Dans la New English Review, Hugh Fitzgerald parle des dessous de la nomination de Tariq Ramadan comme titulaire d'une chaire d'études islamiques à Oxford, une tribune à l'apparence prestigieuse qui n'est rien d'autre que de la poudre aux yeux.
Sa crédibilité étant proche de zéro en Europe continentale, Tariq est parti à la conquête de l'Amérique du nord. Il participera à une autre méga conférence des Frères musulmans à Toronto à Noël. Heureusement, contrairement aux années passées, la conférence ne s'arrêtera pas à Montréal.
La London School of Economics coupe ses liens avec le fils Kadhafi
Grande-Bretagne : les dons arabes aux universités mènent à un enseignement "hostile"
Canada : la liberté académique menacée dans les facultés d'études islamiques
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J’ai récemment posté un article paru dans le Oxford Student sur Mehdi Hashemi Rafsanjani, l’élève du bourreau [l’ayatollah iranien Rafsanjani, son père], ou tout du moins son fils.
Et nous apprenions il y a quelque temps que la London School of Economics avait honoré d’un doctorat (Ph.D) ce grand connaisseur de la condition humaine, Seif al-Islam, le fils du défunt Mouammar Kadhafi, et que la thèse du doctorat en question avait été écrite par d’autres que lui (dans la veine du scandale, dans les universités de tout le monde occidental, de ces riches Arabes, Perses, ou Pakistanais qui font appel à des plumes pour écrire leurs papiers) ; cela nous porte à croire qu’aucun de ces diplômes ne peut être pris au sérieux, qu’aucun de ces supposés lettrés n’a travaillé par lui-même, et qu’on doit les en soupçonner tant qu’il n’auront pas apporté la preuve du contraire, la preuve qu’ils ont effectivement étudié, et la preuve, dans une moindre mesure, qu’ils ont été effectivement formés à quelque chose.
Mais le pire scandale, c’est avant tout la nomination d’un certain propagandiste comme titulaire d'une chaire créée et payée par un sombre roitelet arabe (Ce dandin d’émir du Qatar ? Ce si photogénique sultan d’Oman, tout en folklore avec son faucon sur la main ? J’ai oublié lequel…), chaire créée dans le but précis de lui offrir le bon ascendant grâce auquel il peut mener sa campagne douceâtre et sinistre de promotion de l’islam dans tout le monde occidental.
Cet homme, avec sa titularisation achetée clés en mains, c’est Tariq Ramadan. Il est le petit fils d’Hassan El Banna, le fondateur des Frères Musulmans. Chacune de ses sorties publiques est l’occasion d’une nouvelle démonstration de taqiya et de kitman, d’un empilement de mensonges et de demi-vérités débités à un tel rythme qu’on ne peut les réfuter tous, que ce sera difficile de rétorquer, même pour l’adversaire le mieux préparé. Il a pendant un temps enseigné à Genève. Mais avec la publication du livre de Caroline Fourest (« Frère Tariq ») et sa mise en pièces lors de deux émissions à fortes audiences (l’une avec un Nicolas Sarközy à son meilleur, l’autre avec Alain Finkielkraut), il a été temps pour Tariq Ramadan de quitter les contrées francophones où bien trop de gens le connaissaient, et de filer vers les territoires anglophones du Dar al-Harb, à savoir l’Angleterre, et au-delà, le jackpot, les Etats-Unis. Mais tout d’abord, il a tenté sa chance aux Pays Bas. Il a réussi, à force d’argent arabe, à se faire créer une chaire dans une université des Pays Bas. Mais il a vite compris que cela ne marcherait pas, qu’il allait devoir rejoindre l’Angleterre, et donc Oxford ou Cambridge (même si l’Université de Londres, par le SOAS [School of Oriental and African Studies], l’aurait volontiers accueilli).
Tariq Ramadan ne s’est jamais résolu à n’être qu’un humble chargé de conférence au St Antony’s College [d’Oxford], où le département du Moyen Orient (contrairement à ceux, légitimes depuis toujours, de l’Europe de l’Est et de la Russie) était tenu d’une main de fer par Albert Hourani, qui en avait fait un moulin à diplômes pour les Arabes (parmi lesquels Rachid Khalidi), et s’y prélassait du haut de ses responsabilités, y dispensant ses faveurs à la façon d’un abbé gras en son monastère. Et donc il s’est fait créer une chaire à Oxford, une chaire instituée pour lui, et après un « recrutement international », une chaire qu’il a investie comme professeur, lui, Tariq Ramadan. Et est-ce que les responsables d’Oxford, ceux des départements d’études arabes, du Moyen-Orient, ou des études islamiques, ceux qui dépendent tant des contributions financières de ces riches arabes qu’ils courtisent sans cesse, ceux-là, est ce qu’ils se sont élevés contre ce titre de professeur acheté rubis sur l’ongle ? Non. Soit ils n’ont rien dit, soit, bien pire, ils sont tombés en pâmoison devant la justesse et la valeur d’une telle nomination. Tout cela donne la nausée.
