Voici la 3e et dernière partie de l'interview exclusive du père Henri Boulad, directeur du Centre culturel jésuite d’Alexandrie en Égypte, menée par Olaf de Paris. Pour une présentation du Père Boulad ainsi que la première partie de l'interview, intitulée «La perspective historique égyptienne, clé de la compréhension de l’évolution de l'islam», cliquer ICI. La deuxième partie, intitulée « L’islam peut-il se rénover sans se dénaturer ? », est ICI.
«…ce dont nous avons urgemment besoin aujourd’hui, c’est d’un dialogue islamo-musulman, où les musulmans seraient invités à se définir eux-mêmes et à décider de la direction qu’ils veulent choisir.» - Henri Boulad
3 – Qu’est ce que l’islam
Olaf : Père, dans nos échanges précédents [Partie 2] vous nous avez laissé sur notre faim en nous affirmant que «l’islam ne parvenant pas à se définir, et pour cause ». Nous arrivons là à un sujet vraiment crucial … « Et pour cause » disiez-vous. Pourquoi donc l’islam ne parvient-il pas à se définir lui-même ? Qu’est ce donc que l’islam ?
Père Boulad : Un homme comme Abdennour Bidar - et d’autres avec lui - essaient de prendre leurs distances par rapport aux textes médinois du Coran. Mais tous les autres qui se réclament de la position pure et dure sont d’une certaine manière plus cohérents avec eux-mêmes, avec leur livre et avec leur histoire. Dans un petit texte de deux pages - « l’Islamisme et l’Islam » - je résumais en 1994 l’essentiel de ma pensée là-dessus. Je me cite moi-même :
« L'islamisme n'est ni une caricature, ni une contrefaçon, ni une hérésie, ni un phénomène marginal et aberrant par rapport à l'islam classique orthodoxe sunnite.
Je pense au contraire que l'islamisme, c'est l'islam à découvert, l'islam sans masque et sans fard, l'islam parfaitement conséquent et fidèle à lui-même, un islam qui a le courage et la lucidité d'aller jusqu'au bout de lui-même, jusqu'à ses dernières implications.
L'ISLAMISME C'EST L'ISLAM DANS TOUTE SA LOGIQUE, DANS TOUTE SA RIGUEUR.
L'islamisme est présent dans l'islam comme le poussin dans l'oeuf, comme le fruit dans la fleur, comme l'arbre dans la graine. »
Si l’islam est par nature radical et politique, les Frères Musulmans sont parfaitement cohérents avec leur religion.
Olaf : C’est ce que dit Magdi Allam. Il parle de l’islamisme comme du « fruit mûr de l’islam ». Le connaissez-vous ?
Père Boulad : Oui, je l’ai rencontré récemment à Bruxelles. Pour lui, l’islamisme est bien le « fruit mûr de l’islam ». Si bien que quand on dit que l’islamisme est une dérive ou une déformation de l’islam, je me permets d’en douter. Pour moi, l’islamisme c’est l’islam à découvert, sans masque et sans fard, comme je l’ai écrit dans mon essai.
Mais revenons à cette question cruciale de savoir si l’islam peut se réformer sans se dénaturer. Qui dit « réforme » dit retour aux sources. Or « l’âge d’or de l’islam » - c’est-à-dire ses trente premières années - n’est qu’une succession de guerres et de massacres, qui se sont poursuivis tout au long de l’histoire. Trois des quatre premiers califes ont connu une mort violente et tragique, comme l’ont souligné entre autres Fouad Zakaria et Farag Foda. Pour avoir osé le dire, ce dernier a été sauvagement assassiné. Si tel est « l’âge d’or de l’islam », un retour aux sources signifierait une guerre tous azimuts contre le reste du monde. Ce n’est pas pour rien que les musulmans ont divisé le monde en deux zones : dar al-islam et dar al-harb – ‘la demeure de l’islam et celle de la guerre’. Ce qui signifie en clair que toute région qui n’est pas encore soumise à l’islam est automatiquement en guerre contre lui. En ce sens, Al Qaïda est parfaitement logique avec un tel retour aux origines.
