Extraits d'une interview accordée par Mme Benhabib, auteure du livre Ma vie à contre-Coran :
Vous dites que « la laïcité est, elle, la seule voie de cohabitation possible » en Algérie, en France comme au Québec. Pourquoi ?
Djemila Benhabib. L’histoire regorge d’exemples de religions qui débordent de la sphère privée pour envahir la sphère publique et devenir la loi. Dans ce contexte, les femmes sont les premières perdantes. Pas seulement. La vie, dans ses multiples dimensions, se sclérose lorsque la loi de Dieu se mêle à la loi des hommes pour organiser les moindres faits et gestes de chacun. Il n’y a plus de place pour les avancées scientifiques, la littérature, le théâtre, la musique, la danse, la peinture, le cinéma, la vie tout simplement. Seuls la régression et les interdits se multiplient. C’est ce qu’il faut éviter à tout prix si notre prétention est de vouloir continuer de faire avancer l’humanité.
Source : Quand la religion dicte la loi, la vie publique se sclérose, Le Matin DZ, 13 octobre 2009
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