Et pendant un temps, Tariq Ramadan a continué sa campagne, celle où il disait « nous [les musulmans] sommes là » et « nous sommes là pour rester » et « il n’y a rien que vous puissiez y faire », pour mieux montrer ensuite le visage de l’extrême affabilité, jusqu’à ce que des gens comme Ibn Warraq ou Ayaan Hirsi Ali ne le mettent KO à l’occasion d’un débat. Il a bien meilleur jeu à débattre avec ceux, occidentaux, qui tremblent à l’idée de croire ce qu’ils apprennent de l’islam, qui se refusent à le croire vraiment, qui aimeraient tant ne pas y croire, se convaincre qu’il n’y a en fait aucun problème, ou que, s’il y en a un, il pourra être facilement résolu.
Mais voilà dix mois que Tariq Ramadan a été exceptionnellement – pour lui – silencieux. Pourquoi ? Et bien, qu’a-t-il à dire sur les événements d’Egypte, son pays d’origine ? - quand bien même se croit-il fondé à se considérer comme européen, car il se trouve qu’il est certes né et a été élevé en Europe mais comme le fils fanatique d’un père fanatique, qui était lui-même le fils d’un grand père encore plus fanatique. Et bien, qu’a donc à dire Tariq Ramadan sur l’Egypte ? Peut-il prendre le parti de cette minuscule opposition laïque et libérale, qui a si peur des Frères Musulmans ? Bien sûr que non. Peut-il se faire le porte-voix de la persécution, des attaques meurtrières envers les coptes ? Non, il ne le peut pas. Il ne le fera pas. Donc, il fait profil bas pour le moment.
Le Oxford Student devrait examiner les sources de financement de Tariq Ramadan, examiner comment il a été nommé titulaire d'une chaire à Oxford, examiner ses soi-disantes « brillantes études ». Cela exigerait un travail de journalisme d’investigation de haut niveau. Mais cela en amuserait certainement plus d’un. Cela serait utile à toute la sphère académique de voir exposées au grand jour la pourriture et la corruption dues à cet argent arabe, cet argent qui n’afflue pas seulement pour construire des centres d’études islamiques dans des endroits comme Durham et Exeter, mais aussi pour que seuls y prévalent ceux qui souhaitent défendre la foi de l’islam, et éviter de subir des critiques émanant d’Arabie Saoudite, du Koweit et des Emirats - c'est-à-dire émanant des donateurs qui surveillent minutieusement qui est nommé aux postes clés de ces centres, et qui s’assurent qu’aucune voix indépendante ou critique n’y soit entendue.
Oui, il faudrait publier le feuilleton du « Comment Tariq Ramadan a-t-il obtenu sa chaire universitaire ? » - à commencer par sa décision de quitter le monde francophone, par son faux départ aux Pays Bas, par son poste de chargé de cours au St. Antony ‘s College, et enfin ce stratagème de lui acheter une chaire, stratagème qui a si bien marché pour lui, et a fait tant de tort à l’image d’Oxford, et au moral des professeurs qui y méritaient leur nomination, et au moral de ceux qui n’ont jamais obtenu de titre de professeur mais étaient parfaitement au courant du scandale sous-jacent à la nomination de Tariq Ramadan.
Le scandale de ceux qui ont été admis comme étudiants a été traité comme il se doit (intéressant de noter d’ailleurs cette coutume des musulmans riches et puissants de vouloir étudier, ou faire étudier leurs enfants, autant qu’ils le peuvent dans le monde occidental – et pourtant ils ne se demandent même pas pourquoi les élites musulmanes, dans leurs propres pays riches mais misérables, cherchent tant à mettre leurs enfants dans des écoles chrétiennes ou occidentales, ou à les envoyer dans le monde occidental pour leurs études). Ici le fils Rafsanjani, là le fils Kadhafi, et encore là des dizaines de princes et princesses d’opérette – c’est si facile !
Mais le scandale de la nomination de Tariq Ramadan à la tête d'une chaire universitaire est d’une toute autre importance. Et il en va de même pour toutes ces manières qu’ont musulmans et non-musulmans idolâtres de l’islam de s’entraider, de s’embaucher les uns les autres, de se promouvoir les uns les autres, dans tous les départements académiques d’études islamiques ou moyen-orientales au Royaume Uni et dans tout le monde occidental.
Cela a été complètement dévoilé – entre autres par Martin Kramer.
Mais il ne faut jamais relâcher les efforts en la matière.
Pourquoi donc ne pas lancer une série d’articles, dans un grand quotidien de Londres plutôt qu’un journal d’étudiants d’Oxford, sur Tariq Ramadan et sa résistible ascension ?
