Lire aussi cette chronique d'Hélios d'Alexandrie publiée en novembre 2011 : L’islamisme au Moyen-Orient : le moment de vérité
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Le contexte historique récent
Il y a
de ces évènements marquants dont on ne reconnaît à prime abord ni l’importance
ni la signification; le soulèvement qui a cours en Égypte est de ceux-là. Les
égyptiens nous ont étonnés une première fois, c’était en janvier 2011 :
leur soulèvement a mis fin à un régime politique autoritaire se réclamant
officiellement de l’islam, sans appartenir toutefois à ce qu’il convient
d’appeler l’islam politique. Le régime de Moubarak était dans sa forme et dans
son esprit un régime islamique mais sans dogmatisme excessif, un régime
islamique naturellement oppressif mais à visage pragmatique, où les islamistes,
tenus à bonne distance du pouvoir, ont pu cependant se développer sans
restriction. Cette coexistence utile aux deux parties s’est maintenue tant que
les islamistes se contentaient de s’opposer sans avoir recours à la violence ou
à la subversion. Moubarak se servait d’eux comme d’un épouvantail pour
convaincre les pays occidentaux de réduire leurs exigences et leurs attentes
sur le chapitre de la démocratie, son stratagème a bien fonctionné un certain
temps, jusqu’au jour où des milliers de jeunes révolutionnaires sans armes,
sortis on ne sait d’où, sont descendus dans la rue, et en deux semaines ont réussi
à mettre fin à une dictature vieille de près de soixante ans.
Les
islamistes ne se sont ralliés à la révolution qu’au moment où ils ont senti le
vent tourner. Ils ont alors compris qu’il leur fallait obtenir sans tarder des
titres de noblesse révolutionnaires, sans quoi le pouvoir risquait de leur
échapper pour longtemps. Les circonstances les ont grandement aidés : le
préjugé favorable de l’administration Obama à leur égard, l’argent du pétrole
en provenance du Qatar et d’Arabie Saoudite, la collaboration pour ne pas dire
la complicité des militaires au pouvoir, mais surtout l’incompréhensible
démobilisation des révolutionnaires et les persécutions dont ils ont été
l’objet de la part des généraux. Quelques semaines après la chute de Moubarak,
la révolution était en perte de vitesse et incapable d’influer sur le
cours des évènements.
La période transitoire qui a duré plus d’un an s’est avérée éprouvante tant pour les égyptiens que pour les incompétents qui les dirigeaient. Mais l’erreur la plus grave a consisté à amender quelques articles de la constitution existante, remettant à plus tard la rédaction d’une nouvelle constitution. Les élections législatives et présidentielles ont donc été tenues sous la constitution de l’ancien régime, pire les nouveaux élus, en majorité des islamistes, ont été chargés de créer une assemblée constituante ayant pour mandat de rédiger le projet d’une nouvelle constitution. La situation s’est gravement compliquée au moment où la plus haute cour du pays jugeait inconstitutionnel et illégal le parlement nouvellement élu, entraînant sa dissolution immédiate, du coup l’assemblée constituante créée par ledit parlement a vu sa légitimité remise en question. Le nouveau président s’est retrouvé par conséquent sans parlement ce qui lui a permis de cumuler les pouvoirs exécutif et législatif, il en a profité pour confirmer l’assemblée constituante dans ses fonctions, alors que la cour constitutionnelle avait pris cette cause en délibéré.
L’Égypte s’est donc retrouvée avec un président sans expérience, issu des frères musulmans et forcément sous l’obédience du guide suprême de la confrérie. Un président aux pouvoirs étendus mais dont la préoccupation principale fut de placer tous les centres de décision aux mains des frères musulmans. L’assemblée constituante, formée à plus de 70% d’islamistes ne pouvait résister à la tentation de rédiger un texte constitutionnel outrageusement teinté par la charia et dénué de toute garantie explicite à l’égard de l’égalité des citoyens, des libertés fondamentales, des droits des femmes et des minorités. Face à cette réalité, dans un geste qui se voulait de protestation mais qui en même temps remettait en question la légitimité de l’exercice, les libéraux, les socialistes et les coptes se sont retirés de l’assemblée constituante. Élu avec à peine 51% des voix au second tour, et face à l’impopularité croissante des islamistes, le nouveau président a choisi il y a deux semaines, poussé probablement par le guide suprême de la confrérie des frères musulmans, à frapper un grand coup en s’octroyant des pouvoirs dictatoriaux, et en se dispensant par décret de la loi existante et de toute contestation juridique.
