Je vous ai présenté Hélios d'Alexandrie ici.
Aujourd'hui, Hélios nous parle de la profonde vulnérabilité de l'islamisme, et de l'empressement de ses adeptes à coloniser l'Occident avant l'épuisement, dans une trentaine d'années, de la manne pétrolière qui le nourrit.
S'il n'y avait pas l'argent du pétrole, qui amène nos dirigeants et intellectuels à s'incliner devant cette idéologie liberticide, l'islamisme s'écroulerait comme un château de cartes. Ce n'est pas l'islam que les Occidentaux doivent craindre, mais la lâcheté de nos élites prêtes à vendre l'âme de la démocratie pour quelques dollars. L'histoire les jugera sévèrement.
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J’aimerais partager avec les lecteurs mes perceptions en ce qui concerne le problème que pose l’islam au monde occidental.
La peur ressentie par nombre d’Occidentaux face à l’islam est fondée, cette peur toutefois les empêche de prendre conscience qu’en contrepartie, du côté des islamistes, il existe une peur de l’Occident qui, à l’évidence, est plus grande et plus profonde.
La peur des Occidentaux s’explique par la démographie galopante des musulmans et la diffusion de l’idéologie totalitaire des intégristes.
La peur des musulmans "modérés" (entendre par là les islamistes "pacifiques"), c’est de voir l’islam perdre toute pertinence en tant que source de la législation, mode d’organisation de la société et code de vie. Contrairement au christianisme, dont les préceptes imprègnent le psychisme même chez ceux qui l’ont abandonné, l’islam dégarni de ses contraintes rituelles et de son code de vie laisse peu d’empreintes dans l’esprit des gens. Car l’islam est essentiellement une religion faite de conformismes, elle laisse peu de place à l'éthique personnelle et à la spiritualité, et bien qu’il existe un mysticisme musulman, il est davantage tributaire du christianisme que de l’islam.
La conscience individuelle tient peu de place dans l’islam ; le musulman est celui qui se conforme aux directives précises en ce qui concerne la prière, le jeûne, le pèlerinage, les interdits alimentaires, les relations sexuelles et les gestes de purification. Accomplir les obligations et respecter les conditions de pureté cultuelle qui en garantissent la validité est l’expression même de la soumission à Allah dont les prescriptions, émanant de sa sagesse infinie, ne peuvent en aucun cas être questionnées. D’emblée, la foi musulmane interdit de penser. J’en veux pour exemple l’interdiction du vin et des boissons alcoolisées, en boire constitue une transgression de la loi divine. Cependant après la mort, les pieux musulmans qui accèdent au paradis peuvent boire du vin à volonté, il y a même des ruisseaux de vin qui coulent pour eux à perpétuité. Cette évidente contradiction ne pose aucun problème au musulman, si la vue d’une bouteille de vin peut provoquer chez lui une réaction de révulsion, en revanche il n’éprouvera aucun sentiment de culpabilité en s’imaginant levant le coude au paradis !
Cette interdiction de penser est source de confort psychologique, c’est le bénéfice immédiat de l’adhésion à cette religion. Il s’opère alors une sorte d’anesthésie de la conscience, le croyant, pour peu qu’il se conforme aux prescriptions, accède à la quiétude morale. Sa vie durant il s’évertuera à demeurer dans cette zone de confort que j’appellerai "le jardin d’Éden musulman".
Cependant le cadre de la vie moderne et sa complexité ont ouvert des brèches dans la clôture du "jardin d’Éden" ; les musulmans se sont mis à penser, ils ont aussi sauté la clôture, sont allés regarder du côté de l’Europe, se sont posés des questions et ont commencé à douter. Du coup, la fragilité de l’édifice a été mise en lumière, de la fin de la première guerre mondiale jusqu’au choc pétrolier des années 70, le monde musulman semblait avoir pris le virage de la modernité, on ne rencontrait aucune femme voilée en public, les femmes s’habillaient à la mode du jour et portaient des bikinis sur la plage, la mixité dans les écoles et dans les transports en commun était totale, les relations hommes femmes se libéraient graduellement du carcan de la famille et de la tradition, la prière, le jeûne et les tabous alimentaires étaient de moins en moins observés, le mode de vie à l’occidentale était la norme.
