J'ai demandé à Hélios d'Alexandrie si ce jugement était de la poudre aux yeux, et il a répondu "bien sûr que oui". Les détails ci-dessous.
Un musulman égyptien a été condamné à mort ce dimanche pour avoir tué par balles six chrétiens et un policier musulman il y a un an.
Mohamed Ahmed Hussein, 39 ans, avait été inculpé de «meurtre prémédité» et «d'intimidation de citoyens» à Nagaa Hamady, dans le sud de l'Egypte, pour avoir ouvert le feu à l'issue d'une messe à la veille du Noël copte. Le juge a fait savoir que la condamnation d'Hussein serait soumise au Grande Mufti, autorité religieuse appelée à confirmer les peines de mort.
Source : 20 minutes, 16 janvier 2011
Commentaire d'Hélios :
Le procès de ce tueur à gages a été retardé pour ne pas déplaire aux islamistes dont plusieurs sont actifs au sein même du parti au pouvoir. Mais Moubarak punit l'exécuteur du crime et laisse tranquille l'instigateur qui, en passant, a été réélu au parlement égyptien !
C'est donc en grande partie de la poudre aux yeux. Le tueur à gages qui a fait le coup était assuré de l'impunité. En effet les massacres précédents sont tous restés impunis, dont le massacre de plus de 23 villageois coptes au sud de l'Égypte et le massacre dans un quartier du Caire où plus de 80 coptes ont trouvé la mort, sans compter les attaques au couteau dans trois églises d'Alexandrie il y a deux ou trois ans qui ont fait au moins deux morts et des blessés; dans ce cas l'attaquant a été décrit comme souffrant de troubles mentaux, exactement comme le policier qui a tiré sur des coptes dans un train il y a à peine quatre jours.
L'étape du mufti est cruciale, toutes les condamnations à mort en Égypte doivent être obligatoirement approuvées par le mufti qui doit s'assurer de leur conformité avec les règles de la charia. Or que dit la charia quand le meurtrier est musulman et que la victime est un non-musulman ? La charia considère le mobile du meurtre, or dans ce cas le mobile est le djihad contre les infidèles lequel constitue une obligation religieuse et non un crime. Le mufti aura donc à se prononcer en premier lieu sur le mobile du meurtre avant de rien décider.
Dans ce cas particulier il cèdera à la pression du gouvernement et déclarera que le mobile ne peut en aucune façon être le djihad (la guerre sainte) qui doit être obligatoirement décrétée par les autorités politiques appuyées en cela par les ulémas. Le mufti devra aussi prendre en considération le fait que selon la charia, la vie d'un chrétien vaut moins que celle d'un musulman. Or dans ce cas particulier six chrétiens ont été massacrés, ce qui est probablement suffisant, de plus l'agent armé qui gardait l'église et qui lui aussi a été tué était musulman, et bien qu'il s'agisse dans ce cas précis d'un homicide involontaire, la peine de mort peut être prononcée vu les circonstances aggravantes, dont le caractère gratuit et prémédité de la tuerie.
La sentence si elle est exécutée aura sans doute un effet dissuasif, mais elle provoquera la colère et le désir de vengeance des islamistes. C'est que la charia prévoit des accommodements permettant au meurtrier musulman d'éviter la peine de mort quand la victime est juive ou chrétienne. Dans ce cas le meurtrier peut s'en tirer en versant le prix du sang, soit un montant d'argent pour les victimes. Mais il y a plus, les islamistes considèrent les coptes comme des kouffars ce qui est bien pire que les dhimmis, lesquels ont droit à la protection moyennant leur soumission et le paiement de la rançon annuelle. Les musulmans ont le droit de tuer les kouffars et de réduire en esclavage leurs femmes et enfants. C'est pourquoi la sentence ordonnant la peine capitale leur paraîtra injuste et contraire à l'islam. Ils ne manqueront pas de le dire et de le répéter sur toutes les tribunes. L'exemple récent du meurtrier du gouverneur pakistanais est éloquent : même s'il a tué le gouverneur qu'il était supposé protéger, les islamistes ont organisé des manifestations monstres en sa faveur.
Il faut dire que la notion de djihad individuel autodécrété est de plus en plus répandue, tout meurtre peut désormais être assimilé au djihad, il suffit que le meurtrier trouve un prétexte pour maquiller son crime et le tour est joué. Au Pakistan, la loi sur le blasphème autorise toutes les dérives, pas étonnant que les islamistes veuillent la maintenir à tout prix.


je pense que le mufti (comme les juges) condamnera à mort l'assassin parce qu'il a tué UN musulman, le meurtre des chrétiens n'étant que secondaire
Rédigé par : Lesteph | 17/01/2011 à 03:09