Le coup d’état et la réaction de la population
Le coup de force du président Morsi et des frères musulmans est apparu comme un signe qui ne trompe pas de leur refus d’adhérer aux règles de la légalité et du jeu démocratique, il s’agit dans les faits d’un coup d’état qui ne dit pas son nom. Il est apparu clairement aux égyptiens que les frères musulmans étaient dès le début de mauvaise foi et qu’ils étaient en possession d’un agenda caché dont les éléments se sont dévoilés graduellement au fur et à mesure de l’évolution de la situation. Mais il ne faut pas minimiser l’impact de la conjoncture dans les calculs politiques des islamistes : parvenus au pouvoir dans un contexte difficile, ils ont tôt réalisé que leur incompétence, leur manque total d’expérience et leur dogmatisme rigide les amenaient à commettre des erreurs, sous leur gouverne la situation économique et sociale n’a cessé de se détériorer, ils se sont ainsi attirés des critiques acerbes de la part d’une population qui espérait beaucoup mieux, et pour qui le slogan « l’islam est la solution », avait créé des attentes légitimes. Face à leur perte en popularité et à la perspective de nouvelles élections législatives qu’ils risquaient cette fois de perdre, les frères musulmans n’ont eu d’autres choix que le coup de force pour conserver indéfiniment le pouvoir.
L’Égypte qui compte 90 millions d’habitants n’est pas facile à gouverner, il existe un fossé ou plutôt un abîme entre les besoins de la population et les ressources disponibles. Pour réussir tout gouvernement a intérêt, dans ce contexte, à solliciter la participation des « forces vives » de la nation. Le président de la république doit par conséquent s’élever au-dessus des intérêts partisans et des considérations idéologiques de son parti, il doit également savoir s’entourer en s’adjoignant les personnes les plus compétentes sans égard à leur couleur politique. C’est ce que Morsi avait promis de faire durant sa campagne électorale et c’est aussi ce qu’il s’est consciencieusement abstenu de faire une fois au pouvoir. Pour les frères musulmans l’Égypte ce n’est pas la Patrie, ce n’est que la première marche de l’escalier qui conduit au califat mondial. Les égyptiens se rappellent à présent de la déclaration du guide suprême des frères musulmans il y a moins de cinq ans; en réponse à un journaliste qui l’interrogeait sur sa vision concernant le rôle et la place de l’Égypte dans le concert des nations, il a dit textuellement : « toz fi Masr » ce qui se traduit par « f… l’Égypte ». En effet pour les islamistes il n’y a qu’une seule nation, c’est l’oumma islamique, l’Égypte n’étant qu’une vulgaire province sous le joug du calife!
Pour la majorité des égyptiens le portrait de la situation est désormais clair, les frères musulmans ne constituent pas une organisation patriotique, leur attachement à l’Égypte et aux intérêts de la nation égyptienne n’est que de la poudre aux yeux, il est sujet à caution pour ne pas dire mensonger. Leurs objectifs et leurs priorités sont ailleurs et la possession de l’Égypte n’a d’importance pour eux que comme moyen pour atteindre cet objectif suprême qu’est le califat mondial. Rien n’illustre autant cette réalité que la déclaration du guide suprême des frères musulmans à l’effet qu’il préfère de loin qu’un musulman indonésien ou pakistanais soit nommé président d’Égypte plutôt qu’un chrétien égyptien. Pour un islamiste, l’islam est la seule nationalité, la seule citoyenneté, la seule appartenance. Rien d’étonnant que la majorité des égyptiens aient refusé de suivre aussi loin les frères musulmans.
