Robert Spencer est un universitaire américain spécialiste de l’histoire, de la théologie et du droit islamiques, et directeur de Jihad Watch. Il a écrit huit livres, onze monographies et des centaines d’articles sur le djihad et le terrorisme islamique, et notamment des best-sellers du New York Times comme The Politically Incorrect Guide to Islam (and the Crusades) (Guide politiquement incorrect de l’islam [et des croisades]) et The Truth About Muhammad (La vérité sur Mahomet). Son dernier livre, The Complete Infidel’s Guide to the Koran (Guide complet du Coran à l’usage des infidèles), est paru chez Regnery Publishing.
Le procès intenté au Canada contre l'américain Paul Williams dont parle Spencer dans son article est discuté dans ce billet. Lire aussi ce billet sur la résolution du Conseil des droits de l'homme parrainée par les États-Unis et qui s'inscrit dans la foulée des efforts des pays musulmans en vue de criminaliser le blasphème.
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La liberté d’expression sous attaque étrangère, par Robert Spencer
Oui ou non, la constitution des États-Unis protège-t-elle la liberté de parole des citoyens américains ? En ces temps de mondialisation, la réponse est de plus en plus confuse. Jeudi, un citoyen américain, Paul Williams, a subi un procès au Canada. Il est accusé de violation des lois canadiennes sur la diffamation pour les accusations qu’il a portées, dans son livre The Dunces of Doomsday (Les cancres de l’apocalypse) contre une cellule terroriste djihadiste à l’université McMaster, en Ontario. De manière analogue, Joseph Sharkey, un auteur américain spécialiste du monde des affaires, subit un procès au Brésil pour ce qu’il a écrit sur les aiguilleurs du ciel brésiliens après avoir survécu à un crash aérien au Brésil.
Le gouvernement des États-Unis ne devrait-il pas protéger ses citoyens de pareils mauvais traitements de la part de puissances étrangères ?
En 2009, le sénateur démocrate Arlen Specter a déposé une proposition de loi sur la protection de la liberté d’expression, qui protègerait les auteurs américains de jugements anti-diffamation prononcés par des tribunaux n’accordant pas à la liberté d’expression la même valeur que les Américains. Mais cette proposition de loi va devoir lutter contre le courant : il paraît peu probable que Barack Obama l’appuie alors qu’il vient d’obtenir, la semaine dernière, que les États-Unis proposent aux Nations unies une résolution contre la liberté d’expression. Approuvée par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, cette résolution, présentée conjointement par les États-Unis et l’Egypte, appelle les états à condamner et criminaliser « tout plaidoyer en faveur de la haine nationale, raciale ou religieuse qui constituerait une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence ».
Il nous reste quand même le premier amendement, non ? Pour l’expert juridique Eugene Volokh, ce n’est pas aussi simple : « Si les États-Unis appuient une résolution qui appelle à la censure de certains discours, cela veut sans doute dire qu’à nos yeux tous les pays - y compris les États-Unis - devraient y adhérer. Si cette adhésion est rendue impossible par notre constitution, alors nous sommes implicitement en train de critiquer cette constitution, et de nous engager à faire notre possible pour la modifier ».
Notre survie en tant que peuple libre pourrait bien être à ce prix.
Source : Free Speech Under Foreign Assault, par Robert Spencer, FrontPage, 9 octobre 2009
Traduction Poste de veille

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Ce que Robert Spencer ne semble pas réaliser, c'est que la souveraineté des États-Unis s'arrête aux limites de leurs frontières...
Si les auteurs américains ne veulent pas être poursuivis dans d'autres pays, ils n'ont qu'à ne pas publier leurs ouvrages à l'extérieur de leur pays...
Rédigé par : Pierre C. | 21/10/2009 à 04:41
Ce que vous ne semblez pas réaliser, c'est que des auteurs américains s'exposent à des poursuites dans des pays étrangers, dont le Canada, si leurs ouvrages sont vendus sur Amazon.com ou diffusés sur Internet et accessibles aux citoyens d'autres pays.
Le Premier amendement à la constitution américaine est la disposition la plus généreuse dans le monde en matière de liberté d'expression, et devrait servir de norme internationale. Toute érosion de la liberté d'expression aux États-Unis annonce un recul de la liberté partout dans le monde.
Rédigé par : Poste de veille | 21/10/2009 à 19:07
Même aux USA, le premier amendement ne protège pas contre les poursuites en diffamation...
D'ailleurs plusieurs bloguistes l'ont appris à leurs dépends et on vend maintenant de l'assurance contre les poursuites pour diffamation...
Rédigé par : Pierre C. | 21/10/2009 à 19:25
Au Canada aussi, on a des lois contre la diffamation. La diffamation consiste à attaquer la réputation d'une personne en diffusant des informations erronées la concernant. C'est normal qu'aux États-Unis, le Premier amendement ne protège pas contre la diffamation.
Là où le Premier amendement est beaucoup plus efficace que toute autre loi comparable dans le monde, c'est pour protéger les auteurs qui critiquent l'islam ou les idées politiques (par opposition à des personnes). Il sert à protéger les auteurs contre les poursuites engagées dans le but de taire la critique, d'intimider les éditeurs, etc. Le projet de loi mentionné dans l'article vise à étendre cette protection aux poursuites intentées abusivement dans des pays étrangers.
Rédigé par : Poste de veille | 22/10/2009 à 00:05