Les membres de la religion Bahaï, apparue en Iran au 19ème siècle, sont traités comme des hérétiques à persécuter absolument. En droit iranien, le sang des Bahaï est considéré mobah, ce qui veut dire qu’il peut être répandu en toute impunité. Plus de deux cents Bahaïs ont été exécutés depuis 1979. Dans certains cas, les mots « ennemi de l'islam » ont été écrits sur les cadavres. Ils sont exclus de l'enseignement supérieur.
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Depuis plus de dix ans, des universités et professeurs canadiens jouent un rôle discret mais essentiel pour permettre aux étudiants bahaïs, qui sont exclus des universités iraniennes en raison de leur religion, de poursuivre des études supérieures.
Le gouvernement iranien vient de déclarer leurs diplômes canadiens « illégaux ». Il a également jeté en prison des professeurs et employés bahaïs impliqués dans une initiative communautaire, l’Institut Bahaï pour l’enseignement supérieur (IBES) créé en 1987 après que le gouvernement de l'Iran a congédié tous les professeurs bahaïs et expulsé les étudiants bahaïs des établissements d'enseignement postsecondaire.
En 1998, l'Université Carleton a commencé à accepter des étudiants iraniens bahaïs ayant complété l’équivalent d'un diplôme de premier cycle à l'IBES. Compte tenu de la performance académique exceptionnelle des premiers étudiants bahaïs, d’autres universités canadiennes ont admis des diplômés bahaïs à la maîtrise et au doctorat, dont l'Université de la Colombie-Britannique, l'Université Simon Fraser, l'Université du Manitoba, l'Université Queen, l'Université d'Ottawa, l'Université McGill et l'Université Concordia.
Les diplômés des universités canadiennes sont retournés en Iran malgré les attaques croissantes contre leur communauté, pour enseigner des matières telles que l'ingénierie, la psychologie et l’économie aux étudiants bahaïs de l’IBES. Une fois en Iran, ils ont toutefois été soumis à un large éventail de violations des droits humains, y compris le refus d'accès à d’autres études et à l’emploi. Leurs diplômes canadiens ne sont pas reconnus, ce qui les empêche de contribuer au développement de leur pays.
La communauté bahaïe est la plus importante minorité religieuse non musulmane en Iran. Depuis 1979, le gouvernement iranien cherche à les priver de tous les droits de la citoyenneté par des politiques répressives. Pourtant, la réponse des bahaïs a été constructive et même héroïque, y compris la création de l'IBES pour l'enseignement supérieur afin de répondre aux besoins éducatifs des jeunes - un effort qualifié par le New York Times d’« acte élaboré d’auto-préservation communautaire ».
Depuis sa création, l'IBES a recruté 300 employés, y compris des éducateurs internationaux bénévoles, bahaïs et non-bahaïs, qui enseignent via l'Internet. Environ 1000 étudiants bahaïs étudient dans leur « salle de classe » à la maison et dans des laboratoires dans des endroits discrets, et ils font souvent leurs travaux en ligne.
En mai 2011 les autorités iraniennes ont lancé un raid dans plusieurs villes, arrêtant et emprisonnant 16 enseignants et administrateurs associés à l’IBES. Plusieurs mois plus tard, les tribunaux ont condamné sept d’entre eux à un total de 30 ans de prison. [...]
Source : Iran Jails Bahá’í Educators, Calling Their Canadian Degrees Illegal, CAUT Bulletin
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