Dans Le Devoir d'aujourd'hui, Hélène Buzzetti analyse les réactions respectives du Québec et du reste du Canada (ROC) sur l'épisode du niqab au Québec.
J'ai suivi la réaction de nombreux blogues du Canada anglais, et j'ai constaté le fossé qui sépare l'élite politico-médiatique des gens ordinaires. S'il y a un pont qui relie les deux solitudes, c'est bien la critique du multiculturalisme. Les gens ordinaires ne croient plus à l'Utopie trudeauiste et admirent la fermeté avec laquelle le Québec a agi dans ce dossier.
La théorie du sentiment d'insécurité des Québécois comme nation minoritaire soulevée par Mme Eugénie Brouillet, citée par Mme Buzzetti, devrait être écartée. C'est parce qu'ils ont confiance dans leur identité et leurs valeurs que les Québécois refusent d'avaliser tout et n'importe quoi au nom du culte de la diversité. Le voile intégral est une pratique répugnante, le salafisme est une idéologie suprématiste méprisable, et c'est tout à notre honneur de le faire savoir haut et fort. C'est plutôt le Canada anglais qui souffre d'un manque stupéfiant de confiance dans son identité après des années de formatage à l'Utopie trudeauiste qui les a convaincus de se renier eux-mêmes et d'exalter tout ce qui est Autre.
Pour les élites multikulti du Canada anglais, la doctrine des accommodements signifie que toute demande, tout désir, tout "beau rêve", même le plus absurde ou le plus abject, devient un "droit fondamental" dès lors qu'il peut être exprimé dans le langage d'une religion ou d'une croyance. Les institutions, les employeurs, les fournisseurs de services, etc.se font imposer une obligation juridique de consacrer des ressources importantes au bricolage d'arrangements qui, on l'a vu au Québec avec les avis de la commission des droits, sont loufoques et défient le sens commun au point de jeter le discrédit sur la charte des droits. Quand on pense au sous-financement chronique de la santé et de l'éducation et au piètre état de l'économie, on serait bien avisés de diriger nos ressources ailleurs.
Le Québec a aussi une conscience plus forte que le ROC du caractère solennel d'une charte des droits, et du potentiel qu'a l'idéologie du multiculturalisme d'en saper les fondements mêmes par l'accommodement de symboles d'une idéologie fasciste d'apartheid. Une société qui se respecte ne se donne pas une obligation constitutionnelle d'accommoder, de valoriser et de promouvoir des idées et des symboles qui heurtent de plein fouet sa conception de la dignité de la personne humaine et ses valeurs structurantes. On ne doit pas transformer tout ce qui relève de la liberté privée, comme le port du voile intégral, en droit fondamental opposable à l'ensemble de la société.
Ces enjeux nous amènent nécessairement à parler de la politique d'immigration. Il y a des limites à vouloir faire cohabiter de force des populations aux valeurs incompatibles. Le propre des Utopies c'est d'ignorer la nature humaine. HIstoriquement, c'est un prédicteur de chaos et de conflits.
Image : L'Étoile (ndPdV : "pukapab" signifie "plus capable")
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Québec : Joseph Facal : Inter ou Multi culturalisme, c'est la même idéologie
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Le niqab des solitudes, par Hélène Buzzetti
Comment expliquer les réactions si différentes au Québec et dans le reste du pays à propos du voile de Naema Ahmed ?
Hélène Buzzetti - Ottawa — Le niqab révèle autant qu’il cache. Ce voile islamique intégral, dont le port par une femme égyptienne dans son cours de francisation a provoqué une tempête, a mis en lumière une divergence profonde dans la gestion de la diversité au Canada. Et il a donné lieu à un autre de ces épisodes de comparaison — et d’incompréhension — entre le Québec et le ROC (rest of Canada). Au-delà des clichés et des accusations gratuites de sectarisme, il existe quelques pistes d’explication à cette différence dans la façon d’aborder la question.
