Ayaan Hirsi Ali a écrit l'article ci-dessous suite au verdict dans le procès Shafia. Mohammad Shafia, sa femme et leur fils ont été reconnus coupables du meurtre prémédité des trois filles adolescentes du couple et de la première épouse du mari, et condamnés à la perpétuité.
Ce verdict, salué partout au Canada, suscite une réflexion sur la manière de prévenir d'autres crimes d'honneur. Or les opinions sont partagées sur ce sujet. Certains rejettent l'appellation «crime d'honneur» au motif qu'elle stigmatise des minorités, préférant parler de «violence domestique» ou encore de «féminicide». D'autres, comme Ayaan Hirsi Ali et Tarek Fatah, estiment qu'il est vital et crucial d'appeler ces crimes par leur nom. Tarek a écrit que ces adolescentes seraient encore en vie si elles avaient été blanches et qu'on les a sacrifiées sur l'autel du multiculturalisme. Sur sa page Facebook, il exhorte les musulmans de dénoncer ces crimes et leurs fondements dans la charia. Il dit, avec raison, que les seuls à être mal à l'aise avec l'appellation «crimes d'honneur» sont les islamistes et leurs partisans, ainsi que les progressistes blancs politiquement corrects pour qui ces crimes ne sont pas une tragédie personnelle mais un sujet de débats académiques.
Les islamistes réagissent comme ils ont l'habitude de faire, en blâmant tous ceux qui seraient tentés de tirer les conclusions logiques de l'affaire Shafia. Le blâme sert plusieurs objectifs :
- dispenser les musulmans de faire leur examen de conscience et reconnaître la nuisance ou la dangerosité de certaines de leurs coutumes ou de leurs valeurs
- les dispenser de reconnaître publiquement qu'ils ont de sérieux problèmes et qu'ils ont le devoir de les régler
- leur permettre de continuer à croire à leur supériorité morale
- les soutenir dans leur décision de rejeter les valeurs de la société canadienne
- fournir des arguments aux multiculturalistes et aux apôtres du relativisme culturel
- éloigner les projecteurs et les regards de l'islam.
L'affaire Shafia les embête vraiment du fait qu'elle démontre que ce sont les musulmans qui refusent de s'intégrer à la société canadienne (dans les faits, ils la rejettent) et qu'ils font tout pour ne pas s'intégrer, certains allant jusqu'à assassiner leurs enfants pour les empêcher de s'intégrer. Autrement dit, l'image s'est inversée et la responsabilité a changé de camp. Il sera difficile après cela de culpabiliser les Canadiens pour obtenir encore plus d'accommodements ou de les traîner dans la boue quand ils se montreront réticents à les accorder et insisteront plutôt sur l'intégration.
A la fin du billet, j'ai copié des extraits du Raport du Pr Simon Petermann sur les crimes d'honneur (Belgique) qui expliquent la culture de l'honneur, le rôle des mères et la part de l'islam dans les crimes d'honneur.

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[...] La violence liée à l’honneur, un fléau mondial d’une fréquence dévastatrice dans des pays en développement comme le Pakistan et la Jordanie, a fait un nombre croissant de victimes en Amérique du Nord ces dernières années.
Malheureusement, malgré une sensibilisation accrue au problème, bien peu a été fait pour améliorer la situation des femmes à risque de crimes d'honneur. La fréquence réelle de la violence liée à l’honneur reste largement inconnue, et la plupart des agences gouvernementales sont mal outillées pour identifier les crimes d'honneur potentiels et venir en aide aux victimes. Le Canada et les États-Unis sont en retard sur la Grande-Bretagne, où les travailleurs sociaux, la police et les procureurs reçoivent une formation spéciale sur les rouages de la culture basée sur l’honneur et les signaux de l’imminence d’un crime d’honneur.
Récemment, un certain nombre d'organisations musulmanes canadiennes ont publié des déclarations dénonçant les crimes d’honneur comme étant contraires à l’islam. En outre, d’autres groupes s’opposent à l’appellation « crime d’honneur » au motif qu’elle stigmatise les musulmans et perpétue la mauvaise compréhension de la nature de l’islam. Ces personnes soutiennent que la violence liée à l’honneur n’est qu’une forme de violence domestique et que la singularisation des crimes d’honneur par rapport à la violence domestique connue dans toutes les cultures est discriminatoire.
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