Mais les égyptiens ont fait mieux, ils leur ont tourné le dos dans un soulèvement qui rappelle non la révolution de 2011 mais celle de 1919, quand toutes les classes de la société se sont unies pour réclamer l’indépendance de l’Égypte alors sous protectorat britannique. Le message des égyptiens est clair, ils ne veulent pas du califat mondial et encore moins de l’oumma islamique, même s’ils sont en majorité musulmans leur première loyauté va à l’Égypte, leur véritable identité est égyptienne. Les islamistes ont beau fanatiser le petit peuple des paysans et des miséreux, ils n’ont pas réussi à changer profondément son identité.
Peut-on parler d’un mauvais calcul de la part des frères musulmans? D’aucuns le croient et pensent qu’ils auraient mieux fait de se montrer patients et pragmatiques, de commencer par donner un bon gouvernement à l’Égypte afin de ranimer l’économie, développer le tourisme, créer des emplois, investir dans le système de santé, assurer la sécurité et l’ordre, rebâtir les infrastructures etc. et d’assurer leur présence au pouvoir en se soumettant de bon gré au processus démocratique; mais cela aurait exigé de leur part de « mettre de l’eau dans leur vin » et de rechercher activement le compromis et le consensus toutes choses, faut-il le souligner, contraires à la mentalité des islamistes.
Le retour des révolutionnaires dans la rue
Le choc entre les frères musulmans et le peuple égyptien ne peut plus être évité, le nœud gordien ne fait que se resserrer et l’issue de la crise ne peut être envisagée sans qu’il y ait un gagnant et un perdant.
Déjà les juges ont décidé dans leur immense majorité de ne pas superviser le référendum sur la nouvelle constitution. Les magistrats de la cour constitutionnelle ont vu leur pouvoir annulé par le décret présidentiel, or ce décret est en lui-même inconstitutionnel, en le promulguant le président a outrepassé ses compétences et s’est arrogé des pouvoirs dictatoriaux, il a par conséquent violé la constitution qu’il avait fait serment de défendre, il est donc passible de destitution, mais dans le climat actuel rien n’est sûr et tout peut arriver : la désobéissance civile, la révolution populaire, la guerre civile, un coup d’état militaire ou tout cela en même temps.
L’opposition
s’est « unifiée » sous l’égide d’un « front de salut
national » regroupant les chefs des partis et les anciens candidats à la
présidence. Les foules qui les appuient et plus souvent les précèdent sont
nombreuses et leur présence se fait sentir partout en Égypte mais plus
particulièrement dans le Nord et dans les villes jouxtant le canal de Suez. Les
villes principales ont été le théâtre de manifestations majeures réunissant des
centaines de milliers de personnes. On observe le même phénomène de crescendo
dans les revendications qu’en janvier 2011, les foules ont commencé par exiger
l’abrogation du décret présidentiel, mais elles exigent actuellement la destitution du président et la mise sous tutelle de l’organisation des frères musulmans.
Et l’on assiste actuellement à un phénomène nouveau qui répond à un sentiment longtemps réprimé. Le rejet de la part des révolutionnaires de l’islam politique et de ses représentations, il s’accompagne de la redécouverte de l’identité égyptienne. On a vu sur la place Tahrir des jeunes habillés en costume de pharaon, une façon comme une autre de se dire et de se sentir authentiquement égyptiens. Le sentiment négatif pour ne pas dire l’aversion et l’agressivité sont désormais dirigés vers l’Arabie Saoudite et le Qatar, les locaux de la chaîne de nouvelles d’Al Jazirah ont été vandalisés et on y a mis le feu. Les locaux des frères musulmans ont été attaqués un peu partout, les islamistes violents ne font plus peur, c’est plutôt la peur qui a changé de camp. La police anti-émeute qui s’oppose aux manifestants est la même que sous Moubarak, elle a simplement changé de maître. Le nouveau président a pris soin de passer l’éponge sur ses excès et ses brutalités antérieures, de la maintenir telle quelle et de s’en servir pour réprimer ses opposants. Les manifestants ont vite compris que la tyrannie n’a fait que changer de visage, elle est toujours en place et a la ferme volonté de durer.