On objectera que le christianisme a lui aussi connu des périodes de violence et de conquêtes. C’est exact, mais, ce faisant, il se trahissait lui-même. En effet, l’Eglise a commencé par trois siècles d’atroces persécutions et l’évangile est une école d’humilité, de douceur et d’amour. Jésus a toujours refusé la violence. Lorsque Pierre a dégainé son glaive pour le défendre, il s’est vu réprimander vertement : « Remets ton glaive au fourreau. Celui qui tue par le glaive périra par le glaive ». Comment ne pas comparer un tel enseignement avec celui du Coran, qui incite à la haine, à la guerre et à la violence ! Comment ne pas être frappé par le blason des Frères Musulmans arborant deux glaives croisés sous leur déclaration de foi. Lorsqu’un nouvel adepte fait son serment d’allégeance à la Confrérie, c’est devant un coran et un revolver qu’il le fera – comme ce fut le cas entre autres pour Nasser et sa clique. De tels symboles parlent d’eux-mêmes et n’ont guère besoin de commentaires.
Par ailleurs, le grand modèle à imiter pour un musulman, c’est Mahomet. Or, quand on connaît sa vie, on se demande en quoi un tel modèle est imitable. Il n’est que d’écouter sur Internet les émissions du Père Zakaria Botros sur la biographie de Mahomet, pour être littéralement ahuri. Or, on ne peut soupçonner le Père Zakaria de parti pris, car ses sources sont toutes islamiques et ses références puisées auprès des historiens et chroniqueurs musulmans eux-mêmes.
Olaf : Attention Père, n’en dites pas trop à ce sujet : souvenez vous du sort que l’Autriche a réservé à Elisabeth Sabaditsch Wolff, cette autrichienne condamnée pour avoir dit tout haut ce que les musulmans lisent dans le coran et apprennent dans leurs traditions, en particulier pour avoir révélé les dessous de la vie de Mahomet. De tels propos relèvent de l’islamophobie selon les tribunaux autrichiens …
Père Boulad : Et pourtant, il s’agissait là d’une vérité historique ! C’est là que l’Europe est en train de se laisser berner. Il est affligeant de constater que dans vos pays prétendument démocratiques on n’a plus le droit de s’exprimer librement !
Olaf : Autre point que je souhaite voir avec vous, c’est le crédit à apporter aux textes musulmans, coran et tradition. Il y a en France et en Europe un certain nombre de chercheurs qui ont étudié les sources du coran et qui révèlent une imposture …
Père Boulad : Vous devez penser aux thèses de Gallez ou Luxenberg.
Olaf : Vous connaissez le travail d’Edouard Marie Gallez ?
Père Boulad : Oui, j’ai rencontré l’an dernier à Paris ce chercheur, qui m’a offert sa thèse en deux tomes, « Le Messie et son Prophète ». Bien que ses propos soient pour moi un peu trop techniques, je crois bien comprendre sa position, qui vise à une déconstruction de l’islam à travers une analyse critique rigoureuse. C’est ce qu’a fait aussi Luxenberg et certains autres … Un des pionniers dans ce domaine est le père Henri Lammens, jésuite, qui, il y a près d’un siècle et demi, a écrit des textes pas du tout « politiquement corrects », bien que parfaitement étayés scientifiquement.
Aujourd’hui, il n’est pas de bon ton de dire certaines vérités. Mais jusqu’à quand va-t-on se taire ? Les études exégétiques récentes aboutissent à une déconstruction et à une démythologisation de bien des éléments essentiels de l’islam. Il faut que les penseurs musulmans aient le courage de procéder à une étude exégétique en profondeur du Coran et de la Sunna, comme le christianisme a osé le faire avec ses textes fondateurs. Beaucoup d’intellectuels musulmans appellent de tous leurs vœux cette démarche. Mais quand l’un d’eux, l’universitaire égyptien Nasr Hamed Abou-Zayd a osé s’y risquer, il s’est fait condamner et exiler. Jusqu’à quand allons-nous enfouir notre tête dans le sable ? Soyons objectifs, soyons pour la vérité, un point c’est tout !
Olaf : Ce travail de vérité se fait peu à peu, mais il n’est le fait que d’une infime minorité.
