La progression de la charia est le principal facteur de régression de la condition des femmes dans le monde. Or, nos féministes demeurent honteusement silencieuses. Sous le prétexte fallacieux de ne pas imposer leur version du féminisme aux femmes non occidentales, elles abandonnent à elles-mêmes les femmes qui sont lapidées, violées, flagellées, torturées, séquestrées, mariées de force, emprisonnées sous des burqas, etc. Certains groupes de femmes en Occident pactisent même avec les forces théo-fascistes réactionnaires qui promeuvent la charia. Comme dit Tarek Fatah, l’histoire les jugera sévèrement pour avoir refusé aux musulmanes les droits qu’elles ne manquent pas de revendiquer pour elles-mêmes.
Loubna Al-Hussein, une journaliste soudanaise de renom, a récemment été condamnée à être fouettée en public pour le « crime » de porter des jeans. (Lire) Thiziri signe sur le site Kabyles.net un billet dans lequel il nous informe que dans un geste de défi aux autorités de son pays, Loubna a envoyé à des centaines de journalistes et diplomates étrangers des cartons d’invitation - de ceux qu’on utilise habituellement pour un mariage - les conviant à sa flagellation. C’est une authentique héroïne ! Elle aurait mérité mieux que l'indifférence de nos soi-disant féministes.
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Les « noces » au fouet de Loubna, par Thiziri
Kabyles.net, 21 juillet 2009 - Loubna Al-Hussein est une journaliste soudanaise, connue dans son pays pour ses écrits dans le journal de gauche Al-Sahafa. Pour ne pas encourir les foudres de la police des mœurs locale, Loubna s’habille d’un vêtement ample qui la couvre des pieds à la tête. Seule coquetterie que se permet notre consœur, à l’instar de tant d’autres : elle porte un jean sous son « habit de pudeur ».
Vous en rencontrerez des milliers comme ça dans les rues d’Alger, de Ghaza ou de Djakarta. Loubna est donc une femme en hidjab, selon les canons du moment, et qui ne se dévoile que dans ses articles qui ne ménagent pas le régime. C’est sans doute là qu’il faut chercher, d’ailleurs, la cause réelle de ses récents déboires.
Le 3 juillet dernier, Loubna Ahmed Al-Hussein, journaliste et employée d’une représentation locale des Nations unies, participait à une fête dans un restaurant de Khartoum. Un groupe de policiers investit les lieux à la recherche de femmes qui portent le pantalon, parmi les 300 ou 400 personnes présentes. Le port d’un jean, même recouvert d’un paréo descendant à mi-cuisses, étant assimilé à une tenue indécente.
Loubna est donc conduite au commissariat en compagnie de douze autres jeunes femmes, dont plusieurs sont originaires du sud animiste ou chrétien, non astreint théoriquement à la charia. Sur les treize jeunes filles emmenées au commissariat, dix sont convoquées quelques jours plus tard au même endroit. Elles reçoivent chacune dix coups de fouet avant d’être remises en liberté, leurs tenues ayant été jugées non conformes mais relativement décentes.
Une accusation plus grave est lancée contre Loubna et deux autres « prévenues », celle d’atteinte à la pudeur publique et de comportement indécent. En vertu de l’article 152 du code pénal soudanais, les trois accusées risquent d’être condamnées à une peine de 40 coups de fouet chacune.
Mais Loubna est une femme qui a de la ressource et du ressort. Sitôt informée de la peine encourue, elle a fait imprimer quelques centaines de cartons d’invitation, de ceux qu’on utilise habituellement pour un mariage. Une photo de Loubna, telle qu’habillée le jour de la rafle, illustre l’invitation adressée, en priorité à des journalistes et à des diplomates étrangers. Ces derniers sont conviés à une noce peu commune puisqu’il s’agit de la flagellation en public de Loubna, et à une date non encore fixée.
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