Hélios d'Alexandrie nous explique pourquoi les autorités saoudiennes et des milliers de musulmans à travers le monde sont si profondément ébranlés par les courts messages du jeune poète et journaliste Hamza Kashgari qui nous paraissent anodins, au point de réclamer sa mise à mort (lire les messages incriminés à la fin du billet)
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Hamza Kashgari a été arrêté à Kuala Lumpur et renvoyé sous bonne garde en Arabie Saoudite. Il sera sans doute jugé et condamné, non pour apostasie, mais pour insulte à Allah et blasphème contre Mahomet, il risque la peine de mort par décapitation.
Nul n’est en mesure de dire si son sort est scellé, ni si les pressions internationales réussiront à le tirer d’affaire, mais quel que soit son destin, ce jeune journaliste et poète aura, sans le savoir et sans l’avoir recherché, renversé l’idole la plus formidable et la plus effrayante qui soit. C’est la raison pour laquelle les gardiens du temple, qui sont également ses marchands, se sont levés comme un seul homme pour le condamner. Les autorités malaises n’ont pas hésité un seul instant, malgré les pressions internationales, à acquiescer promptement aux demandes des saoudiens. C’est que les malais sont majoritairement musulmans et subissent de plus en plus l’influence du wahhabisme importé d’Arabie.
Notre mode de pensée et notre sensibilité ne nous permettent pas de saisir pourquoi les musulmans se scandalisent des propos tenus par Kashgari*. Nous ne voyons pas en quoi il a manqué de respect à Allah ou à Mahomet. Nous pouvons même constater qu’il n’a nullement fait mention d’Allah et qu’il s’adresse à Mahomet comme à une personne avec laquelle il aimerait établir une relation basée sur l’égalité et l’estime mutuelle.
Hamza Kashgari est tombé dans la marmite du salafisme quand il était petit mais il lui a tourné le dos à l’âge adulte et s’est laissé emporter par le vent de liberté qui souffle d’internet. L’atmosphère oppressante et irrespirable du Royaume saoudien l’a poussé à s’exprimer de plus en plus ouvertement en faveur de la liberté. Ses prises de position ont attiré l’attention des fanatiques et des sbires wahhabites, il s’est retrouvé sans y prendre garde dans leur ligne de mire, au premier faux pas (et quel faux pas !) il a été abattu.
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