La Déclaration porte sur la laïcité des agents de l'état. Elle rejette le modèle de "laïcité ouverte" promu par les tenants de l'idéologie inter/multiculturaliste comme les auteurs du Manifeste pour un Québec pluraliste, le parti Québec Solidaire, etc.
La Déclaration exige des sacrifices de la majorité, comme le retrait du crucifix de l'Assemblée nationale, qui est vu par les Québécois comme un symbole patrimonial plutôt que religieux. Pourquoi le Québec devrait-il renier son histoire ? Le Québec est une démocratie à maturité et les élus savent fort bien que l'Assemblée est souveraine et qu'elle agit comme mandataire du peuple et non de Dieu. Pour le reste, il s'agit d'une bonne déclaration qui devrait rallier les Québécois.
Les "Intellectuels pour la laïcité" qui sont à l'origine de la déclaration, publiée sur le site Pour un Québec laïque et pluraliste, annoncent qu'un débat public sur les enjeux de la laïcité se tiendra le mercredi 28 avril à 19h à l'auditorium de la Grande-Bibliothèque de Montréal. Prendront notamment la parole Guy Rocher et Me Julie Latour.
Lire aussi :
Québec : Les aspects juridiques de la laïcité, par Me Julie Latour
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Déclaration des Intellectuels pour la laïcité
1. La laïcité est une condition du pluralisme
Pour qu'une société soit authentiquement pluraliste, c'est-à-dire respectueuse de toutes les convictions en matière de religion, il est nécessaire que l'État et ses institutions s'obligent à une totale neutralité à l'égard de ces convictions. Cette neutralité signifie que l'État reconnaît et respecte la liberté de tous les citoyens d'adopter et de propager leurs convictions dans la mesure où cet exercice s'accomplit à l'intérieur des limites des lois de l'État.
La laïcité permet de gérer le pluralisme social sans que la majorité, qui en fait aussi partie, ne renonce à ses choix légitimes et sans brimer la liberté de religion de quiconque. Loin d’être une négation du pluralisme, la laïcité en est l’essentielle condition. Elle est la seule voie d’un traitement égal et juste de toutes les convictions parce qu’elle n’en favorise ni n’en accommode aucune, pas plus l’athéisme que la foi religieuse. Le pluralisme ainsi entendu n’est ni celui des minorités, ni celui de la majorité. Elle est aussi une condition essentielle à l’égalité entre hommes et femmes.
La laïcité dite «ouverte», par contre, s’avère être en pratique une négation de la laïcité de l’État puisqu'elle permet toute forme d’accommodement des institutions publiques avec une religion ou une autre. Elle ne respecte donc pas les principes structurants de la laïcité qui sont la séparation du religieux et de l’État et la neutralité de ce dernier. Les aménagements de cette laïcité «ouverte» convergent avec les objectifs des groupes religieux conservateurs qui cherchent à faire prévaloir leurs principes sur les lois en vigueur. Au mieux, c’est un mode de gestion au cas par cas de la liberté de religion dans la sphère publique, favorisant l’arbitraire, mais ce n’est certainement pas une théorie de la laïcité de l’État.
Pour être neutre, l'État doit se déclarer neutre. Bien que les tribunaux aient statué qu'il n'y avait pas de religion d'État au Québec et au Canada, nos législations souffrent d'un déficit en cette matière puisque la laïcité de l'État n'est nulle part affirmée. Le principe de la séparation des religions et de l'État a été érigé à la pièce par les tribunaux et rien n'empêcherait que ce principe soit un jour déconstruit à la faveur de revendications contraires ou de nouvelles interprétations juridiques. La protection législative de la laïcité est donc essentielle.
2. La laïcité fait partie de l'histoire du Québec
Au Québec, la défense des idéaux laïques ne date pas d'aujourd'hui. En témoigne l'oeuvre de Fleury Mesplet pour la diffusion des Lumières au Canada à la fin du 18e siècle. L’idée de la séparation de l'État et des Églises figurait également dans la Déclaration d’indépendance de 1838 proclamée par les Patriotes. Le principe a par la suite été défendu par l’Institut canadien avec les Papineau, Dessaulles, Doutre et Buies. Plus tard, le premier ministre Adélard Godbout, soutenu par son ministre T.D. Bouchard, tiendra tête à l'Église catholique en accordant le droit de vote aux femmes et en adoptant une loi sur l'instruction obligatoire.
L'affranchissement du joug religieux se retrouve ensuite au coeur du manifeste Refus global qui préfigure la Révolution tranquille. Dans les années 60, c'est le Mouvement laïque de langue française qui portera la cause en réclamant l'école publique laïque. En 1975, le Québec adopte la Charte des droits et libertés qui reconnaît la liberté de conscience et l'égalité des religions, deux notions essentiellement laïques. Et récemment, la déconfessionnalisation des structures scolaires a été complétée.
