Numéro 345345987345987 dans la série : les universités, ces fossoyeurs de la liberté d'expression et de la démocratie.
La journaliste conservatrice américaine Ann Coulter est en visite au Canada pour parler de liberté d'expression. Elle est notamment invitée par les étudiants conservateurs de l'Université d'Ottawa à prendre la parole sur le campus aujourd'hui. François Houle, vice-recteur aux études de l'Université, lui a écrit une lettre (traduction ci-dessous) l'informant qu'elle s'exposait à une inculpation en vertu des dispositions du code criminel sur "l'incitation à la haine".
Mark Steyn, qui a vécu l'expérience du zèle des commissions des droits au pays en vue d'étouffer la liberté d'expression, signe une chronique dans le National Post où il parle du triste état de la liberté d'expression chez nous. Il encourage les lecteurs à écrire à Mr Houle pour lui dire que bien qu'il vive grassement aux frais des contribuables, il ne parle pas pour nous et que sa position méconnaît une héritage juridique de huit siècles de liberté d'expression au pays. Steyn observe avec justesse que l'Université n'a probablement jamais écrit ce genre de lettre à des orateurs de gauche.
Je ne suis pas fan d'Ann Coulter. Mais là n'est pas la question. La lettre pathétique du vice-recteur François Houle de l'Université d'Ottawa montre à quel point en matière de pensée, le contraire de la diversité, c'est l'Uni-versité.
Image : François Houle, un lâche. Téléphone : (613) 562-5800 ext. 5737 ;
Fax : (613) 562-5106 ;
e-mail: francois.houle@uottawa.ca
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La lettre de l'Université d'Ottawa à Ann Coulter
Chère Mme Coulter,Je souhaite néanmoins vous faire savoir, ou peut-être vous rappeler, que nos lois locales, provinciales et fédérales, donnent à la liberté d’expression (ou “libre parole”) un sens quelque peu différent de celui qu’on lui attribue aux États-Unis. Je vous conseille donc de découvrir, si nécessaire, ce qui est acceptable au Canada, et de le faire avant votre visite ici.
Vous vous rendrez compte que les lois canadiennes imposent des limites raisonnables à la liberté d’expression. Par exemple, inciter à la haine contre tout groupe identifiable serait non seulement considéré comme déplacé mais pourrait même aboutir à une inculpation pénale. Hors du domaine pénal, les lois canadiennes sur la diffamation limitent également la liberté d’expression et diffèrent sans doute sensiblement de celles auxquelles vous êtes accoutumée. Je vous demande donc, pendant que vous serez l’invitée de notre campus, de peser vos paroles en gardant à l’esprit nos exigences de respect et de courtoisie.
Il existe au Canada, et notamment dans cette université, une solide tradition de retenue, de respect et d’égards dans l’expression des opinions, même provocantes et sujettes à caution, et je vous prie instamment de respecter cette tradition canadienne sur notre campus. Je suis certain que vous saurez comprendre et admettre que ce qui peut, au premier coup d’œil, apparaître comme d’inutiles restrictions de la liberté d’expression, conduit en fait à des discussions non seulement plus civilisées mais aussi plus riches de sens, plus raisonnées et plus intelligentes.
J’espère que vous apprécierez votre séjour dans notre beau pays, dans notre ville et sur notre campus.
Sincèrement,
Francois Houle,
Provost et vice-recteur aux études, université d’Ottawa
Source : University of Ottawa's letter to Ann Coulter, par François Houle, National Post, 22 mars 2010 Traduction Poste de veille (Merci à mon traducteur)

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Je crois qu'il y a un malentendu ici. Mme Coulter s'en serait pris lors de sa conférence a London, ON à l'administration Obama, les médias de première ligne et les droits des gais.
Rédigé par : Benoit | 23/03/2010 à 21:36
Benoît, critiquer l'administration Obama, même avec force, et critiquer les médias, ce n'est pas de la "haine". Le discours politique est protégé au Canada et partout dans les pays libres et démocratiques. Ce n'est pas illégal.
Je ne suis pas au courant de ce qu'elle a dit sur les droits des gays. Mais aux États-Unis, il y a encore beaucoup d'opposition au mariage de personnes de même sexe. Au Canada, la question était très controversée, et elle l'est encore. Ce n'est pas illégal d'être en désaccord sur ces questions.
Ann Coulter est provocatrice et incendiaire. Je ne l'aime pas beaucoup. Mais lui dire qu'elle s'expose à des poursuites criminelles, c'est complètement farfelu. Aucun procureur de la couronne au Canada ne porterait des accusations d'incitation à la haine pour des débats autour de questions politiques.
Rédigé par : Poste de veille | 23/03/2010 à 23:47