En deux semaines, le public a eu droit à deux déclarations politiques diamétralement opposées. À Québec, la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James, a soutenu qu’« il n’y a pas de flou. Au Québec, on reçoit les services à visage découvert et on donne le service à visage découvert ». Et pas question non plus d’exiger de faire affaire avec une femme. Si on insiste, il faudra refaire la queue et espérer avoir plus de chance la deuxième fois.
Dans la foulée de l’avis de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse concernant les accommodements à la Régie de l’assurance maladie du Québec, qui en rajoutait, le ministre fédéral de la Citoyenneté et de l’Immigration, Jason Kenney, a sauté dans l’arène. Il a au contraire affirmé qu’il n’était pas question de dicter aux gens leur habillement, sauf lorsqu’il en va d’un besoin d’identification. « À mon ministère, quand une femme arrive avec le visage voilé pour faire une entrevue dans le cadre d’une demande d’immigration ou de visa, nous l’obligeons à montrer son visage. [...] En général, dans ces cas-là, les fonctionnaires fourniront une fonctionnaire femme, aussi souvent que possible. »
Quand, quelques jours auparavant, la ministre Yolande James a confirmé la seconde expulsion de Naema Ahmed d’un cours de francisation, ses homologues provinciaux ont pris leurs distances. « En Nouvelle-Écosse, les citoyens ont le droit d’exprimer leur foi comme bon leur semble », a dit la ministre Ramona Jennex. « L’Ontario est une province ouverte », a pour sa part déclaré Indira Naidoo-Harris, une porte-parole du ministère des Affaires civiques et de l’Immigration. « Nous sommes déterminés à créer une société ouverte où tous les Ontariens sont respectés. »
La presse anglophone s’est déchaînée. « Quelle portion du mot liberté le Québec ne comprend-il pas ? », demandait Naomi Lakritz, du Calgary Herald. « Refuser aux femmes l’accès à l’école rappelle de manière déplaisante le régime taliban, non ? » Le Winnipeg Free Press a jugé qu’il « n’y a pas de loi interdisant le niqab ou la burqa, mais plusieurs au Québec s’agitent pour qu’il y en ait une ». Le Globe and Mail, dans un éditorial intitulé « Intrusion intolérante », a déclaré que « c’est peut-être la pratique dans certains pays arabes ou de l’Asie occidentale, tel que l’ancien régime taliban en Afghanistan, mais donner le pouvoir à des agents de l’État de faire appliquer un code vestimentaire et interdire l’accès à l’éducation à des femmes, cela n’avait jamais été vu au Canada auparavant ».
Deux solitudes
D’entrée de jeu, Jack Jedwab, le directeur de l’Association d’études canadiennes, met en garde contre la tentation de la caricature. « Ce n’est pas uniforme », dit-il, en rappelant l’éditorial du National Post, pas nécessairement le plus grand apologiste de la Belle Province, appuyant la décision de Québec. Selon lui, la différence de réaction entre le Québec et le ROC est une affaire de nombre.
« Dans le reste du pays, au lieu de considérer le principe, on regarde la quantité, le nombre de personnes qui désirent être accommodées, et c’est tellement minime qu’on ne voit pas cela comme une question institutionnelle ou sociétale. » Il rappelle que, lorsque l’Ontario a jonglé avec l’idée de permettre la charia en droit de la famille pour les musulmans, les Ontariens ont vu l’impact institutionnel que cela pouvait avoir et sont montés aux barricades. Au Québec, ajoute-t-il, « on voit cela comme provenant d’un groupe ; on croit donc que l’impact sur nos institutions sera important ».
