L'ambassade d'Iran se livre à des activités troublantes au pays.
Le 14 février, Zafar Bangash, islamiste ontarien bien connu et apologiste du régime sanguinaire des ayatollahs d'Iran, recevait Hamid Mohammadi, attaché culturel de l'ambassade d'Iran, dans un centre culturel islamique de la région de Toronto. A l'extérieur, des opposants au régime iranien ont tenu une manifestation. Certains d'entre eux ne veulent pas être identifiés, étant surveillés ici même au Canada par des islamistes qui sont en mesure de menacer leurs familles restées en Iran.
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Autour de la conférence sur les musulmans dans les médias, climat trop tendu pour certains orateurs, par John Brean
Stouffville, Ontario. -- Selon l’attaché culturel de l’ambassade de la république islamique d’Iran, les médias occidentaux ont une « politique malveillante » envers l’Iran en inventant de « fausses nouvelles » pour « faire monter de fausses espérances nationales » et « encourager les troubles ».
Hamid Mohammadi a déclaré que les mensonges médiatiques ont suscité de la haine et de la crainte à l’égard des musulmans, en répandant « l’idée fausse selon laquelle la religion est incapable de gérer un pays » ce qui aboutit à considérer l’Iran comme illégitime. Il a ajouté que cela a entraîné une « modification de la position » politique des pays occidentaux envers les musulmans. Il a cité un « penseur américain », dont son fort accent n’a pas permis de bien comprendre le nom, selon lequel « les guerres futures sont dans les mains des médias, dont les mots sont plus efficaces que les balles ».
D’une certaine manière, ses brèves interventions figuraient parmi les moins polémiques d’une conférence sur la «Guerre médiatique contre l’islam» qui s’est tenue dimanche dans un centre islamique de la région de Toronto et au cours de laquelle le terroriste qui portait des explosifs dans ses sous-vêtements le jour de Noël a été décrit comme l’instrument d’un complot israélien ; Barack Obama a été désigné sous l’appellation de « Mr Noir » (Mr Black Man) ; Al Qaida a été considérée comme « une invention de l’imagination occidentale » ; et une vidéo a été présentée, qui ironisait sur le 11 septembre en inscrivant le logo du Muppet Show sur un ralenti de l’impact du deuxième avion, avec comme bande sonore des hurlements de terreur.
Du fait de la présence policière et d’opposants qui manifestaient à l’extérieur, l’atmosphère était trop tendue pour certains des orateurs annoncés.
L’avocat Khurrum Awan, qui a déposé avec le Congrès islamique canadien des plaintes contre le magazine Maclean's pour incitation à la haine, avait accepté de parler il y a quelque temps. Il a déclaré que c’était « une erreur de sa part » que de n’avoir appris la présence des autres orateurs que quelques jours avant la conférence, et expliqué qu’il annulait sa participation essentiellement de crainte que sa présence puisse paraître justifier les actions du gouvernement iranien, et notamment le fait qu’il ait été l’hôte en 2006 d’une conférence sur la négation de l’Holocauste.
Hier, deux leaders de la Fédération canado-arabe, Khaled Mouammar et Ali Mallah, n’ont pas répondu quand on leur a demandé d’expliquer pourquoi ils n’avaient pas pris la parole contrairement à ce qui avait été annoncé. De même pour James Clark, un militant anti-guerre bien connu.
Dans la salle, devant un auditoire d’environ 300 personnes, l’organisateur Zafar Bangash a accueilli son invité iranien en ironisant sur le fait que, même avec la liberté de réunion, les opposants n’avaient réussi à rassembler qu’un effectif « pathétique » d’une vingtaine de personnes devant les grilles de la Société islamique de la région de York.
Mr. Bangash a par ailleurs brandi devant l’auditoire un sac de plastique transparent plein de ce qu’il a déclaré être des pages brûlées du Coran, récemment sauvées du parking d’un centre commercial voisin où des manifestants - les mêmes que ceux qui sont dehors, a-t-il affirmé - avaient mis le feu au livre saint.
Le programme a commencé par une prière tirée du Coran, superbement chantée en arabe par un jeune garçon et traduite en anglais par un autre garçon dont l’intonation montrait qu’il comprenait clairement le message sur la punition des cités pour leur dépravation.
Dans son allocution, Mr. Bangash a prétendu que la société International Consultants on Targeted Security, « qui appartient à Israël », gère la sécurité à l’aéroport d’Amsterdam : ce sont donc « les Israéliens qui contrôlent la sécurité » et qui ont laissé Umar Farouk Abdulmutallab, le prétendu terroriste cachant des explosifs dans ses sous-vêtements, embarquer dans l’avion pour Detroit. Sur son site web, la société affirme « n’avoir aucune sorte de rapport » avec la sécurité à l’aéroport de Schipol à Amsterdam.
Une vidéo iranienne de propagande, sur un thème musical inspirant, était constituée d’un montage rapide de photos fixes et de vidéos, sur des thèmes militaires et industriels, avec des images de scientifiques au travail et un schéma d’atomes marqués U238, la forme naturelle courante de l’uranium, et U235, la forme fissile utilisée dans les bombes.
L’intervenante féminine a évoqué les élections libres en Iran, l’égalité des femmes et « la manière dont le pays traitait avec succès la question nucléaire ».Du fait des absences, l’intervenant majeur a été Michael Keefer, professeur de théorie littéraire à l’université de Guelph, qui a déclaré que tous les grands médias « mentent systématiquement » parce que les « journalistes ont intériorisé les valeurs de leurs annonceurs ». Il a décrit le 11 septembre comme une « démolition programmée » organisée par les Américains, et le complot terroriste des 18 de Toronto », qui a conduit à des condamnations et à des plaidoyers de culpabilité, comme un « montage policier » autour d’une affaire « sans aucune importance ».
Après s'être excusé auprès de Mohamed Elmasry, son partenaire sur le site médiatique alternatif Canadian Charger, le Pr Keefer a raconté l’histoire de Mr Elmasry qui a écrit à Lord Black pour protester contre la manière dont l’islam est traité dans ses nombreux journaux.
« Fichez donc le camp », c’est ainsi que le Pr Keefer a paraphrasé la réponse manuscrite reçue. « Si vous voulez un journal qui reflète vos opinions, pourquoi n’en créez-vous pas un vous-même ? »
Le Canadian Charger est également l’éditeur du prochain livre du Pr Keefer, Antisemitism, Real and Imagined (L’antisémitisme, réel et imaginaire).
Source : Conference on Muslims in the media too hot for some of its speakers, par John Brean, National Post 15 février 2010 (Merci à mon traducteur)

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Rédigé par : Benoit | 16/02/2010 à 18:59