Cette fatwa d'une vingtaine d'imams membres du Conseil suprême islamique du Canada est un geste à saluer. Elle appelle toutefois un certain nombre de commentaires :
- L'imam Syed Soharwardy, fondateur du Conseil et signataire de la fatwa, n'est pas un modéré. C'est lui qui a déposé la plainte à la commission des droits de la personne de l'Alberta contre Ezra Levant pour la publication des caricatures de Mahomet dans son journal, après avoir vainement tenté de le faire arrêter par la police. Soharwardy pratique le djihad juridique et, à ce titre, il menace la liberté et la démocratie au Canada bien plus que les djihadistes violents.
- Il y a des milliers d'imams au Canada. Les auteurs de la fatwa n'ont-ils pas été capables d'en rallier plus d'une vingtaine ?
- La fatwa dénonce les attaques terroristes au Canada et aux États-Unis. Nos imams sont-ils indifférents au sort des victimes du terrorisme islamique ailleurs dans le monde ?- Des musulmans américains récemment arrêtés au Pakistan ont déclaré : "Nous ne sommes pas des terroristes. Nous sommes des djihadistes et le Djihad n'est pas du terrorisme." (lire) Le Muslim Canadian Congress est le seul groupe musulman au Canada à avoir expressément condamné la doctrine du djihad, source idéologique du terrorisme (lire). À quoi sert une fatwa qui ne remet pas en cause les fondements idéologiques du terrorisme si ce n'est à redorer l'image publique de ses auteurs, et, peut-être, à nous endormir pendant qu'ils poursuivent leur djihad furtif contre nos libertés ?
- Il y a des imams partout au pays dont les prêches incendiaires et haineux envers les infidèles servent de tremplin vers le djihad violent. À quand une action concertée des imams canadiens, et de l'ensemble des musulmans au pays, pour faire un véritable ménage dans leurs communautés et dans leur théologie ? Ce serait bien plus utile qu'une fatwa contre les terroristes.
Lire aussi:
"Nous sommes des djihadistes, et le djihad n'est pas du terrorisme"Pensées hors politiquement correct à propos de la réponse des musulmans à Fort Hood
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Fatwa contre les terroristes
« Selon nous, ces attaques sont malveillantes, et l'islam exige des musulmans de s'y opposer. »
— Extrait de la fatwa
« Personne ne nous empêche de prêcher et de pratiquer l'islam, poursuit le décret religieux. Dans plusieurs cas, la liberté de pratique religieuse des musulmans du Canada et des États-Unis est plus grande que celle de nombreux pays musulmans. » Il n'y a pas de conflit, soutiennent les imams, entre les valeurs musulmanes et celles de liberté et de justice qui prévalent dans ces deux pays.
Toute attaque commise au Canada et aux États-Unis constitue une attaque à l'endroit de la liberté des musulmans canadiens et américains.»
— Extrait de la fatwa
Le décret conclut que les musulmans nord-américains devraient dénoncer toute personne qui planifie de faire du mal à des concitoyens canadiens ou américains.
Les signataires sont des membres du Conseil suprême islamique du Canada originaires de Calgary, Montréal, Toronto, Mississauga et Vancouver, ainsi qu'un imam de la ville américaine de Houston.
« Nous faisons partie de cette société », a expliqué l'un des signataires de la fatwa, l'imam de Calgary Syed Soharwardy (photo), lors d'une entrevue accordée à CBC. « C'est chez moi ici, et si quelqu'un s'en prend au Canada, c'est en fait à ma maison qu'il s'en prend », a ajouté le fondateur du Conseil islamique suprême du Canada.
Un autre signataire, l'imam montréalais Anwar Musallah a indiqué qu'il avait parlé de la fatwa à ceux qui fréquentent la mosquée où il prêche. Selon lui, la grande majorité d'entre eux se sentent personnellement menacés par ces attaques.
La fatwa suit l'attentat avorté commis à Noël dans un avion faisant la liaison Détroit-Amsterdam, pour lequel le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab est soupçonné. Il doit répondre à six chefs d'inculpation, dont ceux de tentative de faire exploser une avion, tentative de meurtre sur 289 personnes et tentative d'utilisation d'une arme de destruction massive. Il risque la prison à vie.
Les audiences ont débuté vendredi à Détroit. À l'extérieur du tribunal, des manifestants musulmans ont condamné son geste et se sont dissociés de son interprétation de l'islam.
Source : Fatwa contre les terroristes, Radio-Canada, 9 janvier 2010


Hélios d’Alexandrie nous présente le père Botros et son travail de déconstruction de l'islam, la doctrine qui fait de ses compatriotes musulmans des persécuteurs des chrétiens d'Égypte. Son émission de télévision est suivie par des millions de musulmans et sa tête a été mise à prix.

Est-ce que c'est un zèle en faveur de la démocratie ou l'ombre d'un double discours?
Rédigé par : Benoit | 09/01/2010 à 22:46