Extrait d'une interview de Xavier Lemoine, vice-président du Conseil national des villes et maire de Montfermeil. Il appelle les élus de banlieue à un débat sur les dérives orchestrées par des courants islamistes.Prise de conscience salutaire ?
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Certains de vos confrères disent que le département de la Seine-Saint-Denis est au bord de l’explosion.
Je suis d’accord sur le constat, mais je diverge sur les causes de cette dégradation de la situation. Certains élus mettent cela sur le compte d’un « désengagement » de l’État. Je conteste cette analyse. Douze milliards d’euros ont été engagés par l’État dans le cadre de la rénovation urbaine. Ce programme piloté par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) est la plus belle machine de renouvellement du territoire que l’on ait jamais connue. Le travail dans nos quartiers avance et les résultats crèvent les yeux.
Quelles sont alors, selon vous, les raisons de cette dégradation du climat ?
Posons-nous honnêtement la question : pourquoi les milliards injectés depuis des années dans les banlieues n’ont-ils pas produit les effets escomptés ? J’estime que nous sommes confrontés à une dérive communautariste organisée qui ne cesse de gagner en efficacité, en visibilité et affaiblit la portée de toutes les politiques publiques.
Cette dérive procède de l’islam politique, elle est l’œuvre de courants minoritaires mais déterminés et organisés. Progressivement, ils reprennent en main les populations pour leur faire adopter des comportements qui les éloignent du vivre ensemble. Si l’on refuse de répondre à ce défi, les politiques de la ville sont condamnées à échouer.
Depuis trente ans, nous avons rompu avec notre modèle d’intégration qui est celui de l’assimilation. Au nom du droit à la différence, on a laissé tout faire, incapables de fixer les moindres exigences aux populations accueillies. Il faut traiter les dysfonctionnements économiques, sociaux et urbains. Mais ceux-ci ne sont pas la cause du mal des banlieues. Ils sont la conséquence d’un problème de fond d’ordre culturel.
Source : Xavier Lemoine : «Le problème de fond est d’ordre culturel», La Croix, 2 juin 2010

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