Père Boulad : Je parlais tout à l’heure du phénomène déjà ancien du Père Boutros Zakaria. Voici plus de dix ans que ce prêtre égyptien, s’exprimant en arabe de façon claire et documentée, démonte toutes les prétentions de l’islam, textes musulmans en main ! Il recourt au coran, aux hadiths, aux théologiens musulmans, et cette approche déstabilise beaucoup de croyants. Et lui de leur répondre : « Je n’apporte rien de moi-même, je ne fais que citer vos propres sources ! » Résultat : beaucoup de musulmans se convertissent après l’avoir écouté.
A titre d’exemple, voici le genre de démarches auxquelles il procède :
Les musulmans assurent que leur livre n’a pas été falsifié, car un texte coranique (sourate 15, v.9) affirme : « C'est Nous [Allah], en vérité, qui avons révélé le coran, et c'est Nous qui en assurons l'intégrité », ce qui veut dire que, selon le dogme islamique, le coran est protégé contre toute falsification. Or, dans le texte original arabe, on ne trouve pas le mot de coran (qur’an) mais le mot de « rappel », qui s’applique aussi bien au coran, qu’à l’évangile et à la torah… Comment donc Allah peut-il à la fois garantir l’intégrité des trois livres dans ce verset, alors que, dans d’autres versets, il fustige la torah et l’évangile comme falsifiés ?
Ce genre de contradictions, qui éclatent actuellement au grand jour, pousse bon nombre de musulmans soit vers l’athéisme et l’incroyance, soit vers le christianisme. Récemment un musulman de trente ans, diplômé en informatique et chef d’entreprise, suite à la lecture d’un de mes livres en arabe, est venu me trouver pour me dire qu’il ne croit plus en sa religion. De plus en plus nombreux sont ceux qui quittent l’islam en sourdine, sans l’afficher officiellement et tout en conservant leur étiquette de musulmans.
En fait, face à la crise que traverse l’islam et à son incapacité à répondre aux questions qu’on lui pose - mais qu’il élude, et pour cause… car il n’a pas de réponse – beaucoup de musulmans se disent : « puisque l’islam est incapable de se réformer, je le quitte ! ».
Olaf : Si ce mouvement allait en s’amplifiant, il viendrait à bout du phénomène de pression du groupe. J’ai discuté avec un ancien musulman (entretien publié sur Poste de Veille) qui m’expliquait combien le contrôle du groupe est fondamental pour le maintien et la transmission de la foi. Quand un individu cherche à quitter l’islam, le groupe se mobilise pour le retenir. Mais si le nombre de transfuges s’amplifiait, la communauté n’aurait plus les moyens d’exercer sa pression sur eux. Le mouvement d’apostasie pourrait alors se développer de façon exponentielle !
Père Boulad : C’est exact. Ce qui a fait jusqu’à présent la force de l’islam, c’est cette pression du groupe et la menace de mort qui pesait sur tout converti. Je doute que cela puisse continuer. Il semble que nous soyons actuellement à un tournant historique : la cohésion du groupe est en train de s’effilocher, et les forces de réveil déclenchées autrefois en Europe - avec leurs idéaux de liberté, d’égalité, de fraternité, de droits de l’homme… - font leur chemin et gagnent peu à peu le reste de la planète.
On n’arrête pas l’Esprit. L’Esprit est une force qui agit envers et contre tout. Il parait très fragile mais il est ce qu’il y a de plus puissant. Je cite souvent ce mot de Napoléon au terme de sa vie : « Deux forces gouvernent le monde, le Glaive et l’Esprit. Mais la plus forte des deux est l’Esprit ». Eh bien j’y crois, et je le constate tous les jours.
Dans ce contexte, je pense que le mouvement féministe sera déterminant dans les années à venir. Ce sont les femmes qui feront basculer l’islam et seront les agents de sa transformation. Ce réveil, qui a commencé en Egypte au début du siècle dernier, a culminé au cours des années vingt. Etouffé ces dernières décennies par les courants islamistes, il est en train de reprendre et je pense qu’il ira en s’amplifiant.