Si l'idée d'un État laïque est antérieure aux Patriotes, on ne peut donc pas dire que la laïcité est une réaction défensive face aux minorités issues de l'immigration récente. La déconfessionnalisation des institutions publiques s’est faite au nom de la liberté de conscience et du pluralisme. C’est aussi sur ces principes que reposent les actions visant à mettre un terme aux prières dans les assemblées municipales ou encore les demandes de retrait des crucifix des tribunaux, des salles municipales et de l’Assemblée nationale. En aucun cas les droits des minorités ne sont-ils menacés par cette laïcisation; bien au contraire, un grand nombre d'immigrants qui ont fui des régimes autoritaires et théocratiques sont d'ardents défenseurs de la laïcité.
La laïcité fait donc partie du paysage historique québécois et ses acquis récents caractérisent le Québec moderne.
3. La neutralité de l’État comporte des exigences
La neutralité de l'État s'exprime par la neutralité de l’image donnée par ses représentants. Ces derniers doivent donc éviter d'afficher leur appartenance religieuse, philosophique ou politique.
L'idée selon laquelle la laïcité s’impose aux institutions et non aux individus qui y œuvrent est un faux-fuyant conduisant à nier le principe de laïcité. Cette idée n’est d’ailleurs pas respectée dans les aménagements de la laïcité «ouverte». Le rapport Bouchard-Taylor, par exemple, propose d'interdire le port de signes religieux aux juges, aux procureurs de la Couronne, aux policiers, aux gardiens de prison et au président de l'Assemblée nationale parce que leurs postes «incarnent au plus haut point la nécessaire neutralité de l’État». L'État, c'est donc aussi ses agents. Mais en limitant l’interdiction à ces seules fonctions, on établit un double régime au sein même de la fonction publique.
Si les représentants du système judiciaire doivent s’imposer un devoir de réserve quant à l’expression de leurs convictions religieuses aussi bien que politiques, cela doit logiquement s’appliquer à tous les représentants de l’État, a fortiori aux éducateurs qui passent des années avec des enfants de toutes les convictions. L’école publique n’est plus neutre si le corps enseignant ou les membres de la direction affichent ouvertement leur adhésion à une religion ou leur athéisme. Le programme d’Éthique et culture religieuse oblige d’ailleurs les enseignantes et les enseignants à une position de neutralité religieuse; si cette neutralité leur impose de faire abstraction de leurs croyances, cette exigence les oblige logiquement à s’interdire le port de signes religieux.
Le signe religieux étant un langage non verbal qui exprime la foi, les croyances, l’appartenance religieuse et le code de valeurs de la personne qui le porte, il est normal que l'employé de l'État s'abstienne d'un tel discours puisque l'usager des services publics n'a pas à y être soumis lorsqu'il fréquente des institutions par définition neutres. Sans que le signe religieux ne remette en cause le professionnalisme de l'employé, l'affirmation de ses croyances s'avère incompatible avec la nature de sa fonction. Accepter ces signes risquerait par ailleurs de conduire à une surenchère d'expression de convictions qui n'est certes pas souhaitable dans la sphère publique. Et on ne peut faire abstraction du fait que certains des signes les plus ostentatoires représentent pour plusieurs un rejet de l'égalité des sexes qui est une valeur démocratique fondamentale.
D'autre part, l'interdiction de manifester sa foi par des signes religieux durant les heures de travail n'entraîne pas, pour le croyant, la négation de sa foi. Il est fort possible que cet aménagement, qui correspond aux exigences de neutralité du poste convoité, soit tout à fait acceptable par les personnes désireuses de travailler pour l'État. Dans les années 60, les religieux et les religieuses qui oeuvraient dans les établissements de santé et d’enseignement ont accepté d'abandonner leur tenue religieuse pour continuer de travailler dans des institutions qui passaient aux mains de l'État. Cela s'est fait sans que personne n'ait eu à renier ses croyances ni à renoncer à sa liberté de conscience ou à l'exercice de son culte.
Plusieurs jugements de la Cour européenne des droits de l'homme ont reconnu que la liberté de religion telle que définie dans la Déclaration universelle des droits de l’homme n‘allait pas jusqu’à obliger un État à accepter le port de signes religieux de la part de ses employés. Une autre culture juridique, fondée sur les mêmes droits fondamentaux que les nôtres, est donc possible. Mais pour cela, la laïcité de l'État doit être clairement affirmée dans un texte de loi, notamment dans la Charte des droits et libertés pour lui assurer une portée quasi constitutionnelle.
Les Intellectuels pour la laïcité
Daniel Baril, anthropologue et journaliste (UdeM)
Guy Rocher, sociologue (UdeM)
Noyau fondateur:
...lire sur le site Pour un Québec laïque et pluraliste.

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Hege Storhaug, chef du Service des droits humains, parle des étudiants de l’Université d’Oslo qui approuvent l’amputation, la décapitation et les crimes d’honneur
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Une analyse lucide de la terrible efficacité de l’Islam comme système clos, comme système s’auto-perpétuant
El-Behiri a vécu le 11 Septembre au milieu des Américains. Il décrit leur réaction exemplaire suite aux attentats. Dix ans après, il parle des leçons que le monde a tirées au sujet des arabes et des musulmans
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Les institutions publiques peuvent bien être laïques mais l`État lui doit être un État chrétien sinon il n`est qu`une boite vide.