À l’Ouest rien de nouveau !
La réaction des pays occidentaux est jusque là très « prudente », Morsi se mérite un traitement nettement moins incisif que celui auquel Moubarak a eu droit, en particulier de la part de l’administration Obama. Les chancelleries occidentales désapprouvent du bout des lèvres le coup de force des frères musulmans, elles souhaitent une entente à l’amiable et encouragent les forces en présence à négocier. L’intransigeance du président Morsi, le mépris qu’il démontre à l’égard du pouvoir judiciaire et de l’opposition, ne peuvent que soulever des doutes sur sa bonne foi, mais on n’a pas encore vu un seul pays occidental rappeler son ambassadeur, et Obama garde sur le sujet un silence pudique pour ne pas dire complice alors que dans le cas de Moubarak il s’était empressé de lui montrer la porte.
Les médias occidentaux ne saisissent pas encore l’importance de l’évènement et encore moins ses impacts potentiels dans le futur, leur regard est fixé sur le moment présent mais ce regard est superficiel, tout au plus descriptif, il ne comporte aucune analyse en profondeur et se montre incapable ou non désireux de dégager le sens de cette crise. Des égyptiens musulmans qui se révoltent massivement contre le pouvoir des islamistes moins d’un an après les avoir portés au pouvoir ne suscitent aucune interrogation chez la gent journalistique !
L’inertie voire la paresse intellectuelle de ceux qui se prétendent experts en la matière prive le public occidental et ses dirigeants d’informations cruciales et d’analyses pertinentes sur la situation en Égypte. Tout au plus présente-t-on la crise comme une vulgaire lutte pour le pouvoir sans égards aux enjeux fondamentaux. Tout se passe comme si les conséquences de la crise en Égypte ne devaient pas dépasser les frontières de ce pays. Nul ne semble s’intéresser à l’éventualité d’une guerre civile dans ce pays qui compte 90 millions d’habitants et qui constitue le point de rencontre entre trois continents. Qu’arriverait-il au mouvement islamiste mondial si l’Égypte parvenait à se dégager de l’emprise des frères musulmans ? Quelles leçons l’Europe et l’Amérique doivent-elles tirer des manœuvres politiques des islamistes, de leur mauvaise foi et de leur volonté d’imposer coûte que coûte leur tyrannie ?
Les leçons qu’il faut tirer de la révolution égyptienne
Le printemps égyptien de 2011 s’est mué en hiver musulman, mais l’Égypte en tant que proie s’est avérée trop grosse pour être avalée par le boa islamiste. Les choses ne se passent pas comme prévu, les égyptiens n’ont pas mis de temps à comprendre que leurs problèmes pratiques et leurs besoins criants dans tous les domaines n’intéressent aucunement les frères musulmans, ces derniers n’ont d’autres préoccupations que l’application de la charia, la domination politique à perte de vue et le califat mondial; aujourd’hui comme hier c’est « Toz fi Masr » (f… l’Égypte), ce message les égyptiens l’ont reçu cinq sur cinq et ils y répondent par la révolution.
L’islam n’est pas la solution, l’islam c’est le problème ! Dans une société à majorité islamique l’islam politique est un facteur de division, telle est la leçon pratique que des millions d’égyptiens ont tirée de leur expérience avec les frères musulmans; c’est pourquoi ils aspirent à un régime politique moderne où leurs droits et leur dignité seront protégés, un régime inclusif, orienté vers l’obtention de résultats concrets dans tous les domaines où l’Égypte souffre de retard et de privations, et qui aura comme priorité de réaliser la justice sociale et soulager la misère.
Mais la
signification de la crise en Égypte va au-delà de l’incompatibilité entre les
aspirations du peuple égyptien et les objectifs politico-religieux des frères
musulmans, elle plonge loin dans les racines historiques et culturelles de
l’Égypte. Il s’agit comme du temps des conquérants perses macédoniens et
romains de la pérennité de l’âme égyptienne. L’Égypte ne se soumet qu’à celui
qui respecte sa nature profonde et intemporelle, celui qui cherche à la
dénaturer ou à la mutiler est voué à la disparition. En Égypte
« l’épaisseur de civilisation » est telle qu’il est futile d’essayer
de la remplacer par une idéologie totalitaire.
