La pakistanaise Asma Jahandir, Rapporteuse spéciale de l'ONU sur les questions de religion ou de conviction et présidente de la Commission des droits de l'homme du Pakistan, a dénoncé la votation suisse contre les minarets, et elle accuse la Suisse de violer les obligations que lui impose le droit international.
Quelle hypocrisie grotesque quand on sait que le Pakistan impose un régime brutal de dhimmitude à ses minorités religieuses non musulmanes, que la minorité chiite est fréquemment victime d'attaques violentes par les sunnites, que les ahmadi, des musulmans considérés comme hérétiques, sont persécutés sans relâche et font partie de ceux que le Canada accueille comme réfugiés du Pakistan. Sur la persécution des minorités religieuses au Pakistan, souvent sous le faux prétexte de blasphème envers l'islam, lire ici et ici et ici et ici et ici et ici et ici et ici et ici.
Le Dr Nazir S. Bhatti, président du Congrès chrétien du Pakistan, a d'ailleurs critiqué la déclaration de Mme Jahandir, soulignant le deux poids et deux mesures dans la défense des droits des minorités religieuses (lire).
La spécialiste des droits humains a déclaré que l’interdiction violait
les obligations internationales de la Suisse et traduisait une « nette
discrimination ». Ci-dessus, Asma Jahangir, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la
liberté de religion ou de conviction et présidente de la Commission des
droits de l’homme du Pakistan.
Lire aussi : Chrétiens pakistanais : "L'Arabie saoudite va-t-elle permettre la construction de cathédrales en défi devant l'interdiction des minarets en Suisse ?"
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Asma Jahangir, représentante à l’ONU, met en garde la Suisse à propos du refus des minarets
GENÈVE : Une experte des droits de l’homme à l’ONU a averti lundi que le référendum suisse interdisant tout nouveau minaret constituait une restriction à la liberté religieuse et une violation des obligations qui s'imposent à la Suisse en vertu des traités internationaux.
« Je conseille donc vivement aux autorités suisses de respecter la totalité de leurs obligations internationales et de prendre les mesures nécessaires pour protéger pleinement le droit à la liberté religieuse des membres de la communauté musulmane », a déclaré Asma Jahangir, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la liberté de religion ou de conviction.
« Comme l’a également affirmé il y a un mois le Comité des Nations Unies sur les droits de l’homme, cette interdiction est contraire aux obligations qui s'imposent à la Suisse en vertu du droit international relatif aux droits humains », ajoute la déclaration publiée par les Nations Unies.
Dans un référendum organisé dimanche, plus de 57 pour cent des votants ont approuvé la proposition d’un parti de droite visant à interdire la construction de minarets en Suisse.
Selon le gouvernement suisse, qui s’était opposé à l’interdiction, le vote n’avait aucune portée sur les mosquées elles-mêmes ni sur la pratique religieuse.
Pourtant, Jahangir a maintenu que l’interdiction traduisait une « nette discrimination » à l’égard de la communauté musulmane de Suisse.
« Je suis très inquiète des conséquences négatives que le résultat du vote va avoir sur la liberté de religion ou de conviction des membres de la communauté musulmane de Suisse. De fait, l’interdiction des minarets constitue une restriction indue à la liberté de manifester sa religion et représente une nette discrimination à l’égard des membres de la communauté musulmane de Suisse », a-t-elle ajouté.
Le Pacte international de 1966 relatif aux droits civils et politiques, que la Suisse a ratifié comme 164 autres pays, oblige les gouvernements à protéger et respecter la liberté de pensée, de conscience et de religion.
De son côté, le parti suisse des Verts a annoncé qu’il envisageait de faire appel de l’interdiction devant la Cour européenne des droits de l’homme.
Le Parti du peuple suisse (SVP), plus important groupe politique du pays et seule force politique classique à soutenir l’interdiction, a averti lundi qu’il préfèrerait dénoncer les traités internationaux plutôt que de se soumettre à une décision de l’UE ou des Nations Unies.
Bien qu’ayant réuni 28 pour cent des suffrages aux dernières élections générales, le SVP, parti de droite, ne peut pas constituer à lui seul une majorité parlementaire.
La liberté religieuse est l’une des pierres angulaires de la constitution suisse.
Source : UN rep Asma Jahangir warns Swiss over minaret ban, Dawn, 1 décembre 2009
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