Parallèlement à cette modernisation la réaction islamiste prenait place en Égypte dès les années vingt, l’organisation des Frères musulmans a vu le jour aux lendemains de la libération des femmes, elle est demeurée longtemps en marge de la scène politique, la démocratie libérale ayant durant plus de trente ans réussi à détourner l’électorat de la tentation totalitaire que ce mouvement incarnait et incarne toujours.
Avec le rétroscope, on peut aujourd’hui affirmer que l’islam s’atrophiait graduellement, même si l’attachement à la religion persistait, l’évolution semblait irréversible. Que s’est-il alors passé ? D’où est venu ce renversement de vapeur qui a fait basculer le monde musulman dans l’intégrisme ? La réponse à cette question n’est pas simple, plusieurs facteurs ont probablement interagi dans le processus, il est possible d’évoquer quelques hypothèses :
- La démographie galopante et les problèmes économiques ont rendu le mode de vie à l’occidentale de moins en moins accessible à la majorité de la population, d’où le ressentiment face à ce mode de vie et à ceux qui l’incarnaient.
- La modernisation apparente était superficielle, elle ne s’était pas accompagnée d’une véritable modernisation des schémas de pensée. Les écoles et même les universités se préoccupaient uniquement de bourrage de crâne, les sciences au même titre que le coran étaient apprises par cœur, la curiosité intellectuelle, les idées et l’innovation sont demeurées restreintes.
- La lenteur et la difficulté rencontrées par certains pays tel que l’Égypte, la Syrie , l’Irak et l’Iran à se réapproprier leur passé et à en faire, en dehors de l’islam, un élément significatif d’identité culturelle.
- L’absence de démocratie, les régimes à parti unique, les restrictions sur la liberté d’expression, le non respect des droits et libertés et la répression politique ont décimé l’opposition démocratique, laissant le champ libre à l’opposition religieuse qui en a largement profité.
- La persistance à l’intérieur des régimes à parti unique de mesures de discrimination à l’égard des minorités religieuses particulièrement chrétiennes et généralement associées à l’Occident.
- La propagande antioccidentale de source gouvernementale, particulièrement dans les pays arabes professant le socialisme d’état et l’anticolonialisme.
- La défaite arabe à la guerre des six jours en juin 1967 laquelle a exacerbé le sentiment d’humiliation et d’impuissance face à Israël considéré comme avant-poste du monde occidental en terre d’Islam.
- Le choc pétrolier, le spectacle de la dépendance de l’Occident à l’égard du pétrole et l’enrichissement des monarchies pétrolières ont procuré aux musulmans un sentiment de puissance. Les pétrodollars, en particulier ceux provenant de l’Arabie Saoudite, ont alimenté les mosquées, les madrasas, les associations islamiques caritatives, la propagande, le prosélytisme islamique et ont financé les partis islamistes.
De tous ces éléments, le plus important est probablement l’argent du pétrole. Sans ressources financières, l’islamisme n’aurait jamais dépassé le niveau d’un mouvement minoritaire.
La table était mise pour la réaction islamique. Munie de ressources financières presque sans limite et portée par le ressentiment qu’elle alimentait contre tout ce qui est occidental, elle a réussi en moins de deux décennies à asseoir son emprise sur le monde musulman en réussissant entre autres à nouer des ententes de non agression et de collaboration avec les régimes pseudo-laïcs que naguère elle dénonçait.
À l’avantage stratégique, la réaction islamique a joint des manœuvres tactiques efficaces alternant et mélangeant l’intimidation à la séduction pour faire rentrer dans le bercail les brebis égarées, la mesure de loin la plus spectaculaire consistait à voiler les femmes. La minorité s’est voilée par conviction ou par fanatisme, la majorité par conformisme sous la pression "sociale" ou comme en Algérie, sous la menace.