On ne peut s’empêcher de faire des rapprochements entre la Tunisie et l’Égypte, la simultanéité des évènements dans ces deux pays est frappante, le pouvoir islamiste y est vigoureusement contesté, cela tient en partie à la conjoncture économique mais cela est également en lien avec l’échec de l’islam politique et son rejet par le peuple. Cet échec était prévisible* mais pour les « experts » occidentaux la nouvelle réalité est plus que dérangeante, elle est déroutante du fait qu’elle les oblige à remettre en question leurs analyses et leurs prédictions. Ceux qui conseillent le Département d’État et la Maison Blanche avaient depuis longtemps abandonné les pays arabes aux islamistes et avaient remodelé en conséquence la politique étrangère des États-Unis, d’où le retard pris par l’administration américaine à prendre acte de la nouvelle réalité et sa réticence à dénoncer le coup de force des frères musulmans.
La crise en Égypte suscite l’inquiétude mais elle permet d’entrevoir de nouvelles perspectives. Même s’il parvient à garder le pouvoir l’islamisme ne peut s’en sortir qu’affaibli et discrédité, il ne pourra se maintenir au pouvoir que par l’arbitraire et la force brutale. Pour les occidentaux ce qui se passe en Égypte est comme un avertissement : des crises similaires pourraient dans moins de trente ans éclater en Europe mais avec plus de déchirements et de violences. Il est plus que temps que nous assimilions la leçon et que nous nous attelions à la tâche de les prévenir.
* se référer à ma chronique du 17 novembre 2011 : L’islamisme au Moyen-Orient : le moment de vérité

Témoignage exceptionnel, profond, d’un musulman converti au christianisme, ancien rédacteur en chef associé du plus grand quotidien d'Italie, sous protection policière depuis 8 ans
Peu de gens s'intéressent aux musulmans ordinaires qui ont quitté l’islam. KS nous offre un regard de l’intérieur sur son expérience
Hege Storhaug, chef du Service des droits humains, parle des étudiants de l’Université d’Oslo qui approuvent l’amputation, la décapitation et les crimes d’honneur
Malgré la propagande massive des organisations islamiques, de plus en plus de gens commencent à reconnaître l’islam pour ce qu’il est en réalité : une escroquerie - Amil Imani
Une analyse lucide de la terrible efficacité de l’Islam comme système clos, comme système s’auto-perpétuant
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Necla Kelek, sociologue allemande d'origine turque, invite les musulmans à reconnaître les problèmes de leur culture d'origine et à les résoudre en mettant à profit la liberté dont ils jouissent en Occident.

La taqiyya, ou doctrine de la tromperie islamique, est très présente dans la politique islamique, particulièrement à l’époque moderne
Cher Helios que dire, si ce n'est pourquoi nos médias et politiques occidentaux n'ont pas votre clairvoyance.
Rédigé par : grandpas | 04/12/2012 à 00:56
Les médias sont de purs marxistes culturels : selon eux on dirige la plèbe avec du pain et des jeux, comme si les peuples n'avaient aucune motivation transcendante.
Les Frères Musulmans ont la même vision que ces marxistes, ils mettent le fait religieux au service de la politique.
Ils détestent la spiritualité et le patriotisme qu'ils considèrent comme un méprisable culte des ancêtres gênant sur le chemin ténébreux du Nouvel Ordre Mondial.
Rédigé par : Jeanne Bertin | 04/12/2012 à 03:31
Oui l'islam est le problème, la maladie mentale inculquée dès l'enfance, le cancer le plus mortel qui soit ... et nos sociétés occidentales se laissent infecter et gangrener par cette maladie mortelle, criminelle, par ceux qui devraient nous en protéger : les politiques, les journalistes, les abrutis de gauche (en général), les crétins aveugles muticulti, et les éternels compassionnels de tout sauf de leur voisin et de leur civilisation
Rédigé par : luxide | 04/12/2012 à 05:40
Voila qui est très intressant!