Source : And Tariq Ramadan, With His Boughten Professorship?, par Hugh Fitzgerald, NER, 22 novembre 2011. Traduction par Olaf pour Poste de veille
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Hélas, contrairement à l'introduction de cet article, Tariq Ramadan a conservé une certaine crédibilité en Europe, du moins en France. Il a été l'invité très récent d'un débat contre un Finkielkraut toujours aussi pertinent, mais bien fatigué devant la violence carnassière du barbu : http://www.youtube.com/watch?v=0p6U5WA2pv0
Les Français ont une mémoire de poisson rouge, ils ont oublié le boulot qu'avait fait Caroline Fourest pour le démasquer (à écouter ici http://carolinefourest.wordpress.com/2011/02/06/tariq-ramadan-et-les-freres-musulmans/). Ramadan est avant tout un prédicateur, et non un philosophe. Il n'est que le sous-marin des Frères Musulmans en Occident.
Espérons qu'à force de voir exposés son discours faussement mielleux, son hypocrisie, sa rouerie, les gens finissent par lui accorder de moins en moins de crédit. C'est ce qui est fait notamment par le site Enquête et Débat : http://www.enquete-debat.fr/archives/les-pratiques-argumentatives-de-tariq-ramadan-a-lemission-infrarouge-du-3-mars-2009
Rédigé par : Olaf | 01/12/2011 à 06:28
Bonjour,
Je suis citoyen Français, habitant en France et assez attentif à la compréhension du monde qui m'entoure. Je vous confirme que Tariq Ramadan est un personnage très subtible et manipulant bien certains concepts.... Certes il n'est plus très souvent dans les médias classiques (TV, radio) mais sert parfois encore de référent et d'argumentaire dans certains domaines.... J'en profite pour dire qu'en France il y a un écart alluccinant entre l'information débité dans divers domaines par la Radio et la TV et ce que l'on peut trouver sur le net en fonction de ce que l'on se donne la peine de chercher... Reste ensuite à faire le tri... Ce qui fait qu'énormément de personnes (je le constate) ont abandonné l'idée de "se prendre la tête" .... tellement la désinformation est hallucinante pour ceux qui cherchent et constatent des déformations grottesques dans divers domaines... Il faut être conscient que plus on découvre de choses moins on peut en parler autour de soi, tellement l'écart devient important... au risque de se faire passer pour un parano, thérie du complot ou autre... nous sommes dans l'ère de la désinformation, heureusement internet est là (mais pour qui sait vraiment l'utiliser à bon escient) et Tariq Ramadan and co. l'ont bien compris.
Rédigé par : concitoyen | 01/12/2011 à 06:31
Il me semble que vous ne dites pas tout, ou alors j'ai mal lu ? Si je ne me trompe pas, le doyen de l'université de Fribourg a refusé la thèse de doctorat de philosophie de T.R. et il a démissionné du jury car ce n'était qu'une apologie et donc rien de philosophique, et quelle apologie ?... Celle de Hassan al Banna son grand-père, fondateur des Frères Musulmans. Alors T.R. s'est tourné vers Vincent Geisser, de la faculté d'Aix en Provence, qui a bien voulu lui faire la courte échelle (ceux qui comme moi ont de la famille docteurs de cette université se sentent trahis et ce sont tous les doctorats de philosophie dans le monde qui tout à coup semblent moins brillants)...Rien que ce diplôme obtenu dans une pochette surprise mérite un article à lui tout seul.
Ecoutez ce qu'a dit Antoine Sfeir devant l'assemblée nationale : il a dit que TR n'est pas un universitaire, et à peine un maître d'école...
Rédigé par : Sandrine | 01/12/2011 à 06:43
Non Tarik Ramadan n'est approuvé en France que par les habituels bobos de gauche. Sur un plateau télé on met volontiers un Tarik Ramadan entouré de quelques pseudo-intellectuels-germanopratins qui lui servent la soupe face à un seul contradicteur qui doit presque se battre armes à la main pour pouvoir placer quelques mots. Caroline Fourest pratique elle aussi le mensonge bien propre sur lui. Elle a un jugement totalement perverti et a modifié son discours. (cf. articles riposte laïque à ce sujet). Elle s'est fait une spécialité d'empêcher les autres de parler avec un petit air de sainte nitouche qu'elle n'est pas. Des sommets sont atteints quand elle est à côté de l'affreux Joffrin l'ex-ancien ami de JM Le Pen, et dont le jeu consiste simplement, dans un duo digne du plus grand comique troupier, à empêcher ceux qui ne sont pas de leur avis, de parler. S'il s'agit de Marine Le Pen alors cela se transforme en apothéose. Il veut absolument démontrer qu'il n'a jamais fréquenté les Le Pen. Avec sa complice sporadique Caroline ils se servent mutuellement la soupe! Enfin leur infâme tambouille!
Rédigé par : adamastor | 01/12/2011 à 17:38
Comme disait Jacques Brel: Rien ne se vend mais tout s'achète, l'honneur et même la sainteté !
Rédigé par : zarmagh | 14/12/2011 à 17:26