La tactique la plus efficace consistait à ramener les musulmans dans "leur jardin d’Éden", en fait une opération à deux volets : le premier consistait à dénigrer le mode de vie occidental, à mettre en relief l’absence de valeurs morales des Occidentaux et à menacer de l’enfer ceux qui s’y conformaient. Le second consistait à endoctriner les gens et leur inculquer l’observance la plus stricte des obligations et des interdits comme seule voie pour accéder au statut de bon musulman et ainsi mériter le paradis.
La réaction islamique a réussi à encapsuler les musulmans, mais les islamistes ne sont pas pour autant rassurés, ils savent que l’édifice de l’islam reste fragile, l’argent qui coule à flot ne tardera pas à manquer dans une trentaine d’années, les pays musulmans tirant de l’arrière dans tous les domaines ne pourront pas opposer de résistance efficace contre les avancées de la civilisation occidentale. Les ressources pétrolières taries, les monarchies obscurantistes d’Arabie et du Golfe retourneront à leurs dromadaires ; l’islam intégriste qui se nourrit de coran et de pétrodollars aura de la difficulté à se maintenir à l’aide du seul coran. Par conséquent, pour les islamistes il n’y a pas de temps à perdre, la fenêtre d’opportunité de trente ans doit être exploitée pour établir l’islam d’une manière définitive. La seule avenue qui s’offre est d’islamiser l’Occident pour enrayer le danger à sa source. Les facteurs aidant sont de nature démographique, l’immigration et la natalité musulmanes couplées à la dénatalité occidentale. Les facteurs déterminants sont le prosélytisme à outrance et l’exploitation de l’ouverture et de la tolérance de l’Occident pour le paralyser en attendant de lui imposer le programme islamique et la charia.
Certains expansionnismes naissent de la peur. L’expansionnisme islamique actuel est de ceux-là, même s’il se nourrit des fantasmes des invasions musulmanes du septième et du huitième siècle. Le danger qui guette la civilisation occidentale n’a d’égal que sa difficulté à le reconnaître et à y faire face d’une façon méthodique et structurée. Si le seul fait de reconnaître ouvertement que l’islam pose un problème éveille autant de réactions émotives, à quoi devrions-nous nous attendre si l’on proposait concrètement des avenues de solution au problème ?

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Comme toujours de la part d'Hélios d'Alexandrie, excellente analyse. Certains points me semblent discutables (mon sentiment est que l'esprit de l'islam reste profondément ancré chez la plupart des musulmans même quand ils se sont détachés de son aspect rituel, et cela me rend plus pessimiste qu'Hélios ; peut-être ce sentiment est-il dû aussi au fait que je vis en Europe, dans une capitale dont plus du tiers de la population est déjà musulmane), mais dans l'ensemble je pense que cet article décrit bien la situation, avec une grande lucidité.
Rédigé par : botchan | 15/04/2010 à 06:38
À botchan,
Tout d'abord merci pour votre appréciation. J'aimerai citer un passage de votre commentaire: "...mon sentiment est que l'esprit de l'islam reste profondément ancré chez la plupart des musulmans même quand ils se sont détachés de son aspect rituel, et cela me rend plus pessimiste qu'Hélios..."
Je crois qu'un éclaircissement s'impose ici. Il est évident que l'islam corrompt l'esprit des gens et cette corruption est proportionnelle au degré de fondamentalisme dont les personnes sont affectées. Mais il y a également un autre élément à relever, celui de l'esprit de parti inconditionnel dont tout musulman doit faire preuve envers sa religion et sa communauté, c'est l'esprit tribal résumé dans cette phrase: "moi et mon frère contre mon cousin, moi et mon cousin contre l'étranger", cet esprit de clan fait partie des obligations religieuses, Mahomet lui-même a décrété que le devoir de tout musulman est de soutenir activement tout autre musulman même s'il fait preuve d'injustice.