Rédigé par : fille écoeuré | 04/12/2012 à 06:56
Très éclairant; avec un souffle d'espoir plus que bienvenu alors que les occidentaux, USA inclus, ont lâchement fermé les yeux devant la falsification des "révolutions".Je salue le courage et la capacité d'espérance de tous ceux qui dans ces pays ne se laissent pas intimider par la pieuvre islamique et qui luttent pour la dignité humaine alors même qu'ils manquent de pain et de soins.Que ce soit en Egypte, en Tunisie etc...où il n'y a pas la satanée "richesse dans la paresse" comme dans les monarchies arabes pétrolières, les islamistes finiront par perdre non seulement parce que l'obscurantisme n'est pas viable, mais par leur incompétence foncière à nourrir, éduquer,protéger, d'immenses peuples qu'ils voudraient domestiquer.Il faudrait que cet article soit traduit et diffusé dans les médias européens et américains. Tant de gens ne savent pas et ne cherchent pas à savoir ce qui arrive en vérité.
Rédigé par : laetitia | 04/12/2012 à 09:55
Hélios affirme:
«Dans une société à majorité islamique l’islam politique est un facteur de division, telle est la leçon pratique que des millions d’égyptiens ont tirée de leur expérience avec les frères musulmans; c’est pourquoi ils aspirent à un régime politique moderne où leurs droits et leur dignité seront protégés, un régime inclusif...»
Cette affirmation est difficilement validée par un sondage très crédible effectué en Égypte par Pew Research en 2010 dont la marge d'erreur esr de 4%:
85% des Égyptiens de confession musulmane croient que l'islam et la politique vont ensemble ( élément positif)
2% seulement pensent le contraire
82 % des Égyptiens de confession musulmane sont d'accord avec la lapidation lorsqu'il y a adultère
84 % des Égyptiens de confession musulmane sont en faveur de la peine de mort lorsqu'un musulman renonce à l'islam ( apostasie)
77% sont en faveur des châtiments corporels pour le délit de vol ( fouetter et couper une main)
http://www.pewglobal.org/files/2010/12/Pew-Global-Attitudes-Muslim-Report-FINAL-December-2-2010.pdf
Rédigé par : Phil | 04/12/2012 à 12:11
Dans l'histoire de l'humanité aucune dictature peut tenir contre les peuples,même l'Islam sombrera et mourra car l'Islam est déjà mort depuis longtemps,nous pouvons mentir aux autres mais pas à soi même,vouloir jouer aux morts vivants musulmans fatigues les peuples,chassé le réel et il revient au galop,Islamic hatred out.
Rédigé par : xtemps | 04/12/2012 à 18:15
@ Phil,
Tout d'abord merci pour votre commentaire, les arguments que vous avancez sont pertinents, je me propose d'y répondre.
Les statistiques que vous citez sont une chose et la réalité en est une autre. Il y a en Égypte pas moins de quatre millions d'enfants des rues de pères et de mères inconnus, tous ou presque le fruit de ce qu'il convient d'appeler l'adultère. Or l'Égypte n'a été le théâtre d'aucune lapidation durant les deux derniers siècles. Les crimes d'honneur par contre sont légion. Comment expliquer ce paradoxe? Les crimes d'honneur sont un phénomène rural, là où la société est tissée serré et où tout le monde connait tout le monde. Les viols, les rapports sexuels hors mariage, les enfants illégitimes, la prostitution etc. sont un phénomène urbain. Or de plus en plus de gens vivent dans les villes et quittent la campagne, certaines villes comme le Caire et Alexandrie sont devenues des mégapoles et leur expansion s'effectue sans planification et bien souvent en l'absence totale d'infrastructures et de services: rues, égouts, eau courante, électricité, écoles, transports publics etc.
