Je vous présente Hélios d'Alexandrie dans ce billet.
Dans sa chronique d'aujourd'hui, Hélios réagit à la décision du ministère de l'Immigration du Québec d'expulser d'un cours de francisation destiné aux immigrés une femme d'origine égyptienne qui refusait de dévoiler son visage en classe. Lire ici et ici.
Le "Manifeste pour un Québec pluraliste" : raciste et antiféministe
Québec : Sondage : 3 Québécois sur 4 trouvent le gouvernement trop "accommodant"
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Le scénario de la honte
Le scénario se déroule tel que prévu, une femme en niqab est chargée d'une mission stratégique, celui de tester le ventre mou du système politique québécois espérant une victoire décisive et une conquête définitive, celle de l'espace public dans ce qu'il a de plus sensible et de plus significatif, celui des rapports entre humains.
Pour ceux qui ne voient pas ou ne veulent pas voir, les femmes en niqab envoient un message on ne peut plus clair: « Pas de rapports humains avec des mécréants ». C'est d'ailleurs pourquoi les interactions préconisées dans le cours ont été repoussées avec mépris.
Sur le terrain les choses se sont déroulées tel que prévu par les islamistes : le message provocateur de la femme en niqab a été reçu dix sur dix par tous les participants au cours de francisation, le rejet a généré de la colère, les tensions ont grimpé au point où l'on n'avait le choix qu'entre tout accepter ou tout refuser.
Le gouvernement n'a eu en apparence d'autres choix que tout refuser. S'il avait tout accepté, il aurait eu à gérer un véritable soulèvement populaire aux conséquences politiques dévastatrices. A-t-il fait preuve de courage ? En apparence oui, mais il a également donné tête baissée dans le piège que les islamistes lui ont tendu.
Ce piège c'est le second acte qui se terminera quand la commission des droits de la personne donnera son verdict. Car elle le donnera et il est loin d'être certain qu'il sera en faveur du gouvernement. Peut-on imaginer que la commission, qui a tout accordé aux fanatiques et qui a même refusé d'investiguer les propos haineux d'un imam, fasse autre chose qu'obliger le gouvernement à accommoder totalement les porteuses du voile intégral ?
Le troisième acte verra le gouvernement accepter sa défaite et l'islam inscrire une victoire historique et une nouvelle conquête sur les infidèles, de quoi impressionner le reste des musulmans et multiplier par cent et par mille les niqabs et les burkas.
Qu'aurait dû faire le gouvernement ? Laisser l'affaire traîner en longueur, appuyer moralement mais officieusement les responsables sur le terrain, les encourager à ignorer la femme et à la laisser mariner dans son niqab, ne pas s'en faire devant ses refus, la laisser échouer le cours, éviter de médiatiser le problème, et surtout s'arranger pour ne pas offrir sur un plateau d'argent le prétexte aux islamistes de se plaindre à la commission des droits de la personne.
Les médias consternés ont traité l'affaire comme ils ont l'habitude de faire.
Madame Ouimet du journal La PRESSE (intellectuelle) se désole; pas encore une affaire qui va jeter de l'huile sur le feu, réveiller les québécois et les faire écumer de rage, il aurait fallu, dans ce cas particulier, tenez-vous bien, ressortir des boules-à-mites le rapport de la commission Bouchard-Taylor. Pourquoi faire ? Pour créer une commission des harmonisations (une autre bureaucratie lourde et nuisible), qu'aurait-elle pu faire dans le cas qui nous intéresse? Ça madame Ouimet ne le dit pas !
Madame Dussault à RDI a interrogé le responsable des cours de francisation,. Il a dû montrer patte blanche et expliquer avec force détails comment il a essayé d'accommoder la femme en niqab. Il me donnait l'impression d'un homme qui passait en jugement sous l'accusation de racisme et d'islamophobie ; son langage corporel laissait croire qu'on le présumait coupable jusqu'à preuve du contraire.
Comme pour dédramatiser la situation qu'ils ont contribué à créer par leur aveuglement, deux membres de feue la commission dont M. Weinstock, ont été reçus également par madame Dussault. Pour le moment, ils trouvent que le gouvernement a bien agi, il a vraiment tout essayé, il s'est agenouillé comme il faut et a supplié la femme en niqab qu'elle daigne l'ôter le temps de la communication orale. Hélas, la religion de la pauvre femme lui a défendu de se dévoiler, mais le gouvernement ne pouvait faire davantage de concessions, il ne pouvait se prosterner plus bas, pas assez pour satisfaire la femme en niqab, les impératifs pédagogiques (et non les valeurs du Québec) lui interdisaient d'aller plus loin. Et de s'adresser aux téléspectateurs, comme pour montrer que les « pluralistes » qu'ils sont admettent l'existence de certaines limites. Vous voyez, il est possible d'accommoder les musulmans sans problèmes, il suffit de savoir faire abstraction de ce qu'on est, la prosternation devant les fanatiques est obligatoire bien entendu mais les « pluralistes » comprennent qu'on ne puisse se prosterner plus bas que le plancher.
Que dire de plus, sinon que dans un pays normal, avec des citoyens lucides ayant élu un gouvernement intègre, on ne permettrait pas à des fanatiques haineux de prendre racine.
La question ici n'est pas de savoir comment trouver le meilleur accommodement sans trahir nos valeurs au-delà d'une certaine limite ; la question est de savoir pourquoi on laisse entrer dans le pays des personnes qui nous haïssent nous et tout ce que nous représentons.
Mais voilà, les Canadiens ont choisi de se doter d'une charte des droits dont l'effet le plus spectaculaire est de les châtrer collectivement. Ils ont tissé la corde avec laquelle ils se lient les mains et les pieds face au cimeterre islamiste.

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