Ci-dessous, un extrait d'un billet récent de Jean-François Lisée sur le blogue de L'Actualité. Compte tenu de leur réaction au rapport Bouchard-Taylor et aux accommodements religieux accordés au détriment de l'égalité homme-femme et de la laïcité de nos institutions, c'est évident que les Québécois auraient saisi l'occasion d'un référendum sur les minarets pour exprimer leur ras le bol du multiculturalisme qui dissout leur identité et bafoue des valeurs auxquelles ils sont attachés.
Le multiculturalisme est le cheval de Troie de l'islamisation de notre culture. Contrairement à ce que laisse entendre Lisée, refuser l'islamisation, que ce soit un accommodement à la fois ou un minaret à la fois, ce n'est pas une attitude de repli. C'est plutôt l'expression légitime d'une préférence normale pour la culture occidentale de droits et libertés individuels par rapport à la culture fasciste des sociétés où l'islam domine.
Lire aussi :
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Minarets: comment les Québécois auraient-ils voté ?
Citation du jour:
"S’il y avait ce référendum pour l’interdiction des minarets, aujourd’hui au Québec ou dans n’importe quel pays occidental, on obtiendrait exactement le même résultat."
C’est ce que dira l’éditorialiste du Devoir, Josée Boileau, ce jeudi à Bazzo.tv (transparence totale: j’étais à l’enregistrement). Elle a parfaitement raison. Les Suisses, neutres, calmes et réglés comme des mécanismes d’horlogerie, ont-ils souffert d’une indigestion de chocolat pour interdire, à 57,5%, la construction de minarets? A Montréal, la ville au cent clochers, le vote serait certainement le même. Pourquoi? Josée Boileau et son collègue Vincent Marisal, de La Presse, participant au même panel, donnent chacun une partie de la réponse. Boileau, opposée au multiculturalisme, affirme que les élites au sens large ont la responsabilité de ne pas permettre de telles dérives. Marissal affirme un peu plus tard qu’il n’a aucun problème avec «le multiculturalisme à la Trudeau» et que les «choses vont très bien».
Tout est là. Les élites intellectuelles et les élites politiques actuellement au pouvoir, canadiennes et québécoises, dans la foulée de Bouchard-Taylor, estiment que «les choses vont très bien». Elles vont tellement bien que 80% des Québécois sont opposés aux pratiques actuelles d’accommodement et que s’il y avait un référendum qui, comme le suisse, était un appel à l’intolérance, bon nombre de Québécois répondrait Oui.
Pourquoi ? Parce que les élites sont sourdes à l’inconfort identitaire de la majorité. (...)
Ainsi méprisées par les élites politiques et intellectuelles, les populations frustrées dans leur identité deviennent des cibles faciles pour les extrémismes. Victimes du déni de leurs inquiétudes, elles choisissent le repli, comme en Suisse. La responsabilité des élites intellectuelles et politiques n’est pas de rééduquer le peuple pour lui faire comprendre qu’il a tort et qu’il devrait célébrer les vertus du multiculturalisme à la Trudeau, ou de sa variante interculturelle à la Bouchard-Taylor. Sa responsabilité est plutôt de reconnaître l’inquiétude et de construire des politiques publiques, identitaires, dans lesquelles la majorité peut se retrouver et, ainsi, mieux accepter l’autre. On sait où je loge sur cette question, j’y ai consacré un petit ouvrage. Mais au-delà des propositions précises des uns et des autres, force est de constater qu’aujoud’hui, ni la Suisse, ni le Québec n’a offert de réponses adéquates. Et aucune politique inclusive et tolérante ne peut fonctionner, si la majorité de la population ne se reconnaît pas dans cette politique. C’est l’avertissement que les minarets suisses viennent de nous envoyer.
Source : Minarets: comment les Québécois auraient-ils voté ?, Jean-François Lisée, 1 décembre 2009 (extrait)

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