Olaf : Chez nous, en Occident, c’est parfois le contraire : un certain nombre de musulmanes, loin de s’engager dans des combats féministes, revendiquent le voile, exigent le niqab …
Père Boulad : Oui, pour se démarquer et affirmer leur différence… Mais je ne pense pas que ça durera.
Olaf : Comment résister à cela ? Aujourd’hui l’Occident est en train de brader ses valeurs, de perdre sa substance morale, de céder au relativisme, de tomber dans la haine de soi. Pensez-vous qu’un tel laïcisme « areligieux » puisse résister à la poussée de l’islam ?
Père Boulad : Non. On ne résiste pas à l’islam par la laïcité. La solution est dans un réveil du christianisme. Il faut que celui-ci retrouve sa vitalité, sans pour autant retomber dans un autoritarisme intempestif, ni se lancer dans de nouvelles guerres de religion – mais en procédant à une réforme en profondeur. J’ai développé cela en 2007 dans une lettre au pape intitulée « SOS pour l’Eglise d’aujourd’hui ».
On ne contrera pas l’islamisation par la répression, mais en présentant l’évangile dans toute sa vérité et en le vivant dans toute ses exigences. Qu’on le veuille ou non, les « valeurs » dont se réclame l’Europe s’enracinent dans l’évangile. Ce qu’il faut, c’est réactualiser son message pour qu’il redevienne signifiant. La foi se pose aujourd’hui en termes de sens. Dans la mesure où le christianisme apportera un sens à l’homme d’aujourd’hui et une réponse aux grandes questions qu’il se pose, il aura des chances d’être accepté et de devenir un agent de transformation du monde. Ce qu’il faut, c’est réinventer un langage qui parle à nos contemporains. Un langage ancré dans l’humain, un humain ouvert à la transcendance.
L’humain est justement le terrain commun de rencontre et de dialogue avec nos frères musulmans. Comment nous rejoindre entre hommes dans des valeurs communes partagées ? Certains penseurs musulmans actuels sont à la recherche d’un tel humanisme, tout en constatant son incompatibilité avec l’islam radical qui s’affirme un peu partout et engendre une islamophobie croissante.
Finalement, au-delà de tout dialogue islamo-chrétien ou islamo-occidental, ce dont nous avons urgemment besoin aujourd’hui, c’est d’un dialogue islamo-musulman, où les musulmans seraient invités à se définir eux-mêmes et à décider de la direction qu’ils veulent choisir.
Olaf : Vous savez toutefois que les Tunisiens de France, quasi tous musulmans, ont voté récemment à 40% pour le parti Ennahda. Ils comptent pourtant parmi les plus occidentalisés des musulmans, et un bon nombre d’entre eux ont la double nationalité.
Père Boulad : En fait les musulmans sont souvent plus radicaux en Occident que dans leurs pays d’origine. Ils font de la surenchère pour affirmer une identité menacée par un environnement occidental et laïc. Leur réaction est souvent intempestive, parce qu’ils croient que c’est la seule manière de sauver leur foi. Pour sortir de l’impasse, il leur faut développer une version spirituelle et religieuse d’un islam dépouillé de sa connotation radicale, d’un islam compatible avec la modernité et les droits de l’homme.
Olaf : Cela semble difficile, sinon impossible à l’aune de ce que nous voyons en France. Les musulmans libéraux sont si isolés et représentent si peu qu’on en vient à douter de leur capacité à changer quoi que ce soit. L’islam semble se développer ici en Occident en réaction contre l’Occident lui-même.
Père Boulad : Oui, peut être. Mais j’ai l’impression que ce que nous vivons chez nous en Egypte va déstabiliser l’islam et le réorienter. Les libéraux qui sont à l’origine de notre révolution égyptienne, et dont le nombre augmente de jour en jour, ne se laissent pas faire. L’islam est ici en plein questionnement, en pleine transition, car les musulmans se rendent bien compte que l’islam radical, saoudien, wahhabite, se trouve dans l’impasse.
Olaf : Pensez-vous que l’islam puisse s’effondrer ?
Père Boulad : C’est en tout cas la thèse d’un musulman, Abdel-Samad, parue l’an dernier en Allemagne, et qui prédit l’effondrement de l’islam dans les années à venir.
