Un débat a lieu dans le National Review sur la distinction entre islam et islamisme, dans la foulée de l’embauche par le département américain de la Justice d'avocats ayant représenté des détenus de Guantanamo (le « barreau de Gitmo ») ; le procureur général Eric Holder avait refusé d'identifier sept d'entre eux («les sept d'Al Qaeda »). Sont-ils pro-islamistes ? Pour plusieurs Américains, durant la Seconde guerre mondiale, le département de la Justice n'aurait pas embauché des avocats ayant représenté des nazis.
Dans son article ci-dessous, Andy McCcarthy renvoie à un article dans lequel Charles Krauthammer reproche à Geert Wilders d’être un extrémiste parce qu’il confondrait islam et islamisme. McCarthy conteste la position de Krauthammer et plaide qu’il n’y a pas une division claire et tranchée entre les adeptes d’un islam politique et suprématiste, et les autres musulmans.
En fait, la distinction entre islam et islamisme est artificielle ; elle émane des Occidentaux et elle est rejetée par le monde islamique, du moins à l’extérieur de l’Occident. Le premier ministre turc Erdogan s’est d’ailleurs déjà insurgé contre l’expression « islam modéré », disant qu’il n’y a qu’un seul islam.
Dans cette vidéo, le groupe Keep America Safe dit que l'embauche par Eric Holder d'avocats soupçonnés de sympathies envers l'idéologie islamiste subversive menace la sécurité de l'Amérique :
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Le « barreau de Gitmo » est-il pro-islamiste ?, par Andy McCarthy
[...] L’islamisme est une idéologie bien plus étendue et bien plus répandue (en terre d’islam) que ne le laisseraient penser les commentaires étonnamment mal informés de Charles Krauthammer il y a environ une semaine (voir ces commentaires ici ; la réaction de Mark Steyn, avec laquelle je suis d’accord, est ici). Les terroristes djihadistes sont un sous-ensemble des islamistes, mais si beaucoup d’islamistes ne sont pas d’accord avec les moyens employés par les terroristes, ils sont pour l’essentiel du même avis qu’eux en ce qui concerne les objectifs poursuivis.
Les islamistes sont des musulmans qui voudraient voir instaurer la charia (la loi islamique). C’est la condition préalable nécessaire à l’islamisation d’une société. C’est l’objectif du djihad. Les terroristes veulent aboutir à l’instauration de la charia par la force, en menant un djihad violent ; d’autres islamistes ont des opinions diverses quant à l’intérêt de la violence, mais ils veulent eux aussi la charia, et leur djihad met en œuvre des tactiques autres que la violence. C’est avec réticence que j’utilise le terme « islamisme » au lieu d’islam, parce que je crois que des centaines de millions de musulmans (quelque part entre le tiers et la moitié des 1,4 milliards de musulmans du monde) ne souhaitent pas vivre sous la charia et veulent que la religion demeure une affaire privée, séparée de la vie publique. Je me demande d’ailleurs bien pourquoi ces gens sont musulmans puisque, si je comprends bien l’islam, (a) la charia en est un élément fondamental, et (b) l’islam rejette la séparation de la mosquée et de l’état. Mais je ne suis pas musulman, et mon avis ne compte pas. Je pense que nous devons encourager les musulmans « non-charia » et leur donner de l’espace pour tenter de réformer leur religion, et c’est donc à mon avis une bonne chose que d’appeler « islamistes » ceux qui veulent la charia, pour faire le tri. Mais j’admets que ça me perturbe beaucoup parce que je concède que ce sont les islamistes qui ont le modèle le plus cohérent (et le plus effrayant) de l’islam. Nous n’encouragerions pas la réforme si nous pensions vraiment que l’islam est excellent tel qu’il est.
L'expression « les sept d’Al-Qaeda » me rappelle une autre expression de langage juridique courant : « les avocats de la pègre ». C’est une expression très répandue, tout le monde l’emploie. Je parierais que beaucoup des avocats de Gitmo au département de la Justice l’ont utilisée ou ont participé à des conversations où elle était prononcée sans difficulté et sans objection par d’autres procureurs. « Les avocats de la pègre » sont des avocats qui représentent régulièrement des membres et des associés de la mafia. C’est tellement connu que c’est le nom que se donnent eux-mêmes ces avocats. Ce n’est qu’un mot, ça ne veut pas dire que les gens qui utilisent cette expression ne voient pas la différence entre des mafieux qui commettent des crimes haineux et les avocats qui les représentent. C’est la même chose avec « les sept d’Al-Qaeda ».
Ce point a donné lieu à beaucoup de commentaires spécieux, notamment de la part de personnes habituellement mieux inspirées. Ainsi, Paul Mirengoff, qui est d’ordinaire intelligent, s’indigne : « Il est parfaitement déplacé de donner à penser que ces avocats partagent les mêmes valeurs que les terroristes ou de surnommer les sept avocats du département de la Justice les sept d’al-Qaeda ». Les valeurs des terroristes. Quelles valeurs ?
Les djihadistes considèrent comme normal de massacrer des innocents pour forcer à l’instauration de la charia, ce qui ouvre la voie à l’islamisation de la société. Personne ne croit un instant, ou n’a même suggéré, que les avocats américains d’Al Qaida partagent cette idéologie. Mais les terroristes djihadistes, et l’idéologie islamiste en général, considèrent que les États-Unis sont la source de tous les maux du monde, qu’ils sont le cœur même de l’exploitation capitaliste des dépossédés de la société, et qu’il faut les transformer de manière fondamentale.
C’est pourquoi, comme je le démontre dans un livre à paraître au printemps, l’islam et la gauche collaborent si étroitement. Ils ne sont pas d’accord sur la totalité des moyens ou des objectifs. En fait, les islamistes eux-mêmes ne sont pas d’accord entre eux quant aux moyens. Mais avant de pouvoir imposer leurs utopies, islamistes et gauchistes ont un ennemi commun à faire tomber : la tradition constitutionnelle américaine d’une société fondée sur la liberté individuelle, où le gouvernement est le serviteur du peuple et non son maître. Il est absolument évident que de nombreux avocats progressistes se tournent vers la cause djihadiste parce qu’ils partagent cette idée que la politique américaine doit être condamnée et qu’il faut modifier radicalement les États-Unis.
Cela ne veut pas dire que tout avocat soit inutilisable. Mais cela met en évidence la faille qui partage le débat essentiel de notre vie, celui qui définira quel type de société nous allons avoir. Et ce contexte politique fait des choix de chacun une cible légitime. Si des avocats choisissent d’offrir leurs services à l’ennemi en temps de guerre, ils sont du mauvais côté de la faille, et personne ne devrait se sentir gêné de le dire.
— Andrew C. McCarthy est senior fellow au National Review Institute et l'auteur de Willful Blindness: A Memoir of the Jihad (Encounter Books, 2008).
Source : Is the Gitmo Bar Pro-Islamist?, par Andy McCarthy, NRO, 13 mars 2010 Traduction partielle par Poste de veille (Merci à mon traducteur)



Hélios d’Alexandrie nous présente le père Botros et son travail de déconstruction de l'islam, la doctrine qui fait de ses compatriotes musulmans des persécuteurs des chrétiens d'Égypte. Son émission de télévision est suivie par des millions de musulmans et sa tête a été mise à prix.

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