Dans un texte publié aujourd'hui dans l'édition internet du quotidien La Presse, dont je reproduis un extrait ci-dessous, Mathieu Bock-Côté parle du virage identitaire du Parti québécois, qui semble avoir compris que le souverainisme n'a rien d'intéressant à offrir avec un projet de société fondé sur l'idéologie multiculturelle. Il a raison: à quoi bon aspirer à se donner un pays si c'est pour ensuite permettre à nos élites de travailler à notre disparition ? En fait, bien des Québécois fédéralistes souhaitent aussi ses débarrasser de cette idéologie, qui s'est transformée partout en Occident en une hystérique apologie du suicide des nations.
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La métamorphose de la question nationale
C'est avec la crise des accommodements raisonnables que le Québec a découvert à sa manière les problèmes du multiculturalisme mondialisé. De la question constitutionnelle à la question identitaire, la question nationale regagne sa pertinence dans la société québécoise. Cela ne veut pas dire que la constitution canadienne ne pèse plus sur le Québec, comme le jugement sur la loi 104 nous l'a rappelé, mais tout simplement que la dynamique idéologique du nationalisme est moins porteuse d'un désir de réaffirmation du Québec au sein du Canada que de la majorité francophone dans le Québec même. Il n'est plus seulement demandé aux nationalistes de se tenir fermement devant Ottawa, mais de défendre l'identité québécoise contre une idéologie qui travaille à sa dislocation. Le malaise identitaire des Québécois est moins généré par le Canada fédéral qui les indiffère que par leurs propres élites gagnées au multiculturalisme qui les exaspèrent.
Pour les nationalistes, il reste à passer de la rhétorique identitaire à un programme centré sur le démantèlement du multiculturalisme québécois. Mais on ne peut sérieusement combattre le multiculturalisme sans lutter contre les élites qui l'ont transformé en religion d'État. Il reste ainsi au Parti québécois à assumer la nécessaire polarisation idéologique de l'électorat pour passer d'une stratégie de conquête illusoire d'un centre mou à celle d'une majorité nationaliste qui lui donnera l'élan pour mener les grandes réformes nécessaires à l'affirmation décomplexée de l'identité québécoise.
Si les souverainistes parviennent à marquer un contraste fort entre le Canada multiculturel et un Québec enfin sorti d'un tel modèle, il n'est pas impensable que l'indépendance sorte du cul-de-sac où elle est enfoncée.Source : La métamorphose de la question nationale, par Mathieu Bock-Côté, La Presse, 1 décembre 2009 (Extrait)

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