David B. Harris commente le procès contre le député Geert Wilders qui s'est ouvert à Amsterdam le 20 janvier.
David B. Harris est avocat et directeur de l'International and Terrorist Intelligence Program, INSIGNIS Strategic Research Inc., Ottawa, Canada. Ses trente années d’activité dans le domaine du renseignement l’ont amené à témoigner sur le terrorisme et la sécurité nationale devant des organismes du parlement canadien et du congrès américain, à agir comme avocat pour des intervenants dans des enquêtes fédérales liées au terrorisme, à être consultant pour des organismes de renseignement au Canada et à l’étranger, et à occuper un poste de directeur au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) en1988-90.
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Traque d'un parlementaire, par David B. Harris
Quand les nazis ont envahi la Hollande lors de la Deuxième guerre mondiale, la famille royale hollandaise a fui au Canada et fait d’Ottawa son siège en exil. C’est dans cette ville que la reine Juliana a donné naissance à la princesse Margrethe en 1943, et le parlement canadien a fait en sorte de préserver le destin royal de la princesse en accordant à la suite qu’elle occupait à l’hôpital le statut d’extraterritorialité, c’est à dire en en faisant un territoire hollandais. Exemple unique dans l’histoire du Canada, un drapeau étranger - celui des Pays-Bas - a flotté sur le parlement canadien.
Les liens de droit et d’esprit se sont encore renforcés lorsque c’est la première armée canadienne qui a libéré une grande part de la Hollande occupée. En souvenir de tout cela, à la libération, la famille royale hollandaise a envoyé à Ottawa des milliers de bulbes de tulipes, et ce présent a été renouvelé tous les ans, jusqu’à aujourd’hui.
Avec ce passé historique de combat commun pour la liberté et la démocratie, les Canadiens doivent aujourd’hui se demander si les événements judiciaires inquiétants qui se déroulent aux Pays-Bas ne traduiraient pas une baisse de l’engagement de La Haye en faveur des libertés pour lesquelles Canadiens et Hollandais se sont sacrifiés. Au pays des tulipes, « la première des libertés », la liberté d'expression, est peut-être en jeu.
Parce que le député et leader du Parti de la liberté, Geert Wilders, est poursuivi en justice par son propre gouvernement.
Wilders est, au niveau international, une voix de la résistance contre les exigences et avancées suprémacistes et totalitaires de l’islam radical, « l’islamisme ».
Pour être franc, beaucoup de voix raisonnables ne sont pas d’accord avec certaines de ses idées, comme l’interdiction du Coran, et le ton qu’il emploie peut être provocant et faire le jeu de ceux qui veulent détourner l’attention de la menace que représente l’islamisme radical. Mais les mots de Wilders, pour le meilleur et pour le pire, donnent matière à des échanges vigoureux dans un monde ouvert et pluriel. Dans la mesure où il alerte sur des menaces documentées, son action est menée en temps utile. Dans la mesure où les élites gouvernantes de son pays, comme celles de nombreux pays occidentaux, abdiquent souvent toute responsabilité quand il s’agit de reconnaître et de gérer la menace multiple de l’islamisme, les avertissements de Wilders pourraient s’avérer impératifs.
Aujourd’hui, M. Wilders persiste, inséparable des gardes du corps qui le protègent du sort réservé à Theo van Gogh, le cinéaste critique de l’islam qui a été assassiné d’un coup de feu et de plusieurs coups de couteau par un musulman né en Hollande, dans une rue d’Amsterdam. Ce type de menace n’a pas empêché Wilders de continuer à alerter sur le mouvement d’invasion de l’islamisme, mais il n’a pas non plus empêché le gouvernement hollandais de poursuivre Wilders d’une manière qui soulève de profondes inquiétudes quant à la liberté d’expression en Hollande.
On craint beaucoup que, derrière le procès hollandais, se cache la volonté de faire taire quelqu’un de gênant pour les politiciens au pouvoir qui veulent se faire bien voir du nombre croissant de musulmans et mosquées fondamentalistes en Hollande. On pense aussi que toute action moins marquée qu’une persécution d’état très visible à l’encontre de Wilders risquerait de déclencher des attaques islamistes contre les intérêts hollandais, sur place et à l’étranger, comme celles qui ont coûté si cher au Danemark pendant l’affaire des caricatures de Mahomet. Dans le monde entier, les véritables activistes des droits de l’homme se rassemblent aux côtés de Wilders, de plus en plus convaincus que la loi hollandaise est appliquée à des fins contraires à l’esprit de la Déclaration universelle des droits de l’homme, et plus conformes aux normes et à la sensibilité de la charia.
Une déclaration stupéfiante attribuée aux autorités témoigne peut-être d’une attitude irréfléchie :
Un autre fait incroyable est que, malgré les risques évidents qui pèsent sur la vie de Wilders, le gouvernement hollandais refuse que le procès se tienne dans un tribunal sécurisé du même genre que celui qui a été utilisé pour l’islamiste assassin de van Gogh. Cela a conduit le chroniqueur Mark Steyn a émettre une idée qui, en d’autres lieux et d’autres temps, aurait été inconcevable : « On aurait presque l’impression que ça leur conviendrait bien s’il ne survivait pas jusqu’au verdict ». (source) Nous verrons ce qui arrivera à ce turbulent parlementaire.
Entre temps, c’est à nous qu’il appartient de jeter quelque lumière sur les procédures judiciaires, et sur ce qu’elles diront sur la situation présente - et à venir - aux Pays-Bas, et ailleurs. À l’arrivée des tulipes du printemps, on devrait savoir si le pays sera à la hauteur de ses sacrifices et de ses traditions d’ouverture d’esprit, ou s’il risque de courber l’échine devant des valeurs plus primitives.
Source : Pursuit of a parliamentarian, par David B. Harris, IFPS, 19 janvier 2010 Traduction Poste de veille
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Je peux voir la colline parlementaire de chez moi. Je vais la surveiller jusqu'au festival!!
Rédigé par : Benoit | 21/01/2010 à 23:47