Les musulmans qui se veulent observants sans verser dans le fanatisme doivent s'en remettre entièrement aux autorités religieuses dont les décrets ciblent jusqu'aux simples gestes de la vie quotidienne. Ces musulmans sont conditionnés à ne pas user de leur jugement, Allah et Mahomet ont tout prévu il y a quatorze siècles, leurs commandements sont scrupuleusement transmis par les imams et les juristes.
Mais il est utile de préciser que ces commandements ne touchent pas la conscience profonde, elles ne sont opérantes que dans le contexte d'une société islamique fermée, ils n'ont aucune emprise sur les musulmans laïcs ou non-pratiquants, en particulier ceux qui ont développé leur esprit critique.
Demandez à un musulman pratiquant pourquoi il doit prier cinq fois par jour, demandez-lui pourquoi la femme adultère doit être lapidée et il ne saura quoi vous répondre à part qu'Allah l'a ainsi commandé et qu'il faut observer son commandement. Il en va de même pour toutes les obligations, si bien qu'un musulman finit par ne plus réfléchir par lui-même. L'éthique islamique est imposée, elle est extérieure elle n'est pas intériorisée, elle ne structure pas la conscience individuelle.
Quatorze siècles de tyrannie islamique ont eu des effets désastreux sur les populations musulmanes. Jusqu'à ce jour aucun pays musulman ne peut être considéré comme avancé et n'eût été du progrès apporté par l'occident sur tous les plans, ils se retrouveraient dans un état grave de sous-développement.
La dette que les pays musulmans ont à l'égard de l'occident est immense, elle provoque non de la reconnaissance mais du ressentiment et même de la haine de la part des musulmans. Ils s'expliquent par le sentiment d'échec refoulé, cet échec est celui de l'islam, tout musulman même non-pratiquant ne peut que se sentir profondément honteux et humilié par cet échec d'où le ressentiment à l'égard des pays avancés, or ils sont majoritairement occidentaux et chrétiens.
Les musulmans pratiquants ou laïcs qui émigrent vers les pays occidentaux portent avec eux ce sentiment de honte et d'humiliation, d’où cette impression de malentendu ou de crise permanente entre les immigrés musulmans et le reste de la société. Les musulmans laïcs ne sont pas nécessairement conscients de leurs sentiments refoulés sauf certains comme les immigrants d’origine berbère qui abandonnent l’islam et qui reconnaissent à postériori les effets néfastes de cette religion.
Tôt ou tard les musulmans devront faire leur examen de conscience, il ne leur sert à rien de coloniser les pays occidentaux où ils ne font que créer des enclaves qui sont autant de foyers de sous-développement et de violence, à moins qu’ils n’entretiennent le rêve de détruire la civilisation occidentale pour se libérer de la honte et du sentiment d’échec.
Hélios d’Alexandrie
Rédigé par : Hélios d'Alexandrie | 15/04/2010 à 16:07
Merci Hélios pour cet excellent texte.
Sans avoir votre culture et vos connaissances sur le sujet, j'avais eu moi aussi cette impression que l'islamisme était fondé sur un sentiment de peur et d'infériorité face à l'Occident en lisant une courte biographie de Sayyid Qutb, un des maîtres à penser de plusieurs islamistes modernes.
Rédigé par : JonathanD | 16/04/2010 à 04:42
À JonathanD
Merci pour votre commentaire et félicitations pour votre intérêt sur la question de l'islamisme. J'espère que les gens seront de plus en plus nombreux à s'y intéresser et à prendre conscience des calamités que cette idéologie totalitaire réserve au genre humain.
Hélios d'Alexandrie
Rédigé par : Hélios d'Alexandrie | 17/04/2010 à 19:36
Je découvre votre bel article en 2010. Toujours on ne peut plus d'actualité. Merci pour ce texte clair qui devrait illuminer les esprits de nos pleutres zélites élues qui cèdent au lobby musulman. Finiront t'ils aux poubelles de l'Histoire, comme vous l'indiquer ? Rien n'est moins sûr. Vous le dites, le combat est ici et maintenant.
Rédigé par : Duchnock | 02/06/2010 à 05:30