Si le ridicule tuait, il y aurait une hécatombe à Téhéran...
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Le Canada n'acceptera pas de recevoir de leçons sur le respect des droits de l'homme d'un pays qui condamne ses citoyens à la lapidation, a déclaré mercredi une porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères.
C'est la réponse du Canada aux critiques de l'Iran quant au traitement des manifestants par la police lors du sommet du G20 à Toronto, en juin. Le Chargé d'Affaires du Canada en Iran a reçu mercredi un appel de responsables du gouvernement iranien, qui lui ont rappelé l'engagement international du Canada à permettre les manifestations pacifiques, selon le site Internet du réseau d'information iranien Press TV.
Cette salve diplomatique, qui apparaît comme une riposte aux critiques répétées du Canada à l'égard du bilan des droits de l'homme de l'Iran, n'a pas été bien reçue à Ottawa. Le Canada n'acceptera pas de recevoir des leçons de l'Iran au sujet du respect des droits de l'homme, a déclaré Melissa Lantsman, porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères. Le Canada possède un système qui accorde la sécurité juridique à tous ses citoyens, a dit Mme Lantsman. C'est une chose à laquelle Zahra Kazemi n'a jamais eu droit, a ajouté la porte-parole.
Zahra Kazemi est la photojournaliste canado-iranienne qui a été battue à mort en 2003 après avoir été arrêtée pour avoir photographié des proches de détenus près de la tristement célèbre prison d'Evin, à Téhéran. La photojournaliste, qui résidait à Montréal, n'a jamais été accusée formellement de quelque crime que ce soit.
Mme Lantsman a affirmé que le Canada continuait d'être sérieusement préoccupé par les «violations flagrantes des droits de l'homme» en Iran, incluant la répression violente des manifestations de l'opposition après l'élection présidentielle contestée du 12 juin 2009.
Le journaliste canado-iranien Maziar Bahari fait partie des nombreuses personnes emprisonnées durant les manifestations. Le reporter du magazine américain «Newsweek» a passé près de quatre mois en prison et a été relâché en échange d'une caution de 300 000 $. Il a été autorisé à quitter l'Iran en octobre dernier.
Le tollé international suscité par la condamnation à mort par lapidation d'une femme iranienne coupable d'adultère est le dernier épisode de la relation tendue entre l'Iran et le reste de la communauté internationale.
La lapidation a été largement pratiquée en Iran dans les années qui ont suivi la Révolution islamique de 1979.
Le rapport 2010 d'Amnistie Internationale signale, dans son chapitre sur l'Iran, des viols et des actes de torture dans les prisons, des violations de la liberté d'expression, de la discrimination à l'égard des femmes et des châtiments inhumains comme la flagellation et l'amputation. L'organisme dénonce aussi un jugement de la Cour suprême iranienne qui a validé une peine infligée par une instance inférieure, qui consistait à verser de l'acide dans les yeux d'un homme qui a rendu une femme aveugle.
L'ambassade d'Iran à Ottawa n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

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