Je vous ai présenté Hélios d'Alexandrie dans ce billet.
Ici, Hélios commente la dissertation de Gérard Bouchard publiée dans l'édition d'hier du quotidien La Presse. Suite au récent épisode du niqab au cégep Saint-Laurent, M. Bouchard expose ses réflexions sur le principe d'égalité homme-femme, auquel il propose qu'on donne une interprétation "contextualisée" lorsqu'il y a conflit avec une demande d'accommodement fondée sur les croyances religieuses.
Lire : Québec : Gérard Bouchard sur la préséance "contextuelle" du principe d'égalité homme-femme
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Gérard Bouchard et l’égalité des sexes
Monsieur Bouchard a beau planer au-dessus des nuages, il n’en demeure pas moins sensible à l’opinion publique dont le jugement à son endroit a été plutôt aigre ; c’est tout juste s’il n’a pas été rangé parmi les fossoyeurs du Québec. Le bon peuple n’a pas oublié ses condamnations et ses anathèmes quand il s'est proclamé pontife de la diversité. Le gouvernement libéral, nullement intéressé à se faire harakiri, a simplement tabletté le rapport de la commission, résolu de ne plus faire appel aux deux commissaires. La leçon a probablement porté et c’est pourquoi Monsieur Bouchard profite de l’occasion pour redorer un peu son blason.
Il commence par nous dire que la conduite à tenir dans le cas du niqab a été établie dans le rapport de la commission Bouchard-Taylor et que le gouvernement aurait dû s’en inspirer. Par cette affirmation, il croit faire d’une pierre deux coups : réhabiliter le rapport de la commission et rehausser sa crédibilité personnelle auprès du public. Dans les faits, le rapport recommande d’interdire le port du niqab chez les agents de l'État et dans le milieu de l'éducation, entendre par là les enseignantes, et autres employées. Autrement dit, il ne parle pas de l’interdire dans toutes les autres situations ; la recommandation de la commission au sujet du niqab aurait par conséquent été inopérante dans l’affaire du niqab au cegep Saint-Laurent et dans bien d’autres cas également.
Monsieur Bouchard veut nous rassurer, il nous dit que l’égalité homme-femme c’est du solide, personne ne peut la contourner ; en d’autres termes la porte est presque fermée : « L'égalité homme-femme devrait bénéficier d'une préséance ad hoc (ou contextuelle)… ce qui en pratique rend ce critère (de l’égalité homme-femme) peu susceptible d'être subordonné. » il poursuit en nous disant qu’il est possible que la porte puisse s’ouvrir dans certaines circonstances : « …on convient que cette disposition générale pourra être infléchie de diverses façons s'il entre en jeu des considérations tenues pour supérieures dans notre société… » Il continue en nous expliquant que la porte ne peut en aucune façon être fermée « …D'autres situations d'exception … peuvent survenir qu'il est impossible de prévoir, ce qui interdit d'octroyer à l'égalité homme-femme une préséance formelle inscrite dans une loi ou dans la Charte. » Et pour finir il nous informe que l’essence même de la porte est de ne pas être fermée « … Il est utile également de rappeler qu'aucun droit n'est absolu, même le droit à la vie: on envoie des soldats au front, on autorise des sports extrêmes, on s'ouvre de plus en plus à l'euthanasie, etc. »
Quelques remarques : tout d’abord les exemples d’exception au principe d’égalité ne sont pas pertinents : la toilette intime assurée par un soignant du même sexe n’est pas un droit acquis pour les personnes âgées ; la femme victime d’un viol qui consulte à l’urgence n’est pas assurée d’être examinée par une femme ; pour ce qui est de la fouille dans les aéroports, ce sont davantage les impératifs de sécurité et d’efficacité qui ont préséance. En effet, il est très difficile de réaliser une fouille corporelle minutieuse chez une personne du sexe opposé et cela vaut autant pour les hommes que pour les femmes. La même consigne s’applique aux toilettes et aux douches publiques, lesquelles sont séparées sans affecter en rien le principe d’égalité homme-femme.
Autres remarques : les soldats volontaires qu’on envoie au front, les adeptes des sports extrêmes mais également les pompiers, dans le cadre de leur travail ou de leurs loisirs, s’exposent volontairement au danger et sont bien au fait des risques, leur droit absolu à la vie n’en est pas pour autant amoindri. Conduire son auto comporte son lot de dangers mais qui oserait affirmer que la conduite automobile réduit le droit à la vie ? Quant à l’euthanasie, plusieurs voix s’élèvent pour qu’on en fasse un droit, cependant elle n’est pas en contradiction avec le droit à la vie dans la mesure où elle respecte l’autonomie de la personne et qu’elle découle d’un choix libre et éclairé de mettre fin à la souffrance et de mourir dans la dignité ; on devrait évoquer ici le cas de Nancy Bay et de Sue Rodriguez. Gérard Bouchard confond dans ces exemples le droit à la vie et le principe de sacralité de la vie, et cette confusion n’est peut-être pas involontaire.
Gérard Bouchard nous jette de la poudre aux yeux. Les exemples qu’il nous présente ne sont pas pertinents, il passe d’ailleurs le plus clair de son temps et déploie l’essentiel de ses efforts à nous parler des exceptions à la règle, y compris celles qui pourraient émerger plus tard, et non de la règle elle-même et de ses applications. Une façon comme une autre de nous dire une chose et son contraire ; en ménageant la chèvre (le peuple québécois) et le chou (les islamistes et les multiculturalistes), il se dédouane des deux côtés. Dans les faits, le principe d’égalité homme-femme est un absolu exactement comme le droit à la vie ; ce principe est un absolu parce qu’il est inhérent à la nature humaine.
Et pour rendre les choses encore plus difficiles, voilà ce qu’il recommande : « la présente proposition devrait être prolongée pour lui annexer des critères permettant de déterminer ou de reconnaître concrètement les situations où la femme se trouve effectivement installée dans un statut d'infériorité. » Autrement dit, au lieu de faire appliquer un principe simple et clair, l’état devra dresser une liste de cas types où la règle devra s’appliquer. Ce sera la porte ouverte aux contestations, sachant qu’il est difficile de tout prévoir et de s’assurer d’un processus d’évaluation et de décision objectif.



Hélios d’Alexandrie nous présente le père Botros et son travail de déconstruction de l'islam, la doctrine qui fait de ses compatriotes musulmans des persécuteurs des chrétiens d'Égypte. Son émission de télévision est suivie par des millions de musulmans et sa tête a été mise à prix.

Du grand Helios, quel plaisir de retrouver tant de réalisme
Rédigé par : grandpas | 18/03/2010 à 03:12