Il dénonçait la persécution des chrétiens par la loi sur le blasphème.
La palme du journalisme dhimmi revient à la BBC : "Il est difficile de trouver un motif immédiat derrière l'assassinat du ministre pakistanais des Minorités, Shahbaz Bhatti."
Shahbaz Bhatti avec des membres de la famille d'Asia Bibi, une chrétienne condamnée à mort pour blasphème
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Shahbaz Bhatti, ministre des Minorités religieuses, a été assassiné mercredi à Islamabad. Des inconnus ont criblé de balles sa voiture, blessant grièvement son chauffeur.
Seul chrétien du gouvernement pakistanais et premier catholique à occuper le poste, M. Bhatti militait pour la suppression de la peine de mort en cas de blasphème et défendait la minorité chrétienne. Il avait déjà été menacé par des extrémistes islamistes. Des tracts trouvés sur la scène indiquent qu'Al-Qaïda et les talibans revendiquent le meurtre, accusant le gouvernement d'avoir chargé M. Bhatti, « un infidèle chrétien », d'un comité sur le blasphème.
Des responsables du gouvernement ont condamné ce meurtre sans faire référence aux lois sur le blasphème. « C'est une campagne organisée pour abattre toute voix libérale, progressiste et humaniste au Pakistan. [...] Il est temps pour le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux de condamner fermement ces meurtres pour préserver l'essence même du Pakistan », a déclaré Farahnaz Ispahani, un conseiller du président Asif Ali Zardari.
Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a qualifié l'assassinat d'« acte de violence inqualifiable [qui] démontre combien sont justifiées les interventions insistantes du pape à propos de la violence contre les chrétiens et contre la liberté religieuse en général ».
Les chrétiens représentent moins de 2 % des quelque 170 millions de Pakistanais. Le père Lombardi a rappelé que le ministre Bhatti avait été reçu par le pape Benoît XVI en septembre et « avait témoigné de ses efforts pour la coexistence pacifique entre les communautés religieuses de son pays ».
Cet assassinat, le deuxième meurtre en deux mois d'un opposant à la loi prévoyant la peine de mort en cas de blasphème, survient alors que le pays musulman examine un amendement de cette loi. Le 4 janvier dernier, le gouverneur de la province du Penjad, Salman Taseer, avait lui aussi été assassiné après avoir pris la défense d'Asia Bibi, une chrétienne condamnée à la peine capitale pour avoir blasphémé. Le pape Benoît XVI avait alors signifié l'importance d'abroger la loi sur le blasphème et encourager les autorités à le faire.
Source : Radio-Canada, 2 mars 2011

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