Dans ces milieux où la misère côtoie le sordide, les gens s'installent et se débrouillent comme ils peuvent, le type de société qui émerge de ces groupes humains est, on peut le deviner, très différent de la société égyptienne traditionnelle. Ces laissés pour compte sont plusieurs millions et leur nombre augmente inexorablement. Une chose est sûre ils ne figurent dans aucune statistique, et très peu d'entre eux (ils sont payés pour voter du bon bord) se retrouvent sur les listes électorales. Autrement comment expliquer qu'un pays qui compte 90 millions d'habitants puisse élire son président avec 12 millions de voix seulement dont moins d'un million de voix de majorité!
Le sondage de Pew Research dont la méthodologie est en apparence rigoureuse n'a pas posé les bonnes questions, le questionnaire a été conçu de telle sorte que les gens n'avaient d'autre choix que donner la "bonne réponse". Il faut comprendre qu'en Égypte tout le monde veut apparaître vertueux, donc tout le monde est 100% pour l'islam, il est impensable pour la plupart des sondés de répondre autrement. Les islamistes le savent c'est pourquoi ils ne se gênent pas pour accuser les laïcs et les libéraux d'apostasie.
Les sondeurs auraient donc été plus avisés de poser les questions différemment ou bien d'en ajouter d'autres qui aideraient à nuancer les premières comme par exemple: "Seriez-vous d'accord pour qu'un gouvernement selon la charia reste au pouvoir indéfiniment même s'il s'avère incompétent?" Autre question: "Seriez-vous disposé à voter pour un parti non-religieux pour remplacer un gouvernement selon la charia qui n'a pas tenu ses promesses?" Autre question; "êtes-vous d'accord avec l'idée de voter pour le parti qui vous semble le meilleur même s'il n'est pas religieux?"
Et pour ce qui est de la lapidation les questions complémentaires pourraient être les suivantes:" S'ils vous arrive de commettre l'adultère accepteriez-vous d'être puni par la lapidation?" Et cette autre question: "Seriez-vous prêt à lapider un ami qui vous est cher mais qui a commis un adultère?"
Et pour ce qui est de la peine de mort en cas d'apostasie les questions complémentaires pourraient être celles-ci: "S'il vous arrive de cesser d'être musulman ou si vous changez de religion seriez-vous d'accord pour qu'on vous tue?" et/ou: "Si votre frère ou votre sœur ou votre ami(e) abandonne l'islam, seriez-vous d'accord pour qu'on le (la) condamne à mort?"
Le même type de questions complémentaires est à poser dans le cas des châtiments corporels.
Au Québec, il n'y a pas si longtemps les gens chantaient: "Tout le monde veut aller au ciel, mais... personne ne veut mourir". En Égypte c'est un peu la même chose: "Tout le monde veut la charia, mais... personne n'aimerait être lapidé ou amputé d'une main" d'autant plus que les égyptiens volent et forniquent à la première occasion.
Ceci dit il existe des musulmans pieux mais sans fanatisme ni haine (ils sont tout de même assez nombreux en Égypte), s'il leur arrive de visiter ou d'émigrer dans un pays occidental, ils sont habituellement touchés pour ne pas dire très impressionnés par le respect et la considération qu'obtiennent les citoyens, même les plus démunis. C'est ce qui fait dire à certains de ces visiteurs ou immigrants: "j'ai trouvé en Amérique (ou en Europe) le vrai islam mais pas de musulmans!" Entendre par là qu'ils ont fait l'expérience de ce qu'ils considèrent comme étant l'idéal en fait de rapports sociaux ou de comportement humain. Certains vont jusqu'à se questionner sur les raisons qui font qu'Allah a décidé de privilégier à ce point les peuples incroyants.
On peut bien arguer et avec raison que ces gens ne pratiquent pas le véritable islam, sauf que pour eux, la religion qu'ils pratiquent c'est le vrai islam. Ce sont ces gens qui se révoltent contre les frères musulmans qui eux mettent en pratique le véritable islam, celui qui nous est, hélas si familier.
Hélios d'Alexandrie
Rédigé par : Hélios d'Alexandrie | 04/12/2012 à 22:53
Très bon commentaire Hélios.Tout à fait vrai.