Linda Cardinal, professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa, ne croit pas non plus que l’attitude québécoise soit si différente de celle des autres Canadiens. « C’est de la fausse tolérance », dit-elle à propos d’une certaine élite intellectuelle canadienne-anglaise. « La grande différence, c’est qu’au Québec il y a un espace public pour tenir ce genre de débats et qu’il n’y en a pas dans le ROC. »
Elle soutient qu’il existe au Québec une « tradition » de débats déchirants, mais que les journalistes du reste du pays sont mal à l’aise avec ces réflexions impudiques. « On nomme les choses au Québec alors qu’au Canada anglais on attend que ça pourrisse avant d’agir. »
Pour illustrer cette incapacité de prendre de front les grands débats, Mme Cardinal cite l’exemple de l’immunité dont jouit encore la communauté polygame de Bountiful, en Colombie-Britannique. Il a fallu des années avant que des accusations soient portées, en 2009, accusations qui ont été rejetées — sur la base d’une erreur de procédure — et qui n’ont pas été reprises. « Ils ne sont même pas capables de débattre de la polygamie parce qu’ils ont peur que le sujet se rende jusqu’en Cour suprême et craigne ce que celle-ci pourrait dire. On n’arrête pas d’étouffer des débats. »
Pour Eugénie Brouillet, l’approche juridique à ces questions ne peut pas être si différente d’un endroit à l’autre au pays à cause de la Charte des droits et libertés. « Mais on peut noter une différence dans le discours politique », reconnaît cette professeure de l’Université Laval rattachée au Centre de recherche interdisciplinaire sur la diversité du Québec. « Le fait que le Québec forme une nation minoritaire explique en grande partie les différences, soutient-elle. Les Québécois ont un sentiment d’insécurité culturelle, alors le rapport aux nouveaux arrivants est très médiatisé. »
Raffaele Iacovino, de l’Université Carleton, ajoute qu’il faut voir dans cette différence d’approche l’héritage des années 1960. « La Révolution tranquille a convaincu les Québécois que la religion devait être évacuée de la sphère publique au nom de la justice sociale. [...] Il s’agit d’un moment fondateur du Québec moderne et est devenu un argument contre toute religion dans l’espace public. »
Affaire de langue et supériorité morale
Bref, une différence dans l’histoire et la situation socioculturelle du Québec et du ROC amènent les deux blocs à aborder la diversité sous des angles différents, sans qu’un soit nécessairement supérieur à l’autre. Mais voilà ! Linda Cardinal croit que les Canadiens anglais jugent l’approche québécoise à l’aune de leurs valeurs, qu’ils ont tendance à considérer comme moralement supérieures. Et la langue y serait pour quelque chose.
L’anglais est de plus en plus présenté comme une langue de communication plutôt que comme un vecteur culturel, ce qui permet de l’imposer dans les forums internationaux. « Depuis très longtemps, on dit aux francophones : "Votre langue est culturelle alors que l’anglais est un instrument de communication." C’est parce qu’ils déterminent la norme qu’ils sont capables de dire cela. C’est eux qui disent comment se représenter. Ils disent : "Notre angle est neutre ; vous, vous êtes l’autre, vous êtes partial, vous n’êtes pas neutres, vous êtes culturels, vous êtes ethniques. Nous, nous sommes civiques." Au XVIIIe siècle, les grandes nations faisaient cela aux petites nations. C’est un procédé idéologique, politique, qui sert à remettre des groupes à leur place. »
Cette hiérarchisation des approches à la diversité expliquerait, selon Mme Cardinal, certains commentaires méprisants entendus dans la presse anglophone à l’endroit de la décision de Québec d’expulser la dame au niqab de ses cours de francisation.
Le pape, et peut-être Napoléon aussi
Linda Cardinal note en outre qu’il existe des différences profondes entre les sociétés catholiques et protestantes. « Dans les sociétés protestantes, il y avait toujours des sectes protestantes. Alors il fallait trouver un modus operandi entre ces différentes sectes. La tolérance et le pluralisme religieux viennent de là, tout comme le laisser-faire. Nous, les catholiques, sommes des communautés de croyants et on fonctionne à l’intérieur de ces communautés. D’ailleurs, l’excommunication est tragique. Ç’a marqué l’espace public. »
Le droit y est peut-être aussi pour quelque chose. Les Anglo-Saxons ont opté pour la common law, basée sur les précédents et la jurisprudence. Les Français ont choisi le Code civil, qui dicte des principes généraux. Approche fragmentée chez les uns, intégrée chez les autres.
