Ross Douthat signe une chronique dans le New York Times sur la censure de South Park en raison des menaces proférées par de jeunes musulmans contre les créateurs de ce dessin animé. Il y voit le signe de la pourriture de nos institutions.
Il est temps de nous ressaisir et d'affirmer qui nous sommes.
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Même pas dans South Park ?
Mais il reste que l’affaire « South Park » est en un sens particulièrement éclairante. Non parce qu’elle nous apprend quoi que ce soit de nouveau sur les limites que les écrivains et animateurs n’ont tout d’un coup plus le droit de franchir. Mais parce qu’elle nous rappelle que l’islam est sans doute le seul domaine où des limites soient tracées.
Sur 14 années de diffusion, aucune icône n’a échappé à l’éreintement par « South Park », aucune veine d’humour à scandale (sexuel, scatologique, blasphématoire) n’a été laissée inexploitée. En des temps moins blasés, ses créateurs auraient été les légitimes héritiers d’Oscar Wilde ou Lenny Bruce, avec les risques qu’ils prennent souvent pour tailler en pièces les vaches sacrées de la culture.
Mais, à notre époque, les sacrilèges de Parker et Stone, même les plus débridés, se fondent dans le paysage. Dans un pays où le dernier film à succès, « Kick-Ass », met en scène une petite fille de 11 ans habillée en appât pour pédophile, qui crache des obscénités et étripe les méchants, il n’y a pas beaucoup de place pour une véritable transgression. Notre culture a peu de tabous inviolables, et notre classe dirigeante a dans une large mesure cessé de vouloir imposer des normes.
Sauf lorsqu’il s’agit de l’islam. Là, des normes sont instaurées sous la menace et acceptées au nom d’un mélange d’instinct de conservation et de mépris pour soi-même.
Voilà à quoi ressemble la décadence : une vulgarité frénétique qui jette « courageusement » aux ordures ses propres valeurs et traditions puis cède promptement devant le totalitarisme et la force brute.
Heureusement, les totalitaires potentiels sont probablement trop marginaux aujourd’hui pour en profiter à fond. Nous ne sommes pas dans l’Allemagne de Weimar, et la frange radicale de l’islam est encore une frange, pas encore un ennemi existentiel.
Nous devrions en être reconnaissants. Parce que, si une frange violente est capable d’inspirer tant de couardise et d’autocensure, on peut penser que nos institutions sont assez pourries pour qu’un adversaire plus solide parvienne à les faire s’écrouler.
Source : Not Even in South Park? , par Ross Douthat, New York Times, 25 avril 2010 Traduction d'extrait par Poste de veille (merci à mon traducteur)

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Bonjour,
Puis-je reprendre ce billet sur mon blog suisse?
http://auxfrontieresdelextreme-centre.blog.tdg.ch
Rédigé par : Carlitos de Unmauno | 28/04/2010 à 05:59
Bien sûr, avec mention des sources. Merci !
Rédigé par : Poste de veille | 28/04/2010 à 11:35