L'International Humanist and Ethical Union (IHEU) (Union internationale humaniste et éthique) a déposé devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU un
excellent rapport sur la discrimination contre les athées, les humanistes et les libres penseurs dans le monde. Le Rapporteur Spécial de l'ONU sur la liberté de religion et de croyance s'est félicité de ce rapport.
Les éléments saillants du rapport sont résumés sur le site de l'IHEU. Ci-dessous, la partie du résumé portant sur les efforts de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) pour faire interdire le blasphème en droit international, qui seront au centre des rencontres avec les pays occidentaux dans le cadre du Processus d'Istanbul. L'OCI fait valoir que le dénigrement des religions constitue un "abus" de la liberté d'expression, une forme d'intolérance qui porte atteinte à la liberté de religion.
Sur la couverture du rapport, la photo d'Alber Saber, un jeune égyptien d'origine copte devenu athée et qui a été condamné à trois ans de prison pour avoir exprimé ses vues sur Facebook:

La censure explicite n’est pas nécessaire pour
menacer la liberté d’expression en ligne. La position de l’OCI sur le «dénigrement
des religions» et les lois nationales contre le «blasphème»
et «l’apostasie» ont un grave effet dissuasif sur l’utilisation des
médias sociaux. Le nombre d’inculpations pour avoir simplement exprimé des opinions en ligne a augmenté dans plusieurs pays. -IHEU
Lire aussi :
L'OCI relance ses efforts en vue de la criminalisation du dénigrement des religions
Le "Processus d'Istanbul", un processus pervers
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Faire obstacle aux nouvelles demandes de l’OCI
Le rapport de l’IHEU
a été soumis au Conseil des droits de l’homme à l’ouverture de sa 22e
session.
Il s’inscrit
dans le contexte des nouveaux efforts des pays islamiques en vue de faire interdire, partout dans le monde, le «dénigrement des religions». Citant comme exemple d’islamophobie
le vidéo YouTube L’innocence des musulmans, les représentants de
l’OCI ont appelé l’ONU à restreindre la liberté de critiquer les religions au niveau international.
L’IHEU a déjà tiré la sonnette d'alarme sur cette stratégie et sur des efforts similaires
de l’OCI visant à qualifier de «racisme» l’expression de vues
athées.
Plus tôt ce
mois-ci un haut fonctionnaire de l'Organisation de la coopération islamique
(OCI) regroupant 57 pays a annoncé que l’OCI dirigereait ses efforts sur l’obtention d’un
accord pour criminaliser le dénigrement des religions lors de rencontres à
venir avec les pays occidentaux. En novembre 2012, le chef de la Ligue Arabe
(21 états membres) a informé le Conseil de sécurité de l'ONU à New York que son
organisation souhaitait un cadre international contraignant pour assurer le «respect
des religions et de leurs symboles».
L'IHEU et d’autres
groupements d’ONG font valoir que de nombreux gouvernements musulmans utilisent
cette terminologie et le concept de «blasphème religieux» dans leurs
propres pays pour intimider à la fois les athées et les adeptes d’autres
religions.
Hypocrisie
et menace pour les droits humains
Trois des pays
dotés d'une législation prévoyant la peine de mort pour blasphème contre
l'islam - une accusation pouvant être portée contre les athées qui révèlent publiquement
leurs vues - sont membres du Conseil des droits de l’homme : le Pakistan,
la Mauritanie et les Maldives. Des pays islamiques - dont le Bangladesh, le Bahreïn,
l'Égypte, l'Indonésie, le Koweït, l'Arabie saoudite, la Tunisie et la Turquie -
ont également intensifié les poursuites pour l’expression «blasphématoire»
de la critique de la religion dans les médias sociaux tels que Facebook et
Twitter. Certains de ces gouvernements «poursuivent ceux qui expriment des
doutes ou des vues dissidentes sur la religion, sans égard au fait que ces
dissidents s’identifient comme athées ou pas», affirme le rapport de l’IHEU
soumis au Conseil des droits de l’homme.
Les pays membres
de l'OCI occupent 15 sièges au Conseil des droits de l’homme ; tous ces
pays sont situés en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient, et représentent un peu
moins d'un tiers des membres du Conseil.
Absence de conflit entre la liberté de religion et
la liberté d’expression
Le rapport
conclut :
«Enfin,
nous demandons instamment au Conseil des droits de l’homme de rejeter toute idée
d’un conflit entre les articles 18 et 19 de la Déclaration universelle des droits
de l’homme, à savoir un conflit entre la liberté de religion et la liberté d’expression. Ce conflit n’existe
pas : les religions n’ont pas de droits humains, seules les personnes sont
titulaires de tels droits, y compris le droit à la liberté d’expression et
celui de manifester ses croyances par la critique de la religion et la force de
la persuasion. La reconnaissance d’une absence de conflit entre ces deux articles
est une condition préalable à l’élimination de la discrimination sur la base
des croyances».
Sonja Eggerickx,
présidente de l'IHEU, a déclaré : «À l'ONU, les humanistes ouvrent la
voie à une défense honnête et intelligente de la liberté de religion et de
croyance. Ils agissent non seulement pour ceux qui ne pratiquent aucune
religion, mais aussi pour les minorités religieuses et les non-conformistes partout
dans le monde. L'expression des vues éthiques des humanistes, ou d'opinions critiques envers les croyances ou pratiques religieuses, peut certainement être
considérée comme «offensante» par certains croyants, mais ce n'est
pas une atteinte aux droits des individus à la liberté de religion. Par contre, supprimer ou bannir l’expression des vues humanistes ou athées constitue
certainement une atteinte aux droits des personnes ne professant aucune
religion.
Il n’y a pas de
conflit juridique entre ces droits et libertés. Le conflit survient lorsque les
lois nationales portent atteinte au droit à la liberté de pensée et d’expression
que nous méritons tous ».
Source : IHEU.org,24 février 2013.
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