Rédigé par : mona | 05/12/2012 à 08:15
Excellent article encore une fois !
Merci et continue de nous informer de la sorte.
J'aime te lire !
Un apostat...
Rédigé par : Fathis | 06/12/2012 à 13:17
Je tiens à remercier les lecteurs pour leurs commentaires éclairants qui ajoutent de la vie à mes chroniques. Je voudrais leur apporter un complément d'information.
Le sang a coulé en Égypte, plus de cinq morts tués par les milices des frères musulmans, dont un journaliste. Les opposants de leur côté ont pris les choses en main et n'ont pas l'intention de se laisser intimider. Le fait est que l'attaque des milices contre les opposants qui campaient devant le palais présidentiel s'est passée au moment où l'adjoint du président avait réuni les journalistes en conférence de presse pour leur déclarer qu'il lui sera difficile de blâmer les gens qui voudront protéger la "légitimité" issue des urnes. Pendant qu'il parlait ainsi les milices agressaient les opposants désarmés avec des armes blanches des gourdins et des armes à feu. Les journalistes réunis dans le palais ne se doutaient de rien et ce n'est que plus tard quand ils sont sortis qu'ils ont constaté que la place a été transformée en champ de bataille.
La police a décidé de ne pas faire le sale travail, on peut comprendre ses cadres qui craignent d'être accusés de violence et de servir de boucs émissaires. C'est la raison pour laquelle les milices des frères ont été mises à contribution. On dit que ces milices sont dirigés par Khayrat el Shater, c'est lui qui tire les ficelles et qui dit à Morsi quoi faire.
On a de plus en plus l'impression d'être dans une course contre la montre, l'échéance référendaire est dans une semaine, et les islamistes ont hâte de mettre les opposants devant le fait accompli d'un référendum bidon qu'ils croient pouvoir truquer en leur faveur.
Obama aura de plus en plus de peine à justifier son attitude. La foule des opposants est de plus en plus impressionnante, les frères musulmans font preuve de violence, la situation semble se dégrader à tous les jours pour ne pas dire à toutes les heures. L'appui que les USA accordent jusqu'à présent à Morsi risque de s'effriter, surtout si la révolution continue de monter en puissance menaçant le règne de Morsi. Le fait est que ce n'est pas Morsi qui est aux commandes mais ses supérieurs à la tête de l'organisation, c'est avec eux que les américains devraient discuter. Si le plateau de la balance devait pencher en faveur des révolutionnaires, Obama n'aura d'autres choix que voler au secours de la victoire, faire autrement compromettrait la capacité des USA d'influencer la politique en Égypte. Mais même si les frères musulmans réussissaient à se rendre au référendum et à le "gagner", Obama aura du mal à passer l'éponge sur leurs forfaits et à faire comme si de rien n'était.
Les médias américains sont biaisés en faveur des frères musulmans et pas seulement les médias de gauche. Mais ces médias ne pourront pas continuer à les exonérer de tout blâme sans finir par se discréditer. Les images parlent, les centaines de milliers de manifestants, hommes femmes, jeunes vieux, de toutes les classes sociales, de tous les partis et de toutes les régions, forment un contraste frappant avec les partisans des frères musulmans, tous des hommes dans la vingtaine ou la trentaine, plus ou moins barbus conduits par des leaders à qui ils obéissent au doigt et à l'œil.
Les manifestants le savent qui sont résolus à gagner la bataille médiatique. D'ores et déjà les frères musulmans ont laissé tomber la bataille médiatique pour la bataille de rue, celle où ils croient détenir l'avantage. Au diable leur image en occident, le fait accompli ils l'imposeront à tous et l'occident dans sa lâcheté fermera les yeux et dira Amen. Mais ils risquent de se tromper dans leur calcul car le peuple égyptien est décidé à ne plus se laisser asservir, sa liberté il est bien décidé à la protéger quel qu'en soit le prix.
Hélios d'Alexandrie
Rédigé par : Hélios d'Alexandrie | 07/12/2012 à 18:07