que l'Université avait pris la décision de rassembler ces rapports alarmistes sur les conséquences [d'inclure les images], l’éditeur ne pouvait plus faire grand-chose », a dit Klausen.
Selon Kramer, ce n'est que le dernier exemple des efforts saoudiens en vue d’influer sur les recherches académiques dans les universités américaines au moyen de pétrodollars.
Yale a courtisé le prince saoudien Al-Walid ben Talal, l'une des personnes les plus riches du monde, qui ne fait pas mystère de son intention de créer des centres d'études arabes et islamiques dans des universités américaines réputées. En décembre 2005, Harvard a annoncé que Al-Walid avait fait un don de 20 millions de dollars pour établir un Programme d'études islamiques, et l'Université Georgetown a annoncé qu'il avait versé 20 millions de dollars au Prince Al-Walid ben Talal Center for Muslim-Christian Understanding dirigé par John Esposito.
Qu’est-il arrivé quand un membre de l'administration de Yale a appris que les Presses de l'Université Yale étaient sur le point de publier un livre comme The Cartoons That Shook the World ? «Il n’aurait pas été facile d’expliquer à des gens comme le Prince Al-Walid que l’Université Yale et les Presses de l'Université Yale sont deux entités différentes », écrit Kramer. «L'Université ne peut interférer dans les décisions de l'éditeur, alors que pouvait-elle faire ? Mobiliser des «experts» qui seront assez futés pour savoir exactement quoi dire. Yale sera accusée de capituler face à une menace imaginaire par des extrémistes. Soit ! L'auto-censure pour épargner les effusions de sang au Nigeria ou en Indonésie paraît beaucoup plus noble que l'auto-censure en vue de garder un prince saoudien dans la ligne de mire pour 20 millions de dollars», écrit Kramer.
Diana West a également suivi la chasse aux millions saoudiens par Yale. Elle cite le blog Global Muslim Brotherhood Daily Report qui a divulgué que le père de Abu Sulayman est AbdulHamid Abu Sulayman, le «cerveau des Frères musulmans ».
Tous ne sont pas aussi désespérés de profiter des largesses d'Al-Walid. En 2001, le maire de New York Rudy Giuliani a retourné son don de 10 millions de dollars pour reconstruire les tours jumelles après que le prince eut suggéré que le soutien américain à Israël avait mené aux attentats du 11 septembre. Al-Walid a attribué le geste de Giuliani à des «pressions juives ».
Après les vaines tentatives de Yale d'obtenir des fonds du prince il y a quatre ans (Yale a perdu au profit de Georgetown et de Harvard), un éditorial dans le Yale Daily News a fait valoir que l’Université serait mieux sans l’argent d’Al-Walid. L'éditorial note que le prince s’était engagé à verser 27 millions à un téléthon du gouvernement saoudien qui recueillait des fonds pour les familles des commandos suicide palestiniens. Cliquer ici pour en savoir plus sur les antécédents d’Al-Walid.
Source : Pandering for Saudi dollars at Yale ?, IPT News, 27 août 2009

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