D’ailleurs, la différence dans la façon de réagir à la diversité n’existe pas qu’entre les deux solitudes canadiennes. La France jongle avec l’idée de limiter le port du voile intégral sans que les Français crient à l’hérésie. En Grande-Bretagne, en 2006, l’ancien ministre Jack Straw avait provoqué une commotion en révélant avoir exigé des femmes qui portaient le voile de se dévoiler lorsqu’il les rencontrait. Le Globe and Mail n’avait pas cru bon alors d’accuser la mère patrie de dérive talibane...
Source : Le Devoir, 20 mars 2010

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La taqiyya, ou doctrine de la tromperie islamique, est très présente dans la politique islamique, particulièrement à l’époque moderne
"Ces enjeux nous amènent nécessairement à parler de la politique d'immigration. Il y a des limites à vouloir faire cohabiter de force des populations aux valeurs incompatibles. Le propre des Utopies c'est d'ignorer la nature humaine. HIstoriquement, c'est un prédicteur de chaos et de conflits."
Malheureusement l'incompatibilité ne s'arrête pas au niqab, et l'ironie des choses c'est que les islamistes hommes s'habillent à l'occidentale et ne présentent donc pas un extérieur provoquant, il existe pourtant un code vestimentaire islamique pour les hommes; dans les faits les islamistes confient par lâcheté la provocation aux femmes niqabées.
On ne le répétera jamais assez, le problème ce n'est pas le niqab, le problème c'est l'idéologie.
Je répéterai la même chose pour nos amis anglophones:
"IT'S THE IDEOLOGY STUPID!!!
Les québécois savent d'instinct qu'il y a anguille sous roche (ou sous le voile), Bouchard et Taylor ont essayé de le leur rentrer dans la gorge, peine perdue, les québécois ne marchent pas et ne marcheront pas. Et ce n'est pas à cause de la laïcité de l'espace public, c'est à cause du totalitarisme inhérent à l'islamisme.
Les québécois ont un bon nez (et ils ne sont pas aveugles), leur flair leur dit que les islamistes constituent un danger pour l'harmonie sociale et la paix intérieure et ils sentent que ce danger ne cesse de prendre de l'ampleur.
Si les bien pensants du Québec et du reste du Canada ne veulent pas prendre acte de ce qui s'est passé et de ce qui se passe encore en Algérie, au Soudan, au Darfour, en Égypte, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan et dans bien d'autres endroits, s'ils ne veulent pas tirer les leçons de ces tragédies, s'ils s'obstinent malgré tout à dérouler le tapis rouge aux islamistes, le peuple québécois, lui, continuera d'opposer une fin de non recevoir au pacte de suicide qu'ils lui proposent.
Et qui sait peut-être que les anglos finiront par s'ouvrir les yeux, ce jour-là ils tomberont des nues, espérons alors qu'il ne sera pas trop tard!
Hélios d'Alexandrie
Rédigé par : Hélios d'Alexandrie | 20/03/2010 à 18:40
'FIDELITE', le plus beau mot du dictionnaire.
'Fidélité' à nos racines. Les Québécois savent pertinemment que si on les coupe, l'arbre vigoureux qu'elles supportent ne pourra plus accueillir les oiseaux de tous les pays qui viennent s'y abriter.
La dignité de la femme, ça ne souffre pas d'accommodements.
En raison de l'esprit dont ils ont hérité de leurs ancêtres, les Québécois ne sont pas des nombrilistes. Ils incluent dans leurs propres combats, ceux de tous les hommes et femmes qui luttent pour leur dignité.
Les NON qu'ils disent sont des OUI à la dignité humaine.
Les Québécois ont toujours défini la culture canadienne.
Ils continuent de le faire.
Ce faisant, ils rendent un fier service à l'HUMANITE.
Rédigé par : citoyenne | 21/03/2010 à 15:40