Seulement le jour ou nous assumerons clairement notre christianisme nous aurons alors une chance de nous en sortir!
La religion chrétienne et les Évangiles sont la source de toutes nos lois politiques, civiles et criminelles, de nos rapport communautaires. Le Christianisme est la pierre d`Angle de la société occidentale. C`est parce que le christianisme n`est pas assumé que nous avons tout ces problèmes.
Un État vide et sans assise religieuse solide s`écoulera de lui-même lentement. Tout les grands leaders politiques savent cela! Napoléon le savait et combien d`autres. Seul nos petit gestionnaires d`État - (piètres chef d`État) ne savent pas cela. Si cet État n`est pas chrétien et bien dans 150 ans il deviendra peut-être république islamique pourquoi pas!
Le retour d`une instruction chrétienne a l`école pour ceux qui le veulent serait important. Mais l`État apparatchik crypto-marxiste va vous dire comment penser!
Rédigé par : réaliste | 15/03/2010 à 21:49
À Réaliste,
Je vous cite
"La religion chrétienne et les Évangiles sont la source de toutes nos lois politiques, civiles et criminelles, de nos rapport communautaires..."
Il est important de préciser que le christianisme et à un moindre degré le judaïsme imprègnent la civilisation occidentale à laquelle nous appartenons. L'héritage de l'antiquité égyptienne, grecque et romaine aussi, soit directement soit à travers le christianisme. Notre dette envers la Grèce est immense dans le domaine de la philosophie. Dans le champ du droit nous sommes également redevable à Rome.
La fécondité de la civilisation occidentale s'explique en grande partie par sa capacité à intégrer dans un tout harmonieux les éléments provenant de plusieurs sources.
Le christianisme est bien entendu l'élément le plus important et pour cause, son esprit, ses préceptes et les valeurs qu'il incarne ne s'inscrivent pas uniquement dans les champs de la pratique religieuse et des relations entre croyants, ils ont été en quelque sorte laïcisés ce qui leur a permis d'inspirer nos constitutions, nos chartes des droits et la Déclaration Universelle des droits de l'homme. L'esprit sous-jacent à l'état providence doit beaucoup au christianisme.
C'est un peu comme si le christianisme s'était dépassé lui-même se dégageant du divin pour devenir totalement humain.
Moi j'y vois un succès remarquable et une garantie de pérennité.
Je vous cite encore.
"C`est parce que le christianisme n`est pas assumé que nous avons tout ces problèmes."
Je crois que notre adhérence (religieuse ou laïque peu importe) aux préceptes chrétiens de charité et de fraternité nous a amené à accueillir les immigrants et les réfugiés. Face à l'agressivité déclarée des islamistes nous nous sommes montrés très chrétiens en tendant plus d'une fois l'autre joue et en faisant publiquement notre examen de conscience. C'est peut-être par "excès" de christianisme que nous avons agi ainsi oubliant que Jésus-Christ a su en son temps dénoncer sans équivoque la malveillance et l'hypocrisie.
Jésus-Christ a ordonné de pardonner et d'aimer ses ennemis, pas de les laisser avoir le dessus, la foi chrétienne n'est pas un pacte de suicide.
Autrement dit ce n'est pas par manque de christianisme que nous avons tous ces problèmes. C'est plutôt par manque de GROS BON SENS.
C'est pourquoi il incombe aux femmes et aux hommes de nos pays d'insuffler le GROS BON SENS dans la tête de nos dirigeants.
Hélios d'Alexandrie
Rédigé par : Hélios d'Alexandrie | 16/03/2010 à 01:26
La personne laique est celle qui ne fait pas partie d'un clergé, d'un ordre sacré.
Elle gère les choses profanes: affaires économiques, politiques, sociales, sanitaires, etc. etc....
Ca ne l'empêche pas d'être inspirée par sa foi. Elle n'agira jamais, cependant, au nom du collège apostolique romain lorsqu'elle prendra une décision d'affaires, par exemple.
Voici ce que je pense au sujet de l'islam:
1) j'agirais au niveau de l'immigration, par prudence et à cause du gros bon sens
2) j'affirmerais, sans complexe d'infériorité, les valeurs de ma société. Je cesserais de dealer constamment en ce qui les touche tout comme le font les parents qui estiment que certaines valeurs ne sont pas ou ne sont plus négociables dans leur famille. Ces valeurs sont celles de la Déclaration universelle des droits.
3) j'en appellerais au sens des responsabilité des immigrants. Ils ont le devoir de s'intégrer dans la société dans laquelle ils ont choisi de vivre. C'est ce que je ferais moi-même si j'allais vivre dans un autre pays. Les immigrants que je connais sont devenus des canadiens et ils sont devenus mes amis.
Rédigé par : citoyenne | 17/03/2010 à 07:20