Bonne nouvelle, bonne approche...
Écueil à éviter : la laïcité « ouverte ».... Comme dit Carl Bergeron (lire) : « Les laïcistes ouverts, contrairement aux “laïcistes fermés”, sont d’abord des multiculturalistes qui en ont contre toute forme d’expression politique majoritaire.»
« S'il est un modèle dont il faut s'éloigner, c'est bien celui du multiculturalisme à la canadienne, un modèle auquel le gouvernement du Québec a adhéré.» - Louise Beaudoin
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Les fonctionnaires ne devraient pas porter de signes religieux, selon le PQ
ORFORD — Les fonctionnaires, infirmières et enseignantes portant le voile islamique devraient renoncer à cette pratique, sous un gouvernement péquiste.
En fait, au nom de l'égalité des citoyens et de la neutralité absolue de l'Etat, tout signe religieux visible - voile, kirpan ou autre - devrait être proscrit pour les employés des secteurs public et parapublic, a fait valoir la députée de Rosemont, Louise Beaudoin, mercredi, lors d'un entretien à La Presse Canadienne.
"Dans les institutions publiques et parapubliques, tous ceux qui sont fonctionnaires ou para-fonctionnaires, tous ceux qui sont payés par l'Etat, doivent rendre ces services-là de manière neutre, sans qu'il y ait de signes ostentatoires religieux", selon Mme Beaudoin.
Dans cet esprit, et dans la foulée de tout le débat sur les accommodements raisonnables, l'opposition péquiste a bien l'intention de relancer l'idée d'adopter une charte de la laïcité, dans les prochains mois, afin d'affirmer la neutralité de l'Etat québécois en matière religieuse.
La chef péquiste, Pauline Marois, a confié mercredi à Mme Beaudoin le mandat d'élaborer le contenu d'une telle charte, en précisant ses principes et son étendue. La députée de Rosemont devient la nouvelle porte-parole de l'opposition officielle sur les questions d'immigration, qui s'ajouteront à ses responsabilités antérieures.
Les trois partis d'opposition - PQ, ADQ et Québec solidaire - sont d'accord avec l'idée d'une telle charte, ce qui pourrait accroître la pression sur le gouvernement, a fait valoir Mme Beaudoin. Le PQ mise aussi sur la société civile, ainsi que les groupes de pression, pour inciter Québec à faire le débat et à accepter l'idée d'une charte.
En toute logique, ajoute Mme Beaudoin, si les employés de l'Etat doivent donner un service à la population exempt de connotation religieuse, en contrepartie, les usagers ne devraient pas pouvoir, sous prétexte religieux, choisir le sexe de la personne qui leur offrira ce service.
Récemment, les médias ont rapporté des cas de certains représentants de communautés culturelles qui s'étaient présentés aux comptoirs de la Société de l'assurance automobile (SAAQ) ou de la Régie de l'assurance-maladie (RAMQ) et avaient demandé d'être servis par une personne du même sexe qu'eux.
"Tout le monde devrait être servi de la même façon", selon Mme Beaudoin.
"Pour mieux vivre ensemble, poursuit-elle, au moins dans l'Etat et dans la fonction publique, mieux vaut ne pas se distinguer, mais se ressembler et se rassembler, plutôt que de se diviser."
Une nécessaire séparation entre l'Eglise et l'Etat est devenue un enjeu d'importance au Québec, a-t-elle soutenu, d'où la nécessité de s'appuyer sur une charte, dont les principes seraient inscrits dans la préambule de la charte québécoise des droits et libertés, à titre de clause interprétative.
Il ne faut pas craindre d'imposer une hiérarchie des droits entre la liberté religieuse et l'égalité hommes-femmes, a ajouté la députée péquiste, qui a dit s'être inspirée de la position adoptée par le Conseil du statut de la femme pour préciser sa position.
S'il est un modèle dont il faut s'éloigner, c'est bien celui du multiculturalisme à la canadienne, un modèle auquel le gouvernement du Québec a adhéré, selon elle.
Malgré sa neutralité et son statut officiellement laïc, le Québec, façon péquiste, ne devrait pas pour autant se départir de tous les symboles de son passé religieux.
Certains symboles, comme le crucifix qui trône au Salon bleu de l'Assemblée nationale, pourraient ainsi être considérés comme faisant partie du "patrimoine historique" et rester en place. Il ne s'agit pas de faire "tabula rasa".
"Ce qu'il faut rejeter, c'est l'intégrisme religieux", plaide Mme Beaudoin.

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