Je vous ai présenté Hélios d'Alexandrie ICI.
Aujourd'hui, Hélios réagit à deux chroniques récentes de Lysiane Gagnon de La Presse sur le port du niqab, à savoir : Du bon sens à l'intolérance et Le péril musulman.
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Le péril journalistique
Madame Gagnon aurait pu se contenter d’étayer ses arguments ; elle aurait pu également suggérer une approche différente du problème, histoire d’élever le niveau du débat et contribuer par ses idées à favoriser l’émergence d’une solution satisfaisante. Mais elle a choisi d’y aller différemment : dans un premier article elle a fait un parallèle entre les porteuses de niqab et les danseuses nues dans les bars ; pourquoi interdire l’un et pas l’autre puisqu’il s’agit dans un cas comme dans l’autre d’une dégradation de la femme ? Elle ne se prive pas non plus de comparer le niqab au vêtement des religieuses ou à celui que portent certaines femmes vivant en communauté fermée. Pourquoi interdire l’un et tolérer les autres ? Il y aurait donc selon elle de la discrimination dont les musulmanes portant le niqab seraient la cible.
Madame Gagnon prend pour acquis que ses lecteurs souffrent d’une carence profonde de sens critique à l’égard de ce qu’elle écrit. Examinons de près chacun de ses arguments : qu’arriverait-il si une danseuse s’avisait de faire un striptease durant un cours donné au CEGEP ? Ou si elle décidait d’effectuer son numéro dans la rue ou dans le métro à l’heure de pointe ? Ou si la danseuse recyclée en fonctionnaire exigeait de travailler dans le plus simple appareil dans les bureaux du gouvernement ? Trouverait-elle en Lysiane Gagnon une avocate ardente de son droit sacré à la nudité ? Qu’arriverait-il si une religieuse travaillant dans un hôpital décidait de se voiler la face complètement ? Ou si en tant que patiente elle refusait de se faire examiner par un homme ? Aurait-elle droit à des accommodements ou se ferait-elle mettre à l’ordre par les supérieures de sa communauté ? Autre question : qu’arriverait-il si une femme non-musulmane décidait de porter en public une cagoule et exigeait de se faire servir dans cet accoutrement ?
Il ne faut certes pas trop en demander à Lysiane Gagnon, son but n’est pas de débattre sérieusement mais de jeter de la poudre aux yeux en usant de comparaisons bancales. On pourrait bien lui rétorquer que si les femmes se contentaient de porter le niqab à la maison ou à la mosquée, personne n’y trouverait rien à dire, car si l’on veut s’en tenir à sa comparaison, la mosquée ou le centre islamique est à la musulmane portant le niqab ce que le bar érotique est à la stripteaseuse.
Dans un second article, Lysiane Gagnon tourne en dérision de ce qu’elle appelle « le péril musulman » ; elle souligne ainsi l’irrationalité, l’hystérie selon ses mots, du débat concernant le port du niqab. Elle fait le parallèle avec le « péril jaune » d’autrefois, mais là encore sa comparaison est bancale et n’a pour but que de faire passer l’opposition au niqab pour une phobie s’apparentant au racisme. Selon elle, le danger d’une telle attitude collective est d’incommoder la communauté musulmane d’Afrique du Nord laquelle est appelée à augmenter avec le temps.
Caricaturer la réaction du public québécois mais aussi celle du public canadien l’exempte de l’obligation de faire une analyse sérieuse du phénomène de l’islamisme et des graves problèmes qu’il génère partout où il s’implante. Pour elle le danger ne vient pas de l’idéologie islamiste mais de la réaction des Canadiens à son égard, un peu comme les pacifistes des années trente pour qui le danger ne venait pas d’Hitler mais de Churchill.
Madame Gagnon ne s’est pas donné la peine d’analyser le phénomène du voile islamique en Europe. La corrélation est frappante entre d’une part le nombre de femmes voilées et d’autre part la ghettoïsation des musulmans, l’émergence de zones de non-droit, le refus de l’intégration, les agressions contre les femmes non-voilées, les attaques contre les non-musulmans ou les musulmans non-pratiquants, les agressions contre les homosexuels, l’antisémitisme, l’antichristianisme etc. Cette corrélation indique un lien étroit entre tous ces phénomènes, ils partagent d’ailleurs un dénominateur commun, l’islamisme, et un objectif commun, le rejet de la société d’accueil.
Le public canadien a-t-il raison de s’inquiéter ? Lysiane Gagnon ne se pose pas la question, elle dénonce haut et fort l’inquiétude, la tourne en dérision et ne trouve curieusement rien à dire contre la source de l’inquiétude. Les fractures sociales et les communautarismes en Europe ne l’inquiètent pas, comme si le Québec et le Canada devaient miraculeusement échapper aux graves problèmes qui secouent le vieux continent.
Une question légitime me vient à l’esprit : est-il possible que Lysiane Gagnon soit à ce point ignorante des problèmes associés à l’islamisme et au voile islamique ? Si elle l’est, c’est qu’elle fait preuve d’un manque flagrant de curiosité et de connaissances incompatible avec la position qu’elle occupe à La Presse. Si au contraire elle ne l’est pas, c’est qu’elle cherche à désinformer et à manipuler délibérément ses lecteurs pour leur faire accepter l’inacceptable.

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