Olaf : C’est aussi la prophétie d’un saint libanais du XIXème siècle, Charbel Makhlouf, qui aurait annoncé la fin de l’islam pour l’année 2047 … Et qui annonce aussi la fin de notre entretien ! Un grand merci pour vos propos, qui, j’en suis sûr, contribueront à faire avancer les choses.
Père Boulad : Oui, à condition que nous acceptions nous-mêmes d’avancer dans la clarté et la vérité vers une société pleinement humaine et fraternelle !
Olaf : Voilà la meilleure conclusion à nos échanges. Merci beaucoup, mon Père, au nom de toute l’équipe de Poste de Veille, et de ses lecteurs.
Note de PdV : Le Père Boulad a entrepris, à la mémoire de son frère Jacques qui a dirigé plusieurs collèges en Égypte, un projet de Centre de vacances et de formation pour les enfants défavorisés d'Égypte : enfants des rues, enfants des villages, enfants soudanais, handicapés…).
Le projet est décrit sur ce site : http://www.jacquesboulad.sitew.com
Les lecteurs qui souhaitent encourager l'oeuvre du Père Boulad peuvent faire un don en ligne. Le site offre toutes les coordonnées pour la France, la Suisse et le Canada.
Reproduction vivement encouragée, avec la mention suivante et, obligatoirement, le lien html ci dessous:
© Poste de Veille www.postedeveille.ca

Témoignage exceptionnel, profond, d’un musulman converti au christianisme, ancien rédacteur en chef associé du plus grand quotidien d'Italie, sous protection policière depuis 8 ans
Peu de gens s'intéressent aux musulmans ordinaires qui ont quitté l’islam. KS nous offre un regard de l’intérieur sur son expérience
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Des intellectuels journalistes et militants musulmans du Canada disent que le multiculturalisme mène au suicide civilisationnel et doit être abandonné.
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Necla Kelek, sociologue allemande d'origine turque, invite les musulmans à reconnaître les problèmes de leur culture d'origine et à les résoudre en mettant à profit la liberté dont ils jouissent en Occident.

La taqiyya, ou doctrine de la tromperie islamique, est très présente dans la politique islamique, particulièrement à l’époque moderne
Bravo pour ce père Boulad qui a compris le dessous des cartes et qui ose le dire haut et fort. Merci pour son courage.
Rédigé par : DZ20 | 27/04/2012 à 14:25
"ce dont nous avons urgemment besoin aujourd’hui, c’est d’un dialogue islamo-musulman, où les musulmans seraient invités à se définir eux-mêmes et à décider de la direction qu’ils veulent choisir."
Ce dialogue islamo-musulman n'aura pas lieu tant que les islamistes disposeront de fonds quasi inépuisables pour poursuivre leurs objectifs. Dans ce cas comme dans d'autres l'argent est le nerf de la guerre.
En Égypte la remise en question de l'islam a des chances raisonnables de se faire, le pays est au bord du gouffre sur le plan économique et il est peu probable que l'aide étrangère soit suffisante pour permettre aux islamistes d'appliquer leur programme sans se préoccuper de ses répercussions économiques sur le quotidien des égyptiens.
En un rien de temps le "scénario grec" s'appliquera sur l'Égypte, mais ce pays n'est pas situé en Europe et ne fait pas partie d'une union d'états susceptibles de lui venir en aide. Exsangue l'Égypte se verra imposer un régime d'austérité sévère que les islamistes devront accepter et qui attisera la colère de la population.
Quand l'islam apparaitra comme le problème et non comme la solution, les islamistes tenteront de préserver leur pouvoir en retraitant dans le pragmatisme, mais cette tactique sonnera également le glas de leur idéologie. Et cette fois l'échec, l'impuissance, la crise et la misère, du fait qu'ils seront associés aux islamistes, contraindront les égyptiens à se détourner de l'islam et à faire face à la réalité
C'est à cette occasion que le dialogue islamo-musulman s'amorcera, non un dialogue entre musulmans modérés et islamistes mais entre les modernistes et le peuple.
Les islamistes, eux, devront se raser la barbe et leurs femmes devront marcher tête nue pour ne pas subir la colère des égyptiens.
Hélios d'Alexandrie
Rédigé par : Hélios d'Alexandrie | 27/04/2012 à 19:34
La dialogue est mal parti : l'Arabie Saoudite vient de fermer son ambassade au Caire. On peut supposer que l'Egypte a dit le "pétrole arabe, notre or noir à tous" ou que al Azar et les oulémas saoudiens se chamaillent sur le futur calife, bref, la confrontation avec le réel approche et les digues de l'Interprétation vont s'ouvrir sous le poids du Réel.
Idem pour l'Occident, nous avons fermé les portes de l'Interprétation du phénomène socialo-communiste du siècle passé, le procès des Khmers Rouges a été une occasion ratée de faire une sorte de procès de Nüremberg. L'imposture marxiste continue sur le plan culturel et non plus économique, or la réalité a toujours préséance sur l'utopie,
au final.
Rédigé par : Fée | 28/04/2012 à 10:41
Je viens de terminer la lecture de l'excellente entrevue accordée par le père Boulad.
Aucun doute. Cet homme connaît l'islam. Le vrai. L'islam réel. Pas l'islam rêvé présenté par l'apologétique ou les courants islamophiles en Occident qui ne connaissent rien à l'islam-doctrinal, ou qui refusent d'en tenir compte et qui ne mettent l'accent que sur la religiosité, c'est-à-dire la manière concrète, de vivre l'islam - manière souvent humaine et raisonnable (l'islam des petites gens) - mais qui ne reflète pas les attitudes commandées par la doctrine.
Il y aurait beaucoup à commenter favorablement (et parfois à rectifier) dans cette entrevue très riche mais dans l'ensemble, le père Boulad a parfaitement raison. Les islamistes ne sont pas des hérétiques. Ce sont ceux qui sont les plus cohérents avec le CREDO musulman et ses textes. Ce sont les plus LOGIQUES des musulmans avec tout ce que cela comporte de rigueur.
J'hésite à les qualifier de lucides - la plupart d'entre-eux sont des esprits très médiocres - mais certains d'entre-eux ont une stature intellectuelle qui justifie qu'on les lise avec attention car ils ont très bien compris le défi que représente la modernité pour l'islam. Ils ont su analyser avec justesse la nature de ce défi. Les qualicatifs que je serais portés à choisir sont ceux "d'honnêtes, de logiques ou de cohérents".
Mais je ne vois chez eux aucun courage mais une incroyable, une INSUPPORTABLE arrogance stupidement tolérée par les autorités occidentales - passivité qui installe un important malaise social et nourrit une hostilité viscérale qui rejaillit sur l'ensemble des musulmans.
Il est clair que les islamistes sont de grands mésadaptés au monde moderne à cause des croyances de l'islam. En effet, l'islam ne peut "autoriser" ou "accepter" la modernité, qu'il faut comprendre - comme nous y invite le philosophe Marcel Gauchet - comme un rapport CRITIQUE au passé avec refus de tout assujettissement aveugle à ce passé, à ce qui en provient, à la TRADITION. L'islam ne peut permettre cette évolution sans s'effondrer parce qu'elle implique une émancipation, une sortie de l'ordre social fondé sur le Coran et les corpus de hadith - ordre social pensé et présenté comme voulu par Dieu et représentant son dernier mot. Toute contestation de cet ordre sera automatiquement considérée comme un blasphème justifiant des sanctions. C'est pourquoi Renan a eu raison de dire de l'islam que " c'était la chaîne la plus lourde que l'humanité ait portée " (L'islam et la science). Il y a la lourdeur de la TRADITION mais lourdeur redoublée de l'impossibilité de la contester, une fois que le credo islamique domine la majorité des esprits.
Ma conviction après plusieurs années d'étude de l'islam est que cette religion est TOTALEMENT et IRREMEDIABLEMENT incompatible avec la modernité, l'autonomie et la liberté à cause de l'esprit de servitude qui l'habite. Et je crains, tout comme le père Boulad, que cette incompatibilité rende inévitable un affrontement de grande ampleur.
À ceux qui auront eu la patience de me lire jusqu'au bout, j'offre ce texte d'un islamiste, qui le confirme. Ce texte a justement le mérite de l'honnêteté dont j'ai parlée et aussi de la lucidité car il reconnaît cette incompatibilité dont je viens de parler. Il s'agit d'un texte de Mawdûdi, l'un des plus ardents défenseurs de l'islam réel et qui assume la totalité de sa doctrine traditionnelle.
" L'islam...c'est la soumission, l'obéissance et l'abandon devant l'ordre de Dieu. Il est EVIDENT que l'on ne peut obtenir cela avec L'INDIVIDUALISME, l'autorité de L'OPINION PERSONNELLE, ET LA LIBERTÉ DE PENSER ET D'AGIR. Il s'agit de positions antagoniques. Tu dois déléguer à la religion que tu professes toute ta personnalité...Ta soumission TOTALE est une des conséquences OBLIGATOIRES de ta foi....En tout, pas une parcelle de ta personnalité....ne doit échapper à l'autorité de la religion en laquelle tu crois." (cité dans L'AMOUR DE LA LOI, M. Benkheira, p.24.)
Voilà: c'est dit et c'est clairement dit.
Rédigé par : fleurypm@hotmail.com | 28/04/2012 à 11:05
J'aimerai que poste de veille poste des liens de vidéo de ce zakaria boutros qui parle en arabe du coran, de la sunna, etc, et que cela soit traduit en français. Ainsi par facebook je pourrais propager cette parole que l'on voit peu et qu'aucune personne en europe ou en amérique fait pour se défendre à la fois contre l'islam et sauver les musulmans de l'islam.
Un grand merci à tous !
Rédigé par : Julien Monge | 29/04/2012 à 17:36
<..les femmes...seront les agents de sa transformation.>
J'aime beaucoup cette citation qui confirme la contribution essentielle de la femme à l'humanité:
<'Il n'est pas bon que l'homme soit seul.' La femme, 'chair de sa chair, c'est-à-dire son vis-à-vis, son égale, toute proche de lui, lui est donnée par Dieu comme un 'secours', représentant ainsi le 'Dieu en qui est notre secours'.>
Catéchisme de l'Eglise catholique, point no. 1605
Rédigé par : Femme | 30/04/2012 à 17:28
@ Julien Monge,
Le Père Zakaria Botros s'adresse à un public composé de musulmans principalement et de non-musulmans de langue arabe. Il a à son actif au-delà de 300 émissions d'au moins deux heures chacune sans compter les nombreux écrits. C'est un travail de titans que de les traduire, bien sûr cela en vaut la peine si l'on veut connaître à fond l'islam authentique, celui du coran de la sunna et celui des commentateurs, des ulémas et des juristes musulmans qui font autorité.
Le Père Zakaria ne se contente pas de faire connaître l'islam, il parle également de la foi chrétienne orthodoxe, de l'amour de Dieu, de Jésus, de la grâce, du pardon et du salut des âmes. Il invite les musulmans à s'instruire sur leur religion mais également à faire la rencontre du Christ. Il a son actif des centaines de conversions, comme il le dit lui-même: après trois cent conversions au christianisme j'ai arrêté de compter!
Hélios d'Alexandrie
Rédigé par : Hélios d'Alexandrie | 30/04/2012 à 22:30
zakaria boutros... voilà un nom bien connu dans le monde arabe et pas de la meilleure des façons! cet homme nourri une haine envers l'islam et ce que le père boulad prend pour de la documentation à partir de manuscrits et sources islamiques est en fait soit des propos détournés de leur contexte soit de propos qui viennent de livres qui n'ont rien à voir avec les savants musulmans! pour preuve cet homme se réfère souvent à un livre "Encyclopedia of Islam" pour parler de l'islam, or ce livre a été écrit par des penseurs occidentaux portant du ressentiment et de la haine envers l'islam! vous n'avez qu'à vérifier par vous même!!!
Rédigé par : miles | 01/05/2012 à 17:49
@ Miles,
De deux choses l'une ou vous êtes un occidental naïf qui gobe n'importe quoi, ou vous êtes un islamiste qui désinforme. Vous êtes mal tombé parce qu'il se trouve que vous vous adressez à des gens qui connaissent de première main les émissions du Père Zakaria et leur impact sur les musulmans parlant arabe. Justement le phénomène Zakaria Botros a fait l'objet d'une série de chroniques publiées sur Poste de Veille et vous pouvez vous y référer facilement, elles se situent sur la colonne de gauche et vous ne pouvez pas les manquer.
Zakaria Botros ne s'est jamais référé à "l'Encyclopédia of islam", il se réfère uniquement au coran, aux hadiths et aux auteurs musulmans les plus prestigieux, dont la parole fait autorité tels que Boukhari, Tabari, ibn Hisham, Muslim, El Sira el Halabiah, Ibn Hanbal, Ibn Taymihah. Il peut citer à l'appui de ses propos bien souvent au-delà de dix références en mentionnant pour chacune le titre de l'ouvrage, l'auteur, le volume, le chapitre, le numéro de la page, et la photo de l'ouvrage à l'écran avec ses coordonnées. Et à chaque fois qu'il dévoile une vérité que les savants musulmans préfèrent tenir cachée, il invite et va jusqu'à exhorter ces mêmes savants de réagir s'ils ne sont pas d'accord, non avec son interprétation puisqu'il ne fait que rapporter la vérité en question, mais avec les références qui en font état. Inutile de dire que ces savants préfèrent garder profil bas, car que pourraient-ils dire sinon lui donner raison?
Le Père Zakaria a fait exploser plusieurs "bombes médiatiques" qui ont ébranlé littéralement le monde musulman: les plus percutantes ont été les erreurs grammaticales du coran, l'allaitement des adultes, l'esclavage sexuel béni par Allah, la charia des latrines, les noms (les qualificatifs) d'Allah rendus obsolètes, les nombreuses perversions sexuelles de Mahomet, pédophilie, satyrisme, exhibitionnisme, ses nombreuses obsessions, ses superstitions, la généalogie de Mahomet né quatre ans après le décès de son présumé père et le fait que la charia étire la durée légale de la grossesse à quatre ans pour qu'on ne dise pas que Mahomet est né de père inconnu, etc.
Embarrassée l'Université al Azhar, le haut lieu du savoir islamique a publié un livre qui vise à limiter les dégâts, il est intitulé "les vérités du coran en réponse aux insinuations des sceptiques". Ce livre le Père Zakaria l'a reçu comme un cadeau du ciel, du fait qu'il constitue l'effort suprême déployé par les savants musulmans pour "sauver les meubles", il s'est donc employé patiemment, émission après émission à exposer leurs arguments, et à les réfuter un par un, en se référant constamment aux ouvrages islamiques reconnus.
Ne sachant plus quoi faire et ne pouvant le faire taire, le gouvernement égyptien, poussé par les autorités religieuses a tenté par les canaux diplomatiques de convaincre le pays d'où l'émission était diffusée de mettre fin au contrat qui le liait avec la chaîne télévisée qui accueillait le Père Zakaria. Peine perdue, cette chaîne n'a pas de base fixe, justement pour ne pas servir de cible aux terroristes musulmans. Il ne restait aux islamistes que mettre sa tête à prix, mais il faut croire que la providence a jusqu'à présent favorisé le Père Zakaria en lui permettant de poursuivre sa mission.
Ne pouvant démentir ce qu'il dit, les islamistes se contentent de désinformer le public à son sujet, peine perdue "le mal" ou plutôt le bien est déjà fait, les musulmans, ou du moins ceux qui veulent en savoir davantage sur leur religion s'obstinent à suivre ses émissions. À présent que le salafisme a pignon sur rue, les musulmans se rendent compte que tout ce que le Père Zakaria dit de l'islam est vrai, la confirmation leur est donnée par les salafistes eux-mêmes, vu qu'ils n'éprouvent aucune honte à imiter en tout Mahomet le "beau modèle" et sa clique.
Comme le dit si bien le Père Zakaria Botros: la télévision par satellite et internet ont abattu le mur protégeant l'islam, les musulmans ont désormais accès à la vérité sur leur religion et celle-ci n'est pas jolie à voir.
Hélios d'Alexandrie
Rédigé par : Hélios d'Alexandrie | 01/05/2012 à 23:59