Je vous ai présenté Hélios d'Alexandrie dans ce billet.
Hélios nous parle aujourd'hui de patriotisme de son point de vue de Québécois d'adoption. On peut voir le patriotisme comme une sorte d'antidote à ce que le britannique Theodore Dalrymple appelle, en parlant de l'Europe, le nouveau syndrome de Vichy.
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Image ci-dessous : Le testament de Dollard des Ormeaux, par Charles Huot (1855-1930), Québec. Source : Musée des Beaux-Arts de Montréal.
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Les retrouvailles du Québec avec lui-même
Une question me hante l’esprit depuis que j’ai lu le récent ouvrage de Joseph Facal «Quelque chose comme un grand peuple» (Boréal) : est-il possible que des Québécois d’adoption se montrent plus patriotes que certains Québécois de souche ? Observateurs de l’évolution du Québec depuis les quarante dernières années, est-il possible qu’ils soient à l’avant-garde des inquiets et parmi les premiers à tirer la sonnette d’alarme ? Est-il possible que leur amour du Québec, amour sans complexes, sans excuses et sans conditions, les amène à secouer la morosité de leurs compatriotes, ceux-là même qui se laissent paralyser par les bien-pensants qui occultent leur héritage, mutilent leur mémoire et leur interdisent d’espérer ?
Il n’est pas aisé de définir ou de décrire le patriotisme. Il y a tout d’abord les sentiments : attachement ou amour de la patrie, appréciation et compréhension de son histoire, sentiment d’appartenance, solidarité et sentiments fraternels envers les compatriotes, gratitude pour la générosité de leur accueil, fierté devant les réalisations et les succès, inquiétude devant les manquements et les échecs. Il y a également l’action que l’on mène dans le quotidien et qui reflète non seulement la satisfaction ou le bonheur d’avoir pris racine, mais également le désir de contribuer au bien-être de la société, à son progrès et à son prestige.
Le Québécois d’adoption que je suis sait combien le Québec est précieux, non pour tout ce qu’il a offert et continue d’offrir mais pour ce qu’il est et pour ce qu’il représente. Le Québec s’est construit dans la sagesse, il a su se prémunir contre les conflits insensés. Dans les périodes difficiles, alors qu’il était menacé il ne s’est pas abandonné au découragement et a appris à survivre et à durer. Au-delà de la religion, de la langue et de la culture, c’est sa façon d’être que le Québec a préservée et cette façon d’être est unique et admirable.
Conscient ou inconscient, le choix de la sagesse reflète le génie du Québec, mais ce choix ne s'est pas imposé d’emblée, les tentations ont été nombreuses qui auraient pu conduire à des traumatismes collectifs et à de grandes souffrances ; le destin du Québec aurait pu être tragique. Mais cette sagesse n’a jamais été appréciée pour elle-même ni comprise, elle a même été dénigrée et assimilée à l’ambivalence ou au manque de courage.
Sauf exceptions, la sagesse du Québec ne venait pas des élites, lesquelles ont à diverses occasions voulu mener le peuple là où il ne voulait pas aller ; au chant des sirènes et aux reproches des sermonneurs le peuple a su mettre la sourdine.
Pour continuer à agir, la sagesse a besoin de mémoire, non seulement celle qui permet de se représenter le passé mais également celle qui permet de comprendre le présent et préparer l’avenir. Il est difficile de se comprendre et de s’aimer sans mémoire, c’est pourquoi les ingénieurs du changement social radical et les élites se sont entendus pour la brouiller afin de rendre inopérante la sagesse du Québec.
Les élites, les faiseurs d’opinion et les ingénieurs du changement radical ont beaucoup de difficultés à aimer le Québec comme il est, ils ne sont pas les premiers apprentis sorciers à vouloir le chambarder de fond en comble. Leur acharnement obsessionnel reflète leur certitude de détenir la Vérité et leur incapacité à se dégager de l’insignifiance ; nulle sagesse dans leur démarche et surtout nul patriotisme. Ces gens appartiennent à l’internationale de la bêtise et de l’arrogance : plus ils commettent de bévues plus ils cherchent à les reproduire.
La sagesse du Québec est de nouveau menacée, cette fois par les garde-fous institutionnels et juridiques que les élites ont érigés pour entraver le cheminement naturel du peuple québécois. À l’état de droit on substitue l’état de tous les droits, excluant celui d’être fidèle à soi-même. Au peuple qui émerge de quatre siècles de marche on impose la rétrogradation dans un ensemble hétéroclite de sous-cultures. À l’éthique découlant de la foi et des épreuves collectives on substitue le nihilisme postmoderne et la barbarie islamique.
Le Québec est-il en deuil de lui-même ? Sans le savoir et sans l’exprimer, le Québec se cherche ; le regard fixé sur le court terme et sur l’événement il peine à situer sa trajectoire et se révèle impuissant à la corriger. Pour autant, il n’est pas condamné à errer, il lui suffit de renouer avec lui-même, de découvrir sa vraie nature et cette sagesse profonde qui ne l’a jamais égaré. Plus que jamais le Québec a besoin de courage, celui-là même qui consiste à dire NON à la bêtise et à la barbarie.

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Bravo!
Rédigé par : JonathanD | 23/03/2010 à 04:21
Le gens ordinaires, le peuple, sont l'élite de la société québécoise.
Hélas! ses gouvernants dirigent sous le slogan: 'Tasse-toi, monde ordinaire', toi qui es la fine fleur du Québec.
Ce que tu as, on te l'enlève.
'L'affaire du calendrier scolaire', ça me révolte.
Rédigé par : citoyenne